1979 —
Le Pays lorrain
Né à Paris le 6 juillet 1899, ordonné prêtre en 1927, professeur d’histoire et de géographie au petit séminaire de Mattaincourt et à Autrey jusqu’en 1931, puis à l’institution Saint-Joseph d’Epinal de 1932 à 1940, enfin directeur de l’Enseignement libre pour le diocèse des Vosges de 1940 à 1966, le chanoine André Laurent est décédé à Epinal le 25 février 1979.
Parallèlement à cette longue carrière consacrée à l’enseignement libre, dont il fut toute sa vie un ardent défenseur, le chanoine Laurent était aussi un archéologue et un historien d’art qui mit au service du département des Vosges son talent et ses connaissances.
Mis en contact dès sa plus jeune enfance avec les sites archéologiques, à l’époque où son père, ingénieur horticole, ancien conservateur du Muséum de Paris, s’était vu confier la gestion des propriétés du prince Murat à Yalta, au bord de la Mer Noire, André Laurent consacra sa vie entière à dresser une sorte d’inventaire des richesses artistiques du département des Vosges - celles surtout dans lesquelles il retrouvait le témoignage de la piété populaire à travers les siècles - bien longtemps avant que ne fût créé par André Malraux, en 1964, l’Inventaire général des Monuments et des Richesses Artistiques de la France.
Pour communiquer cette joie de la découverte et faire partager à tous le résultat de ses patientes recherches, il écrivit une multitude d’articles parus pour la plupart dans la presse locale vosgienne, dans la Semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié ou dans les bulletins paroissiaux, et dont il faudra bien vite dresser la liste. Mais il publia d’autres travaux plus importants et de plus grande envergure, axés plus particulièrement sur les saints du diocèse de Saint-Dié, sur le culte marial, l’architecture religieuse et les croix de chemin.
De 1959 à 1972, il consacra près de soixante-dix notices aux saints du diocèse de Saint-Dié, parues dans la Vie diocésaine de Saint-Dié, s’intéressant particulièrement à leur hagiographie et à leurs représentations iconographiques : sainte Libaire et saint Elophe, les premiers martyrs lorrains ; saint Romary, saint Amé, sainte Claire et sainte Sabine, les grands saints du Saint-Mont ; saint Pierre Fourier, réformateur de l’ordre des chanoines Réguliers à la fin du XVIe siècle, et la bienheureuse Alix Le Clerc, fondatrice, sur ses conseils, d’un ordre enseignant, furent, parmi beaucoup d’autres, l’objet de ses soins attentifs.
Dans le même temps, entre février 1954 et novembre 1967, il fit paraître dans la Croix de Lorraine cent soixante deux articles consacrés au culte marial dans les Vosges, réunis sous le titre : Florilège marial vosgien et signés : Le Troubadour.
Parmi les inombrables thèmes mariaux rencontrés, il s’intéressa plus particulièrement à celui de la Vierge de Bon-Secours, la Vierge au manteau qui rassemble dans les plis de son vêtement tous ses enfants, et en 1972 il publia dans le Bulletin de la Société d’Emulation des Vosges un long article exposant l’origine du thème et étudiant l’une après l’autre chacune des représentations vosgiennes. Le thème de la Vierge de Pitié retint aussi son attention et fit l’objet d’une communication à Nancy, en avril 1978, au moment du 103e Congrès national des Sociétés savantes.
Collaborateur du tome V du Dictionnaire des églises de France paru en 1969 aux éditions Robert Laffont, il y rédigea toutes les notices des églises les plus dignes d’intérêt existant encore dans le département des Vosges. Il fit aussi la monographie des grands sanctuaires vosgiens : La Basilique Saint-Maurice d’Epinal en 1959, Saint-Dié, cathédrale, Notre-Dame et cloître en 1968, Remiremont en 1970.
