1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
SPRUNGLIN (Emmanuel Frédéric de) , colonel d’état-major
Berne (Suisse), 3 septembre 1773 – Saint-Dié, 4 août 1844
Il est le fils d’Emmanuel Frédéric de Sprunglin et de Marie Catherine Hemmann, qui forment une famille très en vue dans la ville. À l’âge de 21 ans, le jeune Emmanuel s’engage comme cadet dans les troupes hollandaises, où il sert du 11 avril 1794 au 4 août 1795. Le 5 août, il est nommé lieutenant en second au 4ème bataillon de chasseurs hollandais, formation intégrée dans l’armée française commandée par Pichegru à compter du 1er janvier 1796. Il démissionne le 18 octobre 1798 et sert comme lieutenant, puis capitaine à la 2ème légion des cuirassiers helvétiques de la ville de Berne, occupée par la France depuis mars 1798.
En 1806, il est, par décret, affecté comme capitaine à la 2ème légion du Nord, au moment où la France a un gros besoin de troupes pour lutter contre la troisième coalition en Prusse et en Pologne. Il passe au 45e régiment de ligne le 31 mars 1808 et il part avec le 6e corps pour l’Espagne où il est employé à l’état-major du général Ney. Nommé chef de bataillon à l’armée de Portugal le 3 octobre 1810, il retrouve ensuite la Grande armée sur les champs de bataille d’Europe centrale. Major au 14e régiment de ligne le 24 avril 1813, puis colonel chef d’état-major de la 2e division du 1er corps de la Grande armée le 21 juin 1813, il est fait prisonnier le 30 août 1813. Il rentre en France le 16 juillet 1814 et est mis en demi-solde le 1er août 1814.
Il se retire alors à Saint-Dié où il arrive le 20 décembre 1814, mais l’année suivante il retrouve un emploi de chef d’état-major des gardes nationales du Haut-Rhin durant les Cent Jours. Après Waterloo, il se retrouve en demi-solde. Installé à Saint-Dié, ce soldat qui a fait les guerres de la Révolution et de l’Empire songe à demander alors ses lettres de naturalisation, qu’il obtient le 11 mars 1818.
Divorcé de son épouse suisse Louise Bay depuis longtemps, il a sans doute suivi à Saint-Dié l’un de ses compagnons des campagnes d’Espagne, le général Guye, qui vient s’y établir.
Après la révolution de 1830, Sprunglin est chargé de l’organisation de la garde nationale à Saint-Dié, dont il est nommé commandant supérieur du 4 août au 1er octobre 1830, date à laquelle il est remis à la disposition du ministre de la guerre. Réglementairement, il est mis à la retraite en septembre 1833.
Lors de son décès, les honneurs funèbres militaires lui sont rendus par la garde nationale.
Durant sa retraite à Saint-Dié, le colonel de Sprunglin s’était constitué une importante bibliothèque composée de récits des campagnes militaires de la Révolution et de l’Empire, qui est actuellement conservé à la bibliothèque de Saint-Dié. Lui-même avait écrit ses mémoires sur la guerre d’Espagne qui ont été publiés ultérieurement dans la Revue hispanique.
Bibl. : Archives S.H.A.T., Pension de retraite 382 481.
Ohl des Marais.- La Garde nationale à Saint-Dié 1790–1852.- Manuscrit 321, bibliothèque municipale de Saint-Dié.
[Albert Ronsin]