Mathieu DE LORRAINE

[ ??, 1178 – , 1217 ]

ecclésiastique

Evêque de Toul, prévôt de Saint-Dié.

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

LORRAINE (Mathieu de), évêque de Toul, prévôt de Saint-Dié
?, 1178... +-en 1217


Mathieu est l’un des fils de Ferry de Lorraine, duc, sire de Bitche, Sierck, Ormes, Gerbéviller, et de Ludomille de Pologne. Il est aussi le frère de Ferry II, duc de Lorraine et marquis. Destiné à l’Eglise, il est pourvu d’un canonicat en la collégiale de Saint-Dié dès 1178. Il reçoit un bénéfice semblable dans l’Eglise de Toul quelques mois plus tard. En 1188 il devient à la fois archidiacre de Toul et prévôt de Saint-Dié. Au cours du mois de juin de cette année, il règle les droits du prévôt et des chanoines de cette dernière communauté. En 1193 il souscrit à titre d’archidiacre et de prévôt une charte d’Eudes de Vaudémont, évêque de Toul. Il est mentionné à la fin de nombreux documents semblables et scelle une charte du duc Simon II, son oncle, en janvier 1198.

Il est élu évêque de Toul à la fin de cette année, quand Eudes de Vaudémont disparaît. Il publie dès lors de nombreux actes relatifs à l’administration de son évêché. Il confirme aussi les biens de plusieurs monastères, de 1199 à 1201. Dans ces documents il se qualifie d’évêque élu. Pendant ce temps il dissipe les biens qui lui ont été confiés en raison de sa charge. Il est finalement déposé vers 1207. Il se retire à Saint-Dié, dans la maison qu’il a fait construire avec les pierres d’une église en mauvais état. Celle-ci est située entre les deux églises principales de la collégiale. Il utilise les revenus de sa prévôté pour mener une vie scandaleuse. Il vit avec la fille née de sa liaison avec une religieuse de l’abbaye d’Epinal.

Il prend à son service une troupe de spadassins spécialisés dans les coups de main et le brigandage. Le duc Ferry II, son frère, le chasse et fait raser sa demeure. Il l’oblige un peu plus tard à quitter le lieu où il s’est retiré en dehors de Saint-Dié. Durant plusieurs années, Mathieu erre avec ses compagnons de château en château, au voisinage de l’Alsace. Il revient de temps à autre à Saint-Dié pour percevoir les revenus de sa prévôté. Lorsqu’il apprend que Renaud de Senlis, évêque de Toul, son successeur, doit venir dans les Vosges, il juge le moment venu de le faire disparaître. Le 3 ou 10 avril 1217 ce prélat et sa suite tombent dans l’embuscade qu’il a préparée à proximité du village de La Bourgonce, sur la route qui mène à l’abbaye d’Autrey. Ils sont assassinés sous ses yeux par les bandits qu’il emploie. Leurs biens sont pillés et emportés au château de Bildstein. Thiébaut duc de Lorraine se met aussitôt à la recherche de son oncle. Il le rencontre aux environs de Nompatelize, non loin de l’abbaye d’Etival. Il reste sourd à ses supplications et le tue d’un coup de lance.


Bibl. : Poull (G.).- La Maison ducale de Lorraine, 1e édit. 1968.- Id. 2e édition, à paraître.


[Georges Poull]

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