1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
RICHARD (Jules Marie Adrien), directeur de verrerie, sénateur des Vosges
Vallerysthal (Meurthe-et-Moselle), 25 juillet 1866 – Portieux, 14 juin 1948
Le père d’Adrien Richard, ayant opté pour la nationalité française quand l’Alsace-Lorraine est annexée à l’empire allemand, doit quitter son pays et se fixe à Portieux le 2 novembre 1871 où il installe son entreprise de verrerie.
Adrien Richard est élève au lycée de Nancy de 1875 à 1886, puis à l’Ecole Centrale dont il sort en 1889. Appelé sous les drapeaux, aussitôt il est affecté à Châlons-sur-Marne aux batteries à cheval de la 3ème division de cavalerie. Il est rendu à la vie civile en 1890 avec le grade de sous-lieutenant d’artillerie et il entre à la Société anonyme des verreries réunies de Vallerysthal et Portieux, comme ingénieur à Portieux. En 1905, il est nommé directeur de la société et il crée aussitôt caisse de secours, caisse de retraites et participation aux bénéfices pour les ouvriers.
Elu conseiller municipal en 1896, il est porté au poste de maire en 1900 et le restera jusqu’en 1928.
Dégagé des obligations militaires, il reprend néanmoins du service comme capitaine de réserve en 1914 et il reçoit la croix de guerre.
Aux élections pour le conseil général du 14 décembre 1919, il est élu conseiller général du canton de Charmes et le restera jusqu’en 1940, ayant été porté à la vice-présidence en 1934.
Le 9 janvier 1927, il est élu sénateur des Vosges sur la liste du comte d’Alsace avec un programme conservateur. Réélu le 20 octobre 1935, il est au Sénat membre de la commission du commerce et il conserve son mandat jusqu’en 1944.
Il est également président du Conseil de surveillance des Grandes brasseries de Charmes, administrateur du chemin de fer de Charmes à Rambervillers, lieutenant de louveterie des cantons de Charmes et Châtel-sur-Moselle.
Il était également officier d’académie, chevalier (en 1910) puis officier (en 1925) de la Légion d’honneur.
Bibl. : Jolly.– Dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome VIII, p. 2846.
[
Albert RONSIN
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
RICHARD Adrien (Jules Marie)
(25 juillet 1866, Vallerysthal, Meurthe-et-Moselle - 14 juin 1948, La Verrerie-de-Portieux)
• Premier adjoint au maire de Portieux de 1896 à 1900
• Maire de Portieux de 1900 à 1928
• Conseiller général du canton de Charmes de 1919 à 1942 et de 1944 à 1945
• Sénateur des Vosges de 1927 à 1944
• Directeur de verrerie
• Marié
Adrien Richard est né dans l'ancien département de la Meurthe. À quatre ans, il suit son père qui, optant pour la nationalité française, quitte son pays et vient se fixer dans le département des Vosges, à Portieux, le 2 novembre 1871. Élève du lycée de Nancy de 1875 à 1886, bachelier ès lettres et ès sciences, Adrien y prépare Centrale à Paris, d'où il sort en juillet 1889 avec le diplôme d'ingénieur des arts et manufactures. Son service militaire, aux batteries à cheval de la 3e division de cavalerie à Châlons-sur-Marne, s'achève en 1890 avec le grade de sous-lieutenant d'artillerie.
Il entre alors à la Société anonyme des Verreries Réunies de Vallerysthal, comme simple ingénieur. Après quinze années de bons et loyaux services, le conseil d'administration lui confie en novembre 1905 la direction de la société vosgienne de Portieux. Entre temps, en 1896, Adrien Richard entre au sein du conseil municipal de Portieux dont il devient rapidement le maire, et pendant vingt-huit années, ses concitoyens lui font l'honneur de renouveler son mandat. En 1910, devenu capitaine de réserve, il reçoit la croix de la Légion d’honneur. Quatre ans plus tard, la guerre est déclarée. Bien que dégagé, par son âge, de toute obligation militaire, il n'oublie pas qu'il est Alsacien-Lorrain d'origine et la promesse faite naguère à son père, le capitaine Richard part à la mobilisation. D'abord placé au service des chemins de fer de la région, le vaillant patriote demande bientôt à aller au front et c'est ainsi que, détaché au service de la Voie de 60 de l'artillerie lourde, il fait les campagnes de Champagne, d'Artois et de la Somme. Passé un instant à l'armée britannique, Adrien Richard revient en 1917 aux chemins de fer, à Nancy, à Belfort, enfin à Épinal où le trouve la fin de la guerre. La croix de guerre avec citations récompense son valeureux parcours. En avril 1925, il est promu officier de la Légion d'honneur.
Le 14 décembre 1919, Adrien Richard, élu conseiller général du canton de Charmes, vice-président de l'assemblée départementale en 1934, sénateur des Vosges, laisse son entreprise aux soins de son gendre Auguste Moulin. Le nom d'Adrien Richard est aussi associé aux célèbres brasseries de Charmes. Les fondateurs de cette gigantesque entreprise sont les frères Achille et Edmond Hanus. Alors que la brasserie est en plein essor, la mort d'Edmond remet en cause le bon fonctionnement de la brasserie. Les neuf enfants que lui a donné son épouse Camille Toussaint deviennent ses héritiers. Les deux filles Thérèse et Marie sont écartées de l'héritage industriel, mais reçoivent en dédommagement des terrains et des propriétés. Thérèse épouse Jules Prudhon, l'entrepositaire parisien des bières, et Marie prend pour époux Adrien Richard. Ainsi, grâce à son mariage avec Marie Hanus, le sénateur des Vosges entre au sein du conseil d'administration de la prestigieuse brasserie carpinienne. L'industriel-verrier ferme les yeux le 14 juin 1948 à La Verrerie-de-Portieux.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]