Enfin, toute sa vie il s’intéressa aux croix de chemin, modestes monuments restés longtemps méconnus et souvent si mal protégés. En des centaines de diapositives, il en fixa les images, s’arrêtant longuement sur les mille petits détails ou sur les trouvailles charmantes qui les personnalisent et, en 1950, il publia un long article de référence dans le Bulletin archéologique du Comité des Travaux historiques, repris en 1952 dans le Pays lorrain puis, de nombreuses fois par la suite, au cours de conférences à travers les Vosges.
Telle fut, pendant cinquante ans, la quête artistique du chanoine Laurent. Aucun des domaines dans lesquels la foi religieuse s’était exprimée de façon plus particulière dans ce pays des Vosges, au cours des siècles, fût-ce avec les naïves rudesses de l’art populaire, ne lui fut étranger. Aussi, quand en 1969 il fut désigné pour faire partie du Comité départemental d’Inventaire des Vosges, puis quand en 1974 il succéda à son ami Jean-Marie Janot à la vice-présidence de ce Comité et à la Conservation des Antiquités et Objets d’art, ce fut par un juste hommage rendu à ses patientes recherches et à ses innombrables découvertes.
[Le Pays Lorrain, 1979, N° 2, p. 108, signé Marie-France Jacops]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
LAURENT (André), prêtre, historien, archéologue et professeur
Paris, 6 juillet 1899 – Epinal, 25 février 1979

André Laurent est le fils d’un ingénieur horticole qui a exercé son métier à Vittel pour le compte de la Société des Eaux, au Muséum d’Histoire naturelle de Paris et à Yalta en Russie, où il a géré les propriétés du prince Murat. Il est ordonné prêtre le 16 juillet 1927. Dès lors il se consacre à l’enseignement.
En octobre 1927, il est nommé professeur d’histoire et de géographie au petit séminaire de Mattaincourt. Il enseigne ensuite les mêmes matières au séminaire d’Autrey jusqu’en 1931, puis à l’Institution Saint-Joseph à Epinal de 1932 à 1940. Il devient ensuite directeur de l’Enseignement libre dans le diocèse de Saint-Dié d’octobre 1940 à 1966. A ce titre il met en pratique dans ce dernier, la loi Debré. Il est promu chanoine honoraire le 1er décembre 1948.
Pendant ce temps, il montre qu’il est un archéologue et un historien d’art de grande valeur. Il consacre sa vie entière à dresser une sorte d’inventaire des richesses artistiques du département des Vosges. Pour mettre ses connaissances au service de ses compatriotes, il rédige une multitude d’articles qui sont publiés dans la presse locale, dans la
Semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié et dans des bulletins paroissiaux. Il fait paraître également des travaux plus importants, axés particulièrement sur les saints de notre région, le culte marial, l’architecture religieuse et les croix de chemins. De 1959 à 1972, il consacre près de 70 notices aux saints dans la
Vie diocésaine de Saint-Dié. Dans le même temps, il publie dans la
Croix de Lorraine 162 articles sur le culte marial. Signés
Le Troubadour, ils sont réunis sous le titre
Florilège marial.
Le thème de la Vierge de Pitié retient aussi son attention et fait l’objet d’une communication à Nancy en avril 1978, dans le cadre du 103e Congrès national des Sociétés Savantes. Il est encore l’un des collaborateurs du tome V du
Dictionnaire des églises de France paru en 1969. Au cours de cette année, il est désigné pour faire partie du Comité départemental d’Inventaire des Vosges. En 1974, il succède à son ami Jean-Marie Janot à la vice-présidence de ce Comité et à la Conservation des Antiquité et objets d’art. Ses mérites lui valent de recevoir les palmes académiques des mains du chanoine Emile Lacourt le 12 mai 1969.
Bibl. : Jeandidier (Pierre).-
Le chanoine André Laurent n’est plus, in journal
La Liberté de l’Est du 27 février 1979.
Jacops (Marie-France).-
Le chanoine André Laurent, in
Le Pays Lorrain, N°2. 1979. p. 108.
[Georges Poull]