Renée PETITCOLAS

[ Mulhouse (68) , 25/09/ 1924 – , // ]

conseillère municipale

Biographie vosgienne

2004 — L’Est Républicain / Vosges

La force de la discrètion

La Ville [de Vittel] a voulu rendre hommage à Renée Petitcolas à l’occasion de ses 80 ans. Ancienne conseillère municipale, elle a été également la cheville ouvrière du jumelage avec Badenweiler.

80 ans ça se fête en famille et c’est bien ce que comptait faire la Vittelloise Renée Petitcolas. Je voulais faire cela discrètement. Eh bien du côté discrétion, ça a été loupé.

La municipalité, Jean-Claude Millot, maire ; Claudie Pruvost, maire adjointe ; Charles Huot, adjoint, ont saisi l’occasion pour rendre hommage à Renée, en présence de Guy de la Motte Bouloumié, maire honoraire, et du bourgmestre (maire) de Badenweiler, ville jumelée avec Vittel, Karl Eugen Engler et deux de ses adjoints et d’amis.

Renée Berthier est née le 25 septembre 1924 à Mulhouse. Le 8 juin 1946, elle prenait pour époux à Lerrain Jean-Marie Petitcolas. Deux enfants : Michèle et Jean-René, feront le bonheur du couple qui leurs donneront cinq petits-enfants.

Renée Petitcolas, toujours discrète, a été conseillère municipale durant quatre mandats, de 1971 à 1995 avec Guy de la Motte Bouloumié et Hubert Voilquin.

Elle a donné beaucoup de son temps à la cause du CCAS (Centre communale d’action sociale), elle est encore membre. Pour preuve, elle a tenu les rennes du foyer du Haut de la Charme et ce, bénévolement, 6 ans en plus de ses mandats de conseillère municipale.

Renée Petitcolas est une cheville (très) ouvrière du jumelage entre les deux villes thermales de Vittel et Badenweiler. Les deux villes sont jumelées depuis le 21 juillet 1957. Guy de la Motte Bouloumié et le Dr Von Siebold furent de véritables croisés de l’entente franco-allemande et de l’Europe unie devait dire Mme Petitcolas, suivi par Hubert Voilquin et le Dr Rudolf Bauert et actuellement par Jean-Claude Millot et Karl Eugen Engler qui n’ont jamais hésité à favoriser nos relations.

Renée Petitcolas s’est adressée aux présents : Nos deux sites ne perdent pas une occasion de célébrer leur amitié et de la conforter. Mon anniversaire est aujourd’hui le motif de notre rencontre. Mais au-delà de ma personne, c’est la réalité et l’avenir du jumelage qu’il faut souligner. Pendant près de 50 ans, quelques familles ont fait connaissance et se sont rencontrées. Nos conseillers municipaux, nos pompiers, nos sportifs, nos musiciens, nos écoliers se sont liés d’amitié. Nous formons finalement une grande famille, c’est pourquoi je m’autorise aujourd’hui à exprimer un conseil amical à l’intention des jeunes générations : prenez soin de notre union, ayez foi en elle. Là est notre avenir.

Rudolf Bauert a dit un jour à propos de cette grande famille du jumelage : Renée est la grand-mère de notre jumelage.


[L’Est Républicain, Vittel, lundi 27 septembre 2004].

2010 — Vosges Matin

Les Petitcolas au service des enfants

Vittel.- Lui a fait carrière dans l’éducation, notamment au collège Jules-Verne dans les années 70-80, cependant qu’elle faisait partie du conseil municipal en tant qu’adjointe aux affaires sociales. Le couple Jean et Renée Petitcolas a marqué de son empreinte la vie vittelloise pendant plusieurs décennies et mérite bien en tant que tel que l’on revienne sur son parcours.

Originaire de Lerrain, Jean Petitcolas, sorti de l’École Normale pendant la guerre, s’est marié en 1946, année où il a exercé quelque temps à Darnieulles, avant d’être nommé à Dombasle-devant-Darney, comme instituteur, pour douze années. En 1958, il migra pour Darney où il fut à l’origine de la création du cours complémentaire - 6e , puis 5e , mais il fut impossible d’y ouvrir une classe de 4e. L’administration l’envoya en 1964 à Corcieux où il exerça comme directeur du CEG pendant trois ans.

Et c’est en 1967 que la famille Petitcolas vint s’établir à Vittel, Jean devenant le sous-directeur du nouveau collège thermal, mais exerçant en réalité les fonctions de patron véritable du CES. Dès le début de sa carrière d’enseignant Jean Petitcolas milita pour et pratiqua la pédagogie Freinet : Une nouvelle pédagogie capable de répondre aux impératifs de l’heure. Il assista à pas moins de 15 congrès animés par Célestin Freinet.

