2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
HUOT Victor (Pierre Antoine), (dit Huot de Goncourt)
(29 juin 1783, Bourmont, Haute-Marne - 11 juillet 1857, Neufchâteau)
• Député des Vosges de 1848 à 1852
• Entrepositaire des tabacs
• Marié, un enfant
Fils de Jean-Antoine Huot, avocat à Bourmont en Haute-Marne et député du tiers aux états généraux par le bailliage de Bar-le-Duc, Victor Huot entre à l'Ecole polytechnique en 1799 et passe en 1801 à l'école d'artillerie de Châlons. L'année suivante, il est nommé sous-lieutenant au 5e régiment d'artillerie à pied, lequel participe aux campagnes de la grande armée. Le jeune officier assiste au siège de Dantzig, à la bataille de Wagram... et reçoit la Légion d'honneur le 13 août 1809. En 1811, il quitte l'armée avec le grade de capitaine et est nommé entrepositaire des tabacs à Neufchâteau dans les Vosges. Trois années plus tard, à l'approche des alliés, il se rend à Metz et demande instamment à reprendre du service.
Destitué de son emploi par la première Restauration, il est chargé pendant les Cent-Jours de fortifier les défilés des Vosges. Après le second retour des Bourbons, Victor Huot combat leur politique de toute son influence et prend une part active aux luttes électorales. En 1830, ses concitoyens le nomment par acclamation commandant de la garde nationale. Il se montre favorable au gouvernement de Louis-Philippe et accepte sans enthousiasme la république proclamée en 1848. Victor Huot est élu le 23 avril représentant des Vosges à l'Assemblée constituante, le 10e sur 11. Membre du comité des travaux publics, il vote avec la fraction la plus conservatrice du parti républicain. Le nouveau député fait, après l'élection du 10 décembre, une opposition très modérée au président de la République. Réélu le 13 mai 1849, représentant du même département à la législative, Victor Huot suit les inspirations de Dufaure et vote généralement avec la majorité, sans se montrer ouvertement hostile à la forme républicaine.
Il rentre dans la vie privée lors du coup d'Etat de 1851 et passe les dernières années de sa vie à Neufchâteau où il décède le 11 juillet 1857. Il avait donné son nom à Virginie Henrys et de cette union naît Antoinette (1815-1871) épouse de Léonidas Labille, avocat au barreau de Bar-sur-Seine. Le souvenir de la famille Huot de Goncourt reste présent par l'intermédiaire des célèbres neveux-écrivains de Victor Huot. Son frère, Marc-Pierre (1787-1834), chef d'escadron dans les armées de Napoléon 1er, est le père de Edmond et Jules. Ce dernier (par testament de 1884), crée l'Académie Goncourt, laquelle réunit depuis 1902 dix écrivains, appointés, qui décernent chaque année en décembre le prix Goncourt à un roman paru récemment. Goncourt est le nom d'une terre lorraine achetée par l'arrière-grand-père des écrivains en 1786.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]