2004 —
L’Est républicain
Décès de Pierre Chan
Le président du Théâtre du Peuple de Bussang est mort hier à Strasbourg à 74 ans.
Photo d’archives Ludovic LAUDE
ÉPINAL. - Avant de s’en aller, Pierre Chan voulait régler au mieux la succession du Théâtre de Bussang. Il le tenait de sa mère, Marie-Anne, fille de Maurice Pottecher, le créateur de cet incroyable théâtre de verdure dont on a fêté le centenaire en 1995. Pierre Chan est parti trop vite. Le Théâtre du Peuple le pleure, et essaye d’imaginer la suite sans lui.
Pierre Chan, ingénieur en retraite, compositeur de musique, siégeait à la présidence du Théâtre du Peuple depuis les années 80. Mais cela fait plus de trente ans qu’il assurait sa pérennité. Pierre Chan en avait hérité comme d’une ancestrale demeure, dont on ne se sépare jamais. Antoine, Copeau, Jouvet, Vilar... Tous les grands du théâtre français sont passés dans cette vallée de Bussang, entre Vosges et Alsace.
Progressiste, Pierre Chan s’est toujours battu afin que le Théâtre du Peuple garde son indépendance vis à vis de toutes activités politique et morale. A ce grand-père dont le génie a été de croire que l’on peut faire du grand théâtre au fin fond d’une vallée, Pierre Chan avait consacré l’année des cent ans du Théâtre, un recueil des meilleures pièces de Maurice Pottecher.
Hier soir, on jouait « La vie de Galilée » à Bussang. L’une des œuvres les plus fortes de Bertolt Brecht. Le rideau est tombé sur la tristesse. Mais le spectacle continue. Jusqu’au 29 août.
[
L’Est républicain , 7 août 2004, Marie-Ange Creusot ]