Jean MERLE

[ Ars-sur-Moselle (57) , 03/12/ 1930 – Golbey (88) , 05/06/ 2014 ]

restaurateur

Biographie vosgienne

2011 — Vosges Matin

La tournée des cafés
Le Grand Cerf, une histoire liée au tribunal

Tout près du palais de Justice et bien avant la rénovation de celui-ci, ayant pour adresse le 1, place Edmond-Henry, la brasserie dite hôtel du Grand Cerf a été marquée par la présence de la famille Davillers, qui avait elle-même succédé à la famille Moray.

Lieu de rendez-vous naturel des avocats, des plaignants et des justiciables, la salle de ce café n’a jamais manqué d’ambiance.

Les journalistes qui suivaient les affaires apportaient eux aussi un petit côté bien particulier à cette annexe du palais de Justice... Il suffit de se remémorer quelques grands procès d’Assises où, certains jours, il était presque impossible de franchir le seuil de l’établissement.

On peut ainsi évoquer l’affaire Villemin durant laquelle, dans sa partie judiciaire spinalienne, le Grand Cerf tenu par le célèbre Jean Merle a été une véritable fourmilière où toutes les parties se côtoyaient et où les chroniqueurs locaux, venus de Paris ou d’ailleurs faisaient le siège dans l’attente d’un scoop, d’une sortie du juge Lambert ou d’un autre protagoniste...

Longtemps président des cafetiers d’Epinal mais aussi pilier de la Société des fêtes durant des années, Jean Merle a fait valoir ses droits à la retraite il y a un peu plus de 10 ans. Le Grand Cerf a survécu brièvement sous ce nom avant de devenir le pub-brasserie-restaurant Au Bureau.

Avec l’aimable participation de l’association iconographique et cartophile d’Epinal.
Document : Jean Monvoisin.


[ Vosges Matin , 24 août 2011 ]

2014 — Vosges Matin

Carnet
Jean Merle nous a quittés

C’est un euphémisme que d’écrire que c’est une figure spinalienne qui vient de disparaître. En toute discrétion, car l’homme était ainsi. C’est dans l’intimité que son corps a été crématisé hier, selon ses volontés. L’annonce de la disparition de Jean Merle a cependant fait le tour de la ville assez rapidement.

Jean Merle.

Cet homme particulièrement affable était effectivement connu comme le loup blanc dans la cité des images. Même si, l’âge venant, il s’était fait discret depuis quelques années, quittant peu son logement de la place de l’Âtre, personne n’avait occulté la mémoire de ce bonhomme convivial et généreux aux éternelles lunettes à larges montures. Amateur de bonne chère et cuisinier reconnu, il avait tenu l’hôtel-restaurant de la Poste à Docelles avant de reprendre une affaire familiale à Épinal : Le Grand Cerf qu’il a fait vivre de 1965 à 1995, date de son départ à la retraite. Cette adresse réputée, sise place Edmond-Henry, a connu une animation particulière lors de l’affaire Grégory. A deux pas de l’entrée du palais de justice, c’était au Grand Cerf que se croisaient les magistrats, avocats et les journalistes venus de toute la France, puis du monde entier.

Le cœur sur la main, Jean Merle a longtemps été un membre actif de la classe 50 d’Épinal et environs, de la Société des fêtes présidée par son ami Pierre Marquis ou encore de la confrérie des Gourmands chevaliers de l’image. Sa passion pour la gastronomie l’avait d’ailleurs conduit à transmettre sa passion pour le métier de cuisinier aux jeunes apprentis qui représentaient pour lui une relève. Discrètement le plus souvent, il a participé à de nombreuses actions caritatives comme celle des Sapins pour Noël.


[ Vosges Matin , 11 juin 2014 ]

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