Louis Eugène Marie GAILLEMIN

[ Vagney (88) , 03/08/ 1880 – Vagney (88) , 15/11/ 1960 ]

médecin

Maire de Cornimont. Vice-Président du Conseil Général des Vosges. Député des Vosges. Sénateur. Officier de la Légion d’Honneur (1950).

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

GAILLEMIN (Eugène Marie Louis), médecin, député des Vosges

Vagney, 3 août 1880 - Vagney, 15 novembre 1960


Louis Gaillemin. Après des études de médecine à Nancy, il exerce comme médecin d’entreprise pour le compte des Héritiers Georges Perrin à Cornimont à partir de 1905. Pendant la première guerre mondiale, il est médecin militaire au 152° R.I. ; il fait la campagne d’Alsace en août 1914 et participe à la bataille de l’Ourcq en septembre. En 1916, il est sur la Somme où il dirige une ambulance et termine la guerre comme médecin-chef de l’hôpital complémentaire de Besançon puis du centre hospitalier de Bussang. En 1919, il entre au conseil municipal de Cornimont et devient conseiller général, fonction qu’il conserve jusqu’à sa mort. Dans les années 20, il milite dans de nombreuses organisations catholiques à préoccupations sociales. Élu maire de Cornimont en 1929, il préside la Société d’Agriculture Jules-Méline et, à partir de 1954 l’Association des propriétaires forestiers. Président de l’Association des communes forestières des Vosges, il joue un rôle important après la 2° guerre mondiale dans la reconstitution de la forêt vosgienne dévastée sur des milliers d’hectares par la mitraille et le bostryche.

Élu le 3 juin 1934 député de l’arrondissement de Remiremont, il remplace au Parlement Camille Amet, décédé. Dans sa profession de foi, il affirme des opinions républicaines, nationales et sociales, mais il reste résolument hostile à la gauche socialo-communiste. Il préconise le corporatisme, une plus grande protection de l’économie, un exécutif plus fort, une politique plus favorable aux familles nombreuses et aux anciens combattants. Sur le plan local, il souhaite vivement la réalisation des percées ferroviaires de la chaîne des Vosges par des tunnels entre Cornimont et Metzeral, et Saint-Maurice et Wesserling, projets pour lesquels il ne cessera d’intervenir. A la Chambre des députés, il siège tout naturellement à droite et intervient dans de nombreux domaines allant du vote familial à un projet de loi en faveur des handicapés.

Sénateur en 1939, il vote pour le maréchal Pétain au Congrès de Vichy ; en 1940, cependant, dès son retour dans sa mairie de Cornimont, il favorise de nombreux passages vers la zone libre et apporte son aide en 1944 au maquis de la Piquante Pierre. Arrêté le 9 juin 1944 par la Gestapo, il est déporté à Neuengamme dans le petit camp où sont rassemblées 800 personnalités politiques. Il est libéré définitivement le 18 mal 1945 par les Russes. De retour en France, il est momentanément inquiété en raison de son vote au Congrès de Vichy, mais il est bien vite blanchi par un jury d’honneur et retrouve son éligibilité, ses sièges de conseiller général et de maire de Cornimont.


Bibl. : Jolly.- Dictionnaire des parlementaires, tome V, page 1782.
Renseignements fournis par la famille.


[Pierre Heili].

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