1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
GOULETTE (Marcel), capitaine aviateur
Charmes, 7 décembre 1893 - Vero1i (Italie), 25 mai 1932

Marcel Goulette est le fils de Victor François Goulette, jardinier, et de Marie Emilie Gonettant. Élève très intelligent, il effectue de brillantes études à l’école supérieure de Charmes, à l’école professionnelle de l’Est, puis à l’école nationale des Arts et Métiers de Chalons-sur-Marne. Il reçoit son diplôme d’ingénieur en 1914.
Après avoir été élève officier à Angers, il est mobilisé dans la 16° compagnie du 2° régiment du Génie en 1915. Il est blessé plusieurs fois, puis gazé. Sa santé est si compromise qu’il est réformé en 1917. Il n’accepte pas cette décision et il s’engage dans l’aviation de chasse. Il effectue un stage d’acrobatie à Istres quand l’armistice est signée en novembre 1918. Il est alors titulaire de la Croix de guerre, de la Croix de la Légion d’honneur et de sept citations. Il rentre dans la vie civile avec le grade de capitaine de réserve.
Quelques mois plus tard, il devient directeur d’une grande entreprise de Soissons qui se rapporte au commerce des automobiles. Il continue cependant à s’intéresser à l’aviation. Au fil des années, il conçoit plusieurs raids à travers l’Afrique.
Il lui faut cependant attendre 1929 pour pouvoir réaliser le premier d’entre eux. Il s’agit de la liaison Paris-Tananarive, avec un prolongement en direction de l’île de la Réunion. Après avoir rassemblé toutes ses économies, il se procure un avion Farman 190 équipé d’un moteur de 250 CV. Le caractère postal de cette mission lui vaut l’appui du ministère de l’Air. En compagnie du pilote Marchesseau et du mécanicien Bourgeois, il part de Paris le 17 octobre. Il traverse la Méditerranée, puis le Sahara et atteint le Mozambique. Après avoir franchi le canal qui porte le même nom, il arrive à Tananarive où il est reçu avec enthousiasme le 27 octobre. Il complète sa réussite en effectuant la première liaison entre Madagascar et la Réunion du 26 novembre au 2 décembre 1929.
Son voyage de retour est marqué par de nombreuses avaries. Il tombe en panne au dessus du canal du Mozambique, près de l’île Juan de Nova où Marchesseau réussit à poser son appareil. Celui-ci capote lors de son départ sur le terrain imparfait d’Élisabethville. Il effectue ensuite un atterrissage forcé dans le Tanezrouft. Marcel Goulette et ses compagnons l’abandonnent. Ils sont sauvés après avoir été durant de nombreux jours considérés comme perdus. Le 5 mai 1930, Goulette et Marchesseau, passagers de Réginensi et de Bailly qui ont ardemment contribué à leur recherche à travers le Sahara, atterrissent au Bourget qu’ils ont quitté sept mois plus tôt. Ils sont longuement acclamés par la foule.
Marcel Goulette poursuit sa carrière avec l’aide du baron de Turckheim, président de la société Lorraine-Dietrich. Il effectue de nombreux raids. Il abaisse à quatre jours et sept heures la durée du voyage Istres-Madagascar en voyageant en compagnie de Salel. Il effectue ensuite le trajet Istres-Le Cap en trois jours et dix neuf heures, en 1931.
Lorsqu’il revient d’Afrique du Sud en mai 1932, il est prié de prendre à son bord M. et Mme Lang-Villar, rescapés de l’incendie du paquebot
Georges Phillipar. Son avion décolle de Brindisi, en Italie, atteint les Apennins et s’écrase près de Veroli. Tous ses passagers périssent dans cet accident. Marcel Goulette est inhumé dans le cimetière de Charmes le 1er juin suivant. Une rue de cette ville porte désormais son nom.
Bibl. : Notes recueillies auprès de Madame Henriette Méline, de Charmes, que nous remercions chaleureusement.
Dollfus (Charles) et Boucher (Henri).-
Histoire de l’Aéronautique, Paris, 1932, p. 463 et 486.