1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
POIMBOEUF (Marcel Jean Paul Edouard), syndicaliste, député des Vosges
Montrouge (Seine), 16 mars 1889 – Chelles (Seine-et-Marne), 8 juin 1974
Dès son adolescence, Marcel Poimboeuf adhère au mouvement Le Sillon, fondé par Marc Sangnier, mouvement dont le but est de concilier christianisme et démocratie. Avant 1914, il est un militant syndical actif et, en 1919, il participe à la fondation de la C.F.T.C. (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens) et en devient l’un des dirigeants. Durant l’occupation de la France, il prend part à la Résistance ; aussi en 1943 est-il appelé à siéger à l’assemblée consultative provisoire à Alger, créée par le général de Gaulle.
Il est naturellement l’un des fondateurs du M.R.P. (Mouvement Républicain Populaire) et il se présente aux élections à l’Assemblée nationale constituante dans les Vosges. Il est l’un des cinq députés élus en octobre 1945, puis en juin 1946. Il n’est pas réélu le 17 juin 1951 sur la liste soutenue par le M.R.P.
A l’Assemblée, il anime la tendance de gauche du M.R.P. aux côtés de l’abbé Pierre, de Robert Buron et intervient fréquemment à la tribune ainsi que dans les commissions des Affaires étrangères, de la production, des affaires économiques.
Après son échec, il prend une demi-retraite politique, conserve son poste de vice-président de la C.F.T.C. et préside un cartel d’action morale et sociale qui s’élève contre la vague d’érotisme et de violence qui se développe en France.
Il était, sous le nom de frère Augustin, membre laïc du tiers-ordre de Saint-François.
Titulaire des croix de guerre 1914-1918 et 1939-1945, médaillé de la Résistance, il était officier de la Légion d’honneur.
Bibl. : Le Monde, 12 juin 1976.
Dossier Poimboeuf (Marcel).– Assemblée Nationale.
[
Albert RONSIN
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
POIMBŒUF Marcel (Jean Paul Edouard)
(16 mars 1889, Montrouge, Seine - 8 juin 1974, Chelles, Seine-et-Marne)
• Député des Vosges de 1945 à 1951
• Syndicaliste
• Marié, trois enfants
Marcel Poimbœuf est né dans l'ancien département de la Seine à Montrouge où très jeune il adhère au Sillon de Marc Sangnier, mouvement pour réconcilier le christianisme avec la démocratie et la démocratie avec le christianisme. Militant syndicaliste dès avant la Première Guerre mondiale, il participe en 1919 à la fondation de la CFTC (confédération française des travailleurs chrétiens) dont il est l'un des dirigeants. Marcel Poimbœuf prend part à la Résistance, ce qui le conduit à siéger en 1943 à l'Assemblée constituante provisoire créée à Alger par le général de Gaulle. Pour services de guerre exceptionnels, il sera élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur et recevra également la croix de guerre avec palme.
À la Libération, il devient l'un des fondateurs du M.R.P. (mouvement républicain populaire), qu'il représente au Palais-Bourbon de 1946 à 1951. Il est élu député des Vosges dans les deux Assemblées constituantes, puis à la première Assemblée nationale. Au sein du M.R.P, comme dans ces deux assemblées, Marcel Poimbœuf anime la tendance de garde avec deux autres syndicalistes, Fernand Bouxom et Francine Lefebvre, députés de la Seine, ainsi qu'avec Pierre Drouès (plus connu sous le nom de l'abbé Pierre), Maurice Guérin, Robert Buron, qui représentent respectivement les départements de la Meurthe-et-Moselle, du Rhône et de la Mayenne. Après son échec aux législatives de juin 1951, Marcel Poimbœuf prend une semi-retraite politique, se contentant de présider un cartel d'action morale et sociale qui, en 1969, demande aux candidats à la présidence de la République ce qu'ils comptent faire pour mettre un terme aux débordements d'érotisme et de violence.
Le 14 juillet 1970, Marcel Poimbœuf, en sa qualité de vice-président de la CFTC, rend un dernier hommage au président de sa centrale syndicale, Joseph Sauty, qui vient de disparaître. Il a le mérite, écrit-il, le beau titre de militant, c'est à dire de l'homme entièrement dévoué et consacré à un haut idéal librement choisi. Cette définition s'applique parfaitement à l'ancien député des Vosges, devenu frère Augustin, dans le tiers-ordre de Saint-François. Au cours de son passage dans les Vosges, Marcel Poimbœuf participe à l'élaboration d'un journal L'Effort Vosgien et dont la rédaction se situe au 21, rue de la Chipotte à Epinal. Le premier numéro de cet hebdomadaire du M.R.P. paraît le dimanche 28 avril 1946. Marcel Poimbœuf s'éteint le 8 juin 1974 à Chelles (Seine-et-Marne).
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]