2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
LECOMTE Eugène (Nicolas)
(20 août 1864, Corcieux - 30 novembre 1943, Corcieux)
• Conseiller municipal de Corcieux
• Conseiller générol du canton de Corcieux de 1919 à 1931
• Agriculteur
• Marié, trois enfants
Au lendemain de la Grande Guerre, de nouvelles élections interviennent pour le renouvellement intégral de l'assemblée départementale des Vosges. Eugène Lecomte se présente, en 1919, face à Lucien Baradel et succède à Jean-Baptiste Vuillaumé en tant que conseiller général du canton de Corcieux. Pour les observateurs, il doit son élection et son ascension politique à ses fonctions de président du syndicat agricole du canton de Corcieux dont il est l'âme. D'esprit ouvert, ce cultivateur aisé a des connaissances étendues dans les milieux ruraux, spécialement à la création et à l'amélioration des féculeries coopératives.
Le 19 juillet 1925, il est réélu d'autant plus facilement qu'il est seul candidat. Par contre, le 18 octobre 1931, il est mis en ballottage, pour la première fois, par l'agriculteur et adjoint au maire de Corcieux, Ernest Martin. Pourtant vainqueur moral du premier tour de scrutin, à la surprise générale, Eugène Lecomte se retire de la compétition dans des circonstances plus ou moins obscures. Après avoir voté pendant des années pour le président du conseil général, René Porterat, il cède aux instances de l'opposition afin de voter en faveur du parlementaire senonais,
Constant Verlot. Unique dans les annales politiques de cette époque et à quelques semaines des élections, Albert Tardieu, ministre de l'Agriculture, lui décerne pour les mêmes titres, sur les contingents spéciaux de son ministère, la Légion d'honneur et la cravate de commandeur du Mérite agricole.
Vilipendé sur ces évènements durant toute la campagne électorale par l'hebdomadaire de gauche
La République des Vosges, Eugène Lecomte préfère
jeter l'éponge. Il décède dans de dramatiques circonstances, le 30 novembre 1943, à quelques kilomètres de son domicile au lieu-dit Belgoutte. Alors qu'il rentrait à pied d'une réunion consacrée à son syndicat, il est happé mortellement par une voiture. Son souvenir a été longtemps présent dans la région grâce à une croix en pierre érigée sur le lieu de l'accident. Marié à Joséphine Baptiste, originaire de Gerpébal, Eugène Lecomte était père de Maria, Abel et Camille.