2014 —
EcriVosges
Gabrielle Duval est née Vallée le 2 août 1912 à Flize dans les Ardennes. Ses parents originaires des Vosges reviennent s’y établir suite à une mutation de son père, employé dans les chemins de fer.
Gaby est l’aînée d’un frère et évolue dans un milieu de garçons, ce qui lui forge son caractère curieux, volontaire, voire téméraire.
Après l’école élémentaire, puis supérieure, elle suit une formation de couturière. Son goût de l’effort et du travail bien fait l’amène à créer son atelier de couture qui emploiera jusqu’à six apprenties et salariées.
Femme très active au sein de la Résistance, elle est engagée volontaire, agent de liaison du réseau Centurie, réseau de la France Libre, matricule 11.210.
En décembre 1943, la trahison du Thaonnais André Vial porte un coup terrible à l’Organisation civile et militaire (OCM) des Vosges et à la Résistance : toute une organisation est vendue.
Le 10 décembre, c’est l’affaire Vitu à Uzéfaing et la mort tragique de Bonchard : la Gestapo réagit aussitôt en arrêtant Gaby Vallée-Méline, les époux Albert, Albiser et Balabouka.
Elle est emmenée à la Vierge à Epinal où elle subit des tortures, un interrogatoire serré et violent de la part de Rickfelder qui la frappe au visage.
Emmenée d’abord à Compiègne, elle est ensuite conduite en commando à Schlinben où elle fabrique de la poudre pour les obus des bazookas.
Son calvaire se poursuit au camp de Ravensbrück, où elle se trouve avec Geneviève de Gaulle. Premier camp de femmes créé en 1939 à 80 kilomètres au nord de Berlin, prévu pour quelques milliers d’Allemands opposés au régime nazi, ce camp regroupe bientôt plus de 11 000 Françaises internées. En avril 1945, 120 000 femmes y avaient été immatriculées.
Gabrielle Duval rentre en mai 1945.
Dans les années 1950, elle reprend son activité de couturière à Chantraine, près d’Epinal.
La retraite arrivée, elle s’installe à Grenoble où elle a de la famille. Elle revient à Chantraine dans la maison familiale suite au décès de son mari.
Puis elle entre en maison de retraite, tout d’abord à Remiremont, puis à Epinal et enfin aux Jardins des Cuvières à Thaon-les-Vosges depuis le 14 mars 2007.
Elle décède le 18 décembre 2013 à l’âge de 101 ans.
Officier de la Légion d’Honneur, médaillée de la Résistance.
[D’après Vosges Matin, 7 août 2012, 2 septembre 2013 et 15 janvier 2014].