1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
RUCART (Marc Emile), journaliste, député des Vosges, ministre
Coulommiers (Seine-et-Marne), 24 juillet 1893 – Paris, 24 février 1964
Fils d’Emile Rucart, tailleur d’habits, et d’Adèle Joséphine Vignot, il commence à écrire dans le journal Le Briard à l’âge de 17 ans et, à 21 ans, il dirige le Progrès du Loiret.
Journaliste confirmé, il arrive alors à Paris et travaille au Radical, à La Lanterne et au Progrès civique. Puis c’est le retour vers la province où il dirige à Laon La Tribune de l’Aisne, journal de Paul Doumer, avant d’être appelé à Epinal comme rédacteur en chef de La République des Vosges.
En 1928, il est présenté aux élections législatives dans la circonscription d’Epinal par le parti radical-socialiste et il est élu député. Réélu en 1932 et 1936, il suit de près les problèmes de la défense nationale. Il est également rapporteur de la commission d’enquête sur l’affaire Oustric, puis de celle sur les événements du 6 février 1934.
Il devient ministre de la Justice dans les deux cabinets formés par Léon Blum (avril 1936 – juin 1937 et mars-avril 1938). Il est ensuite ministre de la Santé publique dans les 3ème et 4ème cabinets de Camille Chautemps (juin 1937 – mars 1938) et dans le 3ème cabinet Daladier (avril 1938 – mars 1940). Il crée l’inspection générale de la Santé Publique, le Conseil national de la Croix-Rouge, les primes à la natalité et autres mesures du même ordre.
En juillet 1940, il refuse de voter les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain et s’engage très tôt dans la Résistance.
Son titre de député lui est retiré en 1942. Il est membre de l’Assemblée Consultative d’Alger puis devient sénateur de la Côte d’Ivoire (1948), puis de la Haute-Volta (1948-1958).
Membre de la Franc-Maçonnerie dès 1916 à Orléans puis à Epinal, il y atteint le plus haut degré de la hiérarchie, le 33ème degré. Il était président de l’Association syndicale professionnelle des rédacteurs en chef.
Il était chevalier de la Légion d’honneur.
Il avait épousé à Orléans, le 28 octobre 1916, Armantine Piottin.
Bibl. : Jolly.– Dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome VIII, p. 2932.
Gaudart de Soulages (M.) et Lamant (H.).– Dictionnaire des francs-maçons français, Paris 1980, tome II, p. 506.
[Albert Ronsin]