1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
PFLUG (André), martyr de la Résistance
Bourbonne-les-Bains, 18 mai 1912 – Epinal, 6 juillet 1944
André Pflug est un jeune sous-officier de carrière quand la Seconde guerre mondiale éclate en 1939. Attaché à une compagnie antichars du 158e R.I.D., il prend part en mai 1940 à la bataille des Flandres. Il est fait prisonnier le 25 de ce mois et interné en Silésie où il est détenu jusqu’à la fin de 1942. Il rentre dans sa famille à Noël de cette année. Sans attendre, il rejoint la Résistance. A partir de janvier 1943, son audace et la sûreté de ses vues lui permettent de s’imposer à l’attention de ses supérieurs hiérarchiques.
En mars de la même année, il est désigné pour prendre le commandement du secteur d’Epinal. Son nom de guerre est Gérard. Dès lors, il multiplie les exploits : parachutages, sabotages, renseignements, placement des réfractaires au S.T.O. et ravitaillement du maquis. Officiellement, il est employé des Postes. Officieusement, il harcèle les troupes allemandes de la région d’Epinal avec une audace qui fait l’admiration de tous ses camarades.
Il participe notamment à une affaire particulièrement grave. Après un parachutage effectué près de la ferme de Soba, située au sud d’Epinal, près de la Moselle, le 13 août 1943, un résistant, André Vitu, cache les armes et les explosifs qu’il vient de recevoir dans les dépendances de ce domaine de culture dont il est propriétaire. Dénoncé, il est arrêté le 18 septembre. Il parvient tout de même à proposer à René Matz, responsable départemental de la Résistance, un scénario destiné à assurer sa libération. C’est ainsi qu’il offre à la Gestapo d’Epinal de la conduire à Soba pour lui indiquer l’endroit où il a caché son matériel de guerre. Ces Allemands seront exécutés par un commando F.F.I. dirigé par André Pflug et il pourra s’enfuir. Cette opération se déroule comme prévu le 10 décembre, mais malheureusement André Vitu est tué d’un coup de fusil dans le dos par l’adjoint du chef de la Gestapo, qui trouve la mort quelques instants plus tard grâce à André Pflug et à ses hommes.
Le 29 mai 1944, ces derniers sont surpris au café Mathieu, à Raon-aux-Bois, alors qu’ils se concertent en vue des futures opérations. Il y a là, outre André Pflug, Odot, Chamery et son fils, Lemarquis et plusieurs autres qui sont arrêtés par la Feldgendarmerie d’Epinal. Le premier d’entre eux est aussitôt torturé par ses geôliers qui le frappent au point que son corps n’est bientôt plus qu’une plaie sanguinolente. Il a le visage écrasé, les articulations des bras et des poignets cassées et les chevilles broyées. Il est finalement fusillé à la Vierge le 6 juillet avec Pierre Chemery, âgé de 19 ans et René Huser, âgé de 20 ans, capturés en même temps que lui. Il est tout d’abord inhumé au cimetière de St-Laurent, puis exhumé deux mois et demi plus tard, après la Libération d’Epinal, à la demande de ses camarades de la Résistance. C’est à cette époque que ces derniers purent constater à quel point son martyre avait été douloureux.
Bibl. : Renseignements recueillis après de M. Yvon Périn, adjoint de René Matz au sein de la Résistance vosgienne.
Notes personnelles.
Poull (G.).- Les Vosges, éditions France-Empire, 1985, p. 333 à 335.
Parisot (J.-P.).- André Pflug, in journal Le Démocrate de l’Est, N° 32, 11 et 12 novembre 1944.
Bossu (J.).- Chroniques des rues d’Epinal, tome II, p. 223.
[Georges Poull]