2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
LEROY Jean (Henri Marie Léon)
(31 mars 1887, Charmois-l'Orgueilieux - 10 août 1978, Golbey)
• Conseiller municipal d'Harol de 1925 à 1942
• Député des Vosges de 1936 à 1942
• Agriculteur
• Marié, quatre enfants
C'est à Saucenot, près de Charmoisl'Orgueilleux dans le canton de Xertigny, que naît Jean Leroy. Orphelin à l'âge de cinq ans, il est élevé par sa grand-mère maternelle et recueille précieusement de ses parents le modeste héritage de l'amour de la terre. D'ailleurs, il n'envisage jamais d'autre métier que celui de paysan, terme auquel il est très attaché et à qui il confère toute sa noblesse, le préférant aux appellations plus modernes. Ses brillantes études au collège lui permettraient pourtant d'accéder à des professions plus lucratives et moins harassantes. Mais il s'est forgé une âme d'agriculteur.
À seize ans, il organise le premier cercle d'étude rurale de la région. Partisan convaincu de la nécessité du syndicalisme professionnel et de la mutualité, il fonde une des premières coopératives agricoles de vente et d'achat, plusieurs syndicats agricoles d'élevage ou encore des mutuelles. Le service militaire l'appelle au 5e régiment d'artillerie à Besançon où il continue de s'instruire en suivant les cours à l'université de cette ville. Jean Leroy résiste aux sollicitations de ses supérieurs qui souhaitent le voir faire carrière dans l'armée. Finalement, il est rendu à la vie civile avec le grade de sous-lieutenant. Cependant, la Grande Guerre arrive et Jean Leroy est affecté au 62e régiment d'artillerie de campagne et est chargé de la liaison avec l'infanterie.
On le trouve successivement à Notre-Dame-de-Lorette, à Verdun et dans la Somme. C'est au milieu de ses soldats qu'il est grièvement blessé pour la seconde fois à Soyecourt dans la Somme. Evacué à l'hôpital de la Jonquière, il est soigné par une jeune infirmière bénévole, Madeleine Gaume, avec qui il fonde un foyer, le 19 avril 1917, à Paris. De leur union naissent quatre enfants : Madeleine, Jacques et Simone (jumeaux), et Claude. Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, devenu commandant de réserve, Jean Leroy est alors député de la circonscription de Mirecourt. Un siège qu'il obtient au second tour de scrutin, et pour 68 voix, aux dépens de l'élu thaonnais sortant,
Louis Guillon, avec l'appui du ministre et parlementaire spinalien, Marc Rucart. Cessant momentanément son activité agricole, Jean Leroy loue ses champs harolais et se fixe en tant que député dans le XVII* arrondissement de Paris. Devenu secrétaire de la Chambre et membre de la commission de l'armée, ce député très actif rend compte de ses travaux aux électeurs vosgiens par l'intermédiaire du journal mirecurtien
L'Avenir Républicain.
En 1940, son mandat électif peut lui éviter la mobilisation. Mais il s'engage et se met à nouveau à la disposition de son pays. Il est successivement commandant d'étape à Beauvais, Ligny-en-Barois et Gondrecourt. Fait prisonnier, il est transféré dans un oflag en Autriche et libéré en 1941, étant ancien combattant de 1914-1918 et père de quatre enfants. Passionné par le service aux autres, Jean Leroy est le compagnon de Marc Sangnier, créateur du
Sillon, mouvement démocrate chrétien. Membre actif de
La Jeune République, il milite avec passion. C'est sous cette étiquette qu'il est élu député des Vosges en 1936, avec le
Front populaire. Abandonnant la vie politique nationale, après le refus d'un poste de préfet que lui propose le ministre de l'Intérieur, il se consacre aussitôt à son département vosgien, et se présente à l'invitation du maire bruyèrois Roger Mercier aux élections cantonales d'après-querre, face à
Pierre Blanck.
Défait au premier tour, il se retire de la compétition et s'investit pour sa commune d'Harol où il est membre du conseil municipal. Grâce à lui,
L'Union vosgienne des mutilés anciens combattants voit le jour. Jean Leroy s'éteint le jeudi 10 août 1978 à la maison départementale de Golbey, sept mois après son épouse Marguerite. Ses obsèques ont lieu en l'église Saint-Evre d'Harol, suivies de l'innumation dans la sépulture familiale.