Léon WERTH

[ Remiremont (88) , 17/02/ 1878 – Paris (75) , 13/12/ 1955 ]

homme de lettres

Auteur vosgien Biographie vosgienne

1878
Né le 17 février à Remiremont (Vosges). Fils d’Albert Werth et de Sophie Rauh (sœur du philosophe Frédéric Rauh, 1861-1909). Originaires de Sainte-Marie-aux-Mines, ils se sont installés à Remiremont en 1870 : il travaille dans le textile, elle donne des cours de piano. Léon a un frère, Louis (décédé en 1924), et une soeur, Suzanne (décédée en 1964).
1885
La famille s’installe à Lyon.
1895
Brillant élève au lycée Ampère de Lyon, il obtient le Prix d’honneur de philosophie au Concours général, à dix-sept ans.
1896
Hypokhâgne et khâgne au lycée Henri IV, à Paris. Tenté par une carrière dans l’enseignement, il y renonce vite : son projet est de devenir écrivain... Il exerce plusieurs petits métiers, dont débardeur aux Halles.
1900
Il effectue un an de service militaire à Belley, dans l’Ain : il raconte cette expérience dans Caserne 1900.
1906
Il débute dans l’édition avec la publication d’un roman alors inédit de Fédor Mikhailovitch Dostoïevski (Le Double), travail qu’il réalise avec le traducteur J. W. Bienstock.
1913
Après un essai sur Puvis de Chavanne en 1909, il publie son premier roman avec une préface d’Octave Mirbeau : La Maison blanche est le récit de l’épreuve subie dans une clinique lors d’un grave abcès au cerveau en 1911. Sélectionné pour le Goncourt avec l’appui de Mirbeau, en même temps que Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier, ils seront tous deux devancés par Marc Elder et son Peuple de la mer.
1914
Il est mobilisé. En dépit de ses opinions pacifistes, il s’engage sur le front pour faire la guerre à la guerre : il est envoyé sur le front de la Woëvre. Il sera démobilisé fin 1915 pour cause de maladie. Cette expérience difficile lui inspire Clavel soldat et Clavel chez les majors (publiés en 1919).
1922
Le 19 août, il épouse une jeune sculpteuse, Suzanne Canard, de qui il aura un fils, Claude, né en mai 1925.
1924
Il effectue un reportage en Cochinchine, précurseur du Retour du Tchad de Gide, de La Rose de sable de Montherlant ou du Bois d’ébène d’Albert Londres.
1925
Il exerce à plein temps la profession de journaliste jusqu’en 1940 : chroniqueur judiciaire, commentateur sportif sur le Tour de France, critique d’art, de littérature et de cinéma.
1932
Il devient l’ami intime d’Antoine de Saint-Exupéry, qui lui dédia sa Lettre à un Otage depuis les États-Unis et lui consacra la dédicace du Petit Prince en 1943.
1939 - 1944
Il exerce à plein temps la profession de journaliste jusqu’en 1940 : chroniqueur judiciaire, commentateur sportif sur le Tour de France, critique d’art, de littérature et de cinéma.
1939-1944
D’origine juive, il se retire avec sa famille dans sa maison de vacances de Saint-Amour (dans le Jura), puis revient clandestinement à Paris à partir de janvier 1944.
1943
son ami Saint-Exupéry, exilé aux Etats-Unis de 1941 à 1943, lui dédicace la première édition de son Petit Prince en ces termes : Je demande pardon aux enfants d’avoir dédié ce livre à une grande personne. J’ai une excuse sérieuse : cette grande personne est le meilleur ami que j’aie au monde. J’ai une autre excuse : cette grande personne peut tout comprendre, même les livres pour enfants. J’ai une troisième excuse : cette grande personne habite la France où elle a faim et froid. Elle a bien besoin d’être consolée. Si toutes ces excuses ne suffisent pas, je veux bien dédier ce livre à l’enfant qu’a été autrefois cette grande personne. Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. (Mais peu d’entre elles s’en souviennent). Je corrige donc ma dédicace : A Léon Werth, quand il était petit garçon.
1945
En juillet et août, il rendra compte du procès Pétain dans les colonnes du quotidien Résistance.
1949
Le 21 janvier, décès de sa femme Suzanne.
1955
Il décède à Paris le 13 décembre.

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