Au collège de Vittel, il réussit à structurer le temps et l’espace scolaires en constituant aisément ce qui est le casse-tête de tous les chefs d’établissements secondaires, à savoir les emplois du temps, en s’aidant des premiers outils informatiques mis gracieusement à sa disposition par la Société des Eaux. C’était au moment de la réforme Fontanet qui instituait les groupes de niveau mobiles dans trois disciplines dites fondamentales, le français, les maths et les langues.

Le Talleyrand de Vittel

Ce mode de fonctionnement fut envié par beaucoup et M. Petitcolas reçut des courriers, ainsi que des visites, d’un peu partout. Il fut nommé officier dans l’ordre des palmes académiques. Lorsque vint l’heure de la retraite, en 1983, il lui fut offert un ordinateur par les élèves de son collège vittellois : tout un symbole ! Son épouse, Renée, a suivi un tout autre parcours : J’ai tout de suite voulu me mettre au service de la ville, et j’ai commencé en 1968, à l’occasion d’une grande fête de gymnastique FSCF qui a réuni 5 000 gymnastes au stade Bouloumié, où j’ai proposé mon aide au président de la SRV de l’époque, Marcel Lattraye.

En 1971, elle entra au conseil municipal où elle resta 24 années avec M. De La Motte puis M. Voilquin comme maires. On m’a appelée le Talleyrand de Vittel, dit-elle avec humour. Elle passa adjointe aux affaires sociales et s’occupa beaucoup des personnes âgées, des maisons de retraite et des cas sociaux. Dès son arrivée à Vittel, elle s’impliqua dans le jumelage avec Badenweiler où ses qualités de germanophone furent plus qu’utiles pour les relations entre les deux villes.

Souvenirs et anecdotes

La municipalité de Vittel lui attribua la médaille d’or de la ville de Vittel, en 1995, et elle reçut l’épingle d’or de la RFA pour services rendus à l’Union Européenne. Pour Renée Petitcolas, les échanges avec Badenweiler et les 24 années passées à la mairie ne sont que bons souvenirs. Il lui est resté une anecdote en tant qu’adjointe : au mariage d’une mineure du Club Med toute l’assistance était habillée en haillons, et, comme à carnaval, il y avait tambours, clairons, sacs de riz et confettis. Quand la mariée prononça le oui, tout se mit en branle, musique, poignées de riz lancées dans le salon des mariages et confetti, et surtout il fallut chercher longtemps le père de la mariée pour la signature du registre. Le père finit par être retrouvé, mais Renée avait eu des suées !

Jean a, lui, quelques mauvais souvenirs, ça se comprend quand on est à la tête d’un établissement scolaire, dont celui-ci : un jour, des parents vinrent se plaindre que leur fille avait été mise enceinte et que cela s’était passé au collège. Après une courte enquête, il fut prouvé que la jeune élève en question n’était pas au collège ce jour-là, mais était restée à la maison ! Jean Petitcolas a gardé une grande passion pour la lecture et l’écriture. Il a écrit plusieurs fascicules consacrés à des souvenirs d’enfance et destinés à d’anciens élèves et à ses enfants. Actuellement, il se consacre à un 12e , voire 13e, dont le titre est Merci à la vie. Tous ont bien sûr été rédigés et illustrés sur ordinateur.

Renée ne lit plus beaucoup à cause de sa vue mais regarde la télévision et écoute de la musique, surtout classique et gaie. Strauss et Offenbach font partie de ses auteurs favoris. Tous deux jouissent, selon la formule consacrée, d’une retraite paisible qu’on leur souhaite se prolonger encore longtemps !


[Vosges Matin, dimanche 28 février 2010].

2014 — Vosges Matin

Deux figures locales mises à l’honneur

Deux nouvelles rues et donc deux nouveaux noms.- La réalisation d’un ensemble immobilier de 27 logements par Vosgelis a nécessité à la création de deux nouvelles voies d’accès. Les élus ont ainsi décidé de les dénommer rue Renée-Petitcolas et rue Jeanne-Pêcheur en raison de l’implication de ces deux grandes figures de la cité thermale.

La première nommée s’est investie dans la vie publique en 1971, en devenant adjointe au maire et vice-présidente du CCAS, fonctions qu’elle exerça jusqu’en 1995. Elle fut particulièrement chargée du foyer du Haut-de-Charme et des relations avec la ville jumelle de Badenweiler dont elle est citoyenne d’honneur. La deuxième s’est distinguée par son courage, n’hésitant pas à s’investir auprès des lépreux à Saïgon. Cette infirmière émérite a également été assistante sociale à la société des eaux. En parallèle, elle avait mis sur pied la section locale des secouristes de la Croix-Rouge dont elle fut présidente. Après plus de 60 ans au service des autres, elle s’est éteinte le 2 mars 2002 à l’hôpital de Vittel.


