2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
GRENIER Jean-Marie (Désiré)
(4 mars 1906, Aux Verrières de Joux, Haute-Marne - 11 octobre 1964, Remiremont)
• Premier adjoint au maire de Remiremont de 1944 à 1945
• Maire de Remiremont de 1945 à 1963
• Conseiller général du canton de Remiremont de 1951 à 1963
• Député des Vosges de 1958 à 1962
• Conseiller de la République de 1946 à 1952
• Marié, trois enfants
Né dans le Doubs à Verrières-de-Joux où son grand-père maternel a été maire, Jean-Marie Grenier arrive à Remiremont en 1927, à l'âge de vingt-et-un ans, et débute à la
B.N.C.I. (banque nationale du commerce et de l'industrie). Grâce à sa volonté et surtout à ses compétences, il gravit les échelons de la hiérarchie bancaire. En 1934, il fonde au 17, rue des Prêtres, un comptoir de bourse qui va bientôt prospérer. Il participe aussi à la vie politique de sa cité d'adoption, bien qu'il ni détienne encore aucun mandat.
Comme nombre de ses concitoyens, il subit les dures épreuves de l'occupant. Jean-Marie Grenier est arrêté et détenu plusieurs jours à Epinal dans les locaux de la police allemande. Toutefois, il réussit à s'évader mais il est contraint de vivre un certain temps dans des fermes isolées des environs de Remiremont. Après avoir milité dans la Résistance, Jean-Marie Gremillet accepte en 1944 de faire partie du comité de Libération. Désigné en qualité de premier adjoint, il succède au maire Edouard Georges le 27 mai 1945. Ses concitoyens lui accordent désormais régulièrement leur confiance et, c'est durant plus de dix-huit ans, qu'il préside en qualité de premier magistrat aux destinées de la cité.
Sa personnalité va bientôt le faire connaître au-delà du simple cadre de sa commune et lui valoir une audience qui ne cesse de s'élargir. Après son chef-lieu, le canton tout entier lui accorde son soutien. Le 7 octobre 1951, Jean-Marie Grenier est élu conseiller général au premier tour de scrutin, au fauteuil de l'ancien député et instituteur de Cleurie,
Maurice Poirot. Les élections cantonales de 1958 ne font que confirmer sa popularité puisqu'il y est brillamment réélu au premier tour. Le prestige dont il jouit lui vaut également de remporter de remarquables succès électoraux et d'avoir l'honneur de représenter à plusieurs reprises le département des Vosges.
Jean-Marie Grenier siège d'abord au Conseil de la République auquel il est élu en 1946, puis à l'Assemblée nationale après sa victoire aisée aux élections législatives de novembre 1958. À ces deux assemblées, il apporte un soin tout particulier aux questions financières ; c'est ainsi qu'il est désigné pour représenter son groupe à la commission des finances de l'Assemblée nationale. Invaincu dans l'arène politique, le député-conseiller général et maire de Remiremont abandonne ses mandats en 1963.
Des soucis de santé ont motivé son retrait. Jean-Marie Grenier laisse ses mandats de député et de conseiller général à un jeune Ardennais promis au plus bel avenir politique... Christian Poncelet ! Quant à la mairie, elle échoue à son premier adjoint, Georges Antuszewicz. Le 12 août 1964, très affaibli, l'éminent parlementaire reçoit une dernière fois en public tous ses amis. Le sous-préfet Hug lui remet la croix de chevalier de l'ordre du Mérite (il est le premier titulaire dans le département). Deux mois plus tard, le dimanche 11 octobre, Jean-Marie Grenier n'est plus. Son corps est déposé dans le grand salon de l'hôtel de ville romarimontain où une chapelle ardente est dressée. Ses obsèques sont célébrées en l'église abbatiale par l'archiprêtre Aizier, suivies de l'inhumation au cimetière communal.