2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
GARNIER André (Joseph)
(25 mars 1910, Viviers-le-Gras - 17 juillet 1998, Vittel)
• Maire de Viviers-le-Gras de 1935 à 1988
• Conseiller général du canton de Monthureux-sur-Saône de 1949 à 1961
• Député des Vosges de 1951 à 1956
• Agriculteur
• Marié, deux enfants
André Garnier est né en 1910 à Viviers-le-Gras, petit village de la Plaine dans le département des Vosges où sa famille est implantée depuis le début du XVIIe siècle. Après l'école communale, André Garnier poursuit sa scolarité à l'école agricole de Mirecourt, afin de pouvoir aider ses parents dans l'exploitation familiale.
Les élections municipales de 1935 lui permettent de ceindre l'écharpe tricolore de maire de Viviers-le-Gras, et malgré une captivité en Prusse orientale durant la Seconde Guerre mondiale, il conserve son fauteuil de premier magistrat. À ce titre, André Garnier est le recordman de longévité des maires en Lorraine, assumant donc sa fonction à Viviers-le-Gras durant cinquante-quatre ans. Ce qui lui vaut la médaille d'or départementale et communale remise par le président Poncelet en 1985. Le 8 mars 1988, il renonce à son poste de maire et présente sa démission au préfet des Vosges Jacques Andrieu.
André Garnier est élu conseiller général du canton de Monthureux-sur-Saône dès les élections de 1949. À cette date, et contre toute attente, il défait l'élu sortant Robert Bellin, et l'agriculteur Henri Poincelot alors conseiller de la République. Deux ans plus tard, à l'occasion de législatives par scrutin de listes, André Garnier est élu député des Vosges aux côtés du ministre Maurice Lemaire et de l'industriel Charles Guthmüller. À cette occasion, le député vivarois aimait rappeler : J'ai été élu au scrutin départemental le troisième sur la liste de Maurice Lemaire, apparentée aux indépendants de André Barbier. Je me suis retrouvé sur la liste sans que l'on me demande mon avis. Je voulais travailler dans la commission agriculture mais finalement, j'ai été versé à la commission pensions... Avec une petite pointe d'émotion il renchérissait : Je siégeais non loin de Mitterrand...! Ses meilleurs souvenirs sont d'avoir côtoyé Vincent Auriol président de la République, Édouard Herriot président de l'Assemblée, venus visiter la reconstruction de Charmes, puis le général de Gaulle à Saint-Dié.
Au terme de ce mandat, il abandonne le Palais-Bourbon et se concentre sur son département et son village de quelques 200 habitants. Je n'ai qu'un certificat d'études, je ne pouvais pas continuer et je ne voulais pas non plus. Et puis, on est plus efficace dans une mairie, on voit ce qu'on fait. En 1961, malgré l'appui des maires du canton, il est défait de son fauteuil cantonal par le docteur Jean Cayotte. Marié depuis 1946 à Marie Ragot native de Bleurville qu'il a la grande douleur de perdre en 1993, il est père deux filles, Monique et Colette. Après une vie professionnelle et publique très remplie, André Garnier, remarié en 1994 à Henriette Garillon, originaire de Gérardmer, s'adonne à l'écriture et rédige un ouvrage s'intitulant Histoire de mon village au XXe siècle. La maladie frappe André Garnier et sa santé se dégrade. Il s'éteint à Vittel le 17 juillet 1998.
Réélu conseiller municipal pendant neuf mandats, au premier tour de scrutin, et avec une brillante majorité, l'édile vivarois a été élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur. Une belle gratification qu'il reçoit des mains du commandant Jean Marulier.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]