[Vosges Matin, samedi 20 décembre 2014].


Portrait
Une vie consacrée aux autres

Une nouvelle rue portera prochainement le nom de Renée Petitcolas. Un juste retour des choses pour cette femme qui a consacré une grande partie de sa vie aux autres et à la collectivité. Rencontre...

Renée Petitcolas a consacré 24 années à la vie municipale aux côtés de Guy de-la-Motte Bouloumié, puis d’Hubert Voulquin.

D’un côté, ça m’a fait plaisir, c’est un fait, mais de l’autre, ça m’a gêné aussi un peu. Car je n’ai fait que mon travail pendant toutes ces années. C’est avec une certaine modestie que Renée Petitcolas a appris qu’une nouvelle rue, fruit des grands travaux réalisés par Vosgelis dans le quartier du Haut-de-la-Charme, allait prochainement porter son nom. Une distinction de taille pour cette femme aujourd’hui âgée de 90 ans qui a consacré une bonne partie de son existence à la cause publique.

Née le 25 septembre 1924 à Mulhouse, cette Alsacienne, fille unique, est arrivée dans les Vosges pendant la guerre en 1940, mise à l’abri par ses parents chez son oncle, plus précisément à Thaon. C’est là qu’elle y a rencontré celui qui allait devenir son époux, Jean-Marie, alors militaire à la Première Armée. Mais les aléas de l’époque l’emmenèrent à Poitiers avant de rentrer chez elle en Alsace. Mais avec la promesse de retrouver plus tard son dulciné. C’est ce qu’elle fit quelques années plus tard. Le couple s’installa alors à Dombasle-devant-Darney, Darney, puis à Vittel où Jean-Marie devint directeur du collège Jules-Verne en 1967.

J’ai toujours agi par passion

Femme au foyer, Renée se dévoua alors à l’éducation de ses deux enfants. En 1971, alors que la cité s’apprête à accueillir le festival de gymnastique et près de 5 000 athlètes, Renée se met au service de la Saint-Rémy pour héberger des jeunes. Aux premières loges, elle se fait remarquer pour son dévouement, et de fil en aiguille, Guy De-la-Motte Bouloumié lui propose de l’accompagner à la mairie : J’étais les yeux grands ouverts. Je n’en revenais pas. Je venais en mobylette et me garais à côté de la Porsche du maire, c’était marrant, se souvient Renée.

L’honneur de la demande passée, elle se met vite au travail en tant que conseillère, puis très rapidement en tant qu’adjointe au social. Figure incontournable de la municipalité en place, elle consacre dès lors toute sa vie aux autres. Auprès des plus démunis, mais aussi au foyer du Haut-de-la-Charme qui venait d’ouvrir ses portes : J’y allais tous les jours pour rendre visite aux personnes âgées. Ce sont mes plus belles années, dit-elle, espérant qu’elle pourrait y terminer ses jours.

Très active et très efficace, elle participe également à la relance du jumelage avec la ville de Badenweiler, de par ses talents de linguiste (allemand et patois alsacien) : On m’appelait souvent pour les traductions et pour les manifestations, raconte celle qui a été aussi secrétaire du comité des fêtes.

Au final, des mandats, elle en fera quatre avec De-la-Motte Bouloumié puis auprès d’Hubert Voilquin, toujours avec le même enthousiasme : Ils me faisaient confiance. J’avais carte blanche. Et puis dans le social, il n’y a pas de politique. Et d’ajouter en toute simplicité : Je n’ai jamais rien fait par obligation, mais toujours par passion. Venir à Vittel m’a donné une nouvelle forme de vie. J’ai eu de la chance.

Séb.C.

Bio

Renée Petitcolas est née le 25 septembre 1924 à Mulhouse.

Renée se maria à Jean-Marie Petitcolas le 18 juin 1946. De cette union, naîtront deux enfants, cinq petits-enfants et trois arrière-petits-enfants.

Ses diverses fonctions : adjointe au maire de 1971 à 1995, vice-présidente du CCAS, responsable du foyer du Haut-de-la-Charme, chargée des relations avec la ville jumelle de Badenweiler.

Ses distinctions : médaille d’argent départementale et communale ; médaille d’or de la ville de Vittel ; épingle d’or de la République fédérale allemande ; citoyenne d’honneur de Badenweiler.


[Vosges Matin, 29 décembre 2014].

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