2002 —
La Liberté de l’Est
Jean Cunq nous a quittés
Nous avons appris avec peine la disparition de M. Jean Cunq. Né à Epinal le 3 mars 1910, il était le fils du capitaine Cunq, officier de carrière tué à La Chipotte le 25 août 1914.
Petit-fils de M. Edouard Poignon, industriel, premier adjoint au maire [d’Epinal], c’est lui qui a voulu que le monument aux morts soit situé à l’entrée du Cours.
Petit-fils d’Aloys Cunq, compositeur, membre de l’académie Sainte-Cécile de Rome, auteur de l’Ave Maria de Lourdes, de Christus Vincit, une oeuvre magnifique dont un petit passage est l’indicatif de Radio Vatican.
Il était également le neveu d’Aymé Cunq, compositeur, premier Grand Prix de Rome et directeur du Conservatoire de Toulouse pendant quarante ans.
Cousin de Maurice Pottecher, écrivain et fondateur du Théâtre du Peuple à Bussang, il était le gendre de Me Emile Baudouin, ancien notaire, administrateur de la Caisse d’Epargne, et le beau-frère du Dr Georges Baudouin, patron du service de l’ORL de l’hôpital Saint-Charles de Saint-Dié-des-Vosges, outre sa clinique personnelle.
Il avait épousé Marie-Thérèse Baudouin, sociétaire de la Société des Gens de Lettrees, membre du comité Erckmann-Chatrian et du Syndicat des journalistes et écrivains dont l’organe est la Revue indépendante fondée par George Sand en 1841.
Jean Cunq était chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre 1939-1945, diplômé de l’Institut académique de Paris, ancien sous-archiviste départemental des Vosges, officier de réserve de cavalerie (école de Saumur), membre des associations Saumur, des Officiers de réserve, de la Légion d’Honneur, des Anciens cavaliers, de Rhin et Danube, de la Légion Vosgienne. Ancien combattant, il était également pupille de la Nation, membre de la Société des Poètes français et de la Société d’émulation des Vosges.
Au cours de la seconde guerre mondiale, il se trouvait à Dunkerque puis en Angleterre et au Maroc. Il participa à la remontée vers l’Alsace où il fut parmi les premiers libérateurs de Colmar. En Allemagne, on le retrouve à Friedrichshaffen, au bord du lac de Constance, au centre des Zeppelin où il était major de garnison.
Jean Cunq avait l’intention de faire carrière dans l’armée, mais après la guerre, les effectifs ayant été diminués, il avait dû prendre une situation dans la vie civile, comme son frère aîné, Loys Cunq, de Paris, qui avait été officier instructeur à Saint-Cyr.
Après des années passées au M.R.U. [Ministère de la Reconstruction Urbaine, à Epinal], il était devenu sous-archiviste départemental des Vosges : il aimait l’Histoire, les vieux papiers, et cette fonction l’intéressait vraiment. Il avait pris sa retraite en 1975.
Il était pianiste et composait, lui aussi, avec talent. Depuis sa jeunesse, il connaissait les règles de la poésie et a écrit, avec beaucoup de facilité et de talent, de nombreux poèmes très appréciés. Il aimait profondément Epinal, sa ville, où il était né chez ses grands-parents alors que son père était en garnison à Saint-Dié.
C’est la demeure que son grand-père, M. Edouard Poignon, avait fait construire rue de la Louvière, entre la cour de l’ancienne salle des fêtes et l’impasse de l’Union Saint-Maurice qui était devenue son home national depuis que sa mère était revenue chez ses parents avec ses trois fils, après la mort à la bataille de la Chipotte de son époux. Il aimait son Epinal et ses merveilles. Jean Cunq était, comme son épouse, un fervent catholique.
[La Liberté de l’Est, 19 janvier 2002]
2002 —
L’Est républicain
Décès de Jean Cunq
Jean Cunq vient de s’éteindre dans sa quatre-vingt douzième année. Né le 3 mars 1910, il était le fils du capitaine Cunq, tué lors des combats de La Chipotte le 25 août 1914.
Pupille de la Nation, il s’engage lui-même dans la seconde guerre mondiale. Après Dunkerque, il rejoint l’Angleterre. Débarqué au Maroc, il remonte vers l’Alsace où il est l’un des premiers libérateurs de Colmar. Durant la campagne d’Allemagne, il est major de garnison à Friedrichafen.
Il avait l’intention de faire carrière dans l’armée. Cependant les effectifs militaires ayant été réduits après la guerre, il reprend une carrière civile. Après avoir travaillé plusieurs années au M.R.U. (un office chargé de la reconstruction), il devient sous-archiviste départemental des Vosges. Jean Cunq aimait l’histoire et les vieux papiers. Il prend sa retraite en 1975.
Depuis sa jeunesse, il connaissait les règles de la poésie. Il écrivait avec beaucoup de facilité et de talent. Il était également un pianiste très avisé. Il aimait profondément Epinal. Il vivait dans la maison que son grand-père, Edouard Poignon, avait faite construire rue de la Louvière. Il aimait la fête du Champ-de-Mars, le défilé de la Saint-Nicolas, la basilique Saint-Maurice, le Cours...
Jean Cunq avait épousé Marie-Thérèse Baudouin, membre de la Société des Gens de Lettres et du Comité rckmann-Chatrian. Chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre 1939-1945, M. Cunq était également diplômé de l’Institut académique de Paris, membre de l’Association de Saumur, de Rhin et Danube, ainsi que des Poètes français.
[L’Est républicain, 19 janvier 2002]