2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
MARION Joseph (Benjamin Constant)
(2 avril 1824, Gérardmer - 25 mai 1874, Gérardmer)
• Maire de Gérardmer de 1860 à 1871
• Conseiller général du canton de Gérardmer de 1852 à 1871
• Notaire
• Marié
Toute sa vie, Joseph Marion reste fidèle à la ville de Gérardmer où il naît en 1824, de l'union de Joseph et de Marie-Anne Gérard. Notaire, comme son frère Ernest à Granges-sur-Vologne, il achète en 1851 une étude en cité gérômoise et reçoit rapidement la confiance de ses concitoyens. En 1852, il est élu conseiller général du canton de Gérardmer, suite au commerçant bruyèrois Jean-Baptiste Viry. A cette occasion, Joseph Marion défait, au second tour de scrutin, le premier magistrat de la cité, Jean-Nicolas Gégout. Sa flatteuse élection est un tremplin pour sa vie politique. Huit ans plus tard, il succède à son malheureux adversaire aux cantonales comme maire de la ville.
À la tête de l'administration communale, ïl montre un jugement sûr et un esprit d'initiative plein d'à-propos. Maître Marion entreprend l'amélioration des chemins ruraux si nécessaires à ceux qui résident loin du centre de Gérardmer et dans ce domaine tout est à créer. L'élu gérômois s'occupe avec non moins de zèle du développement de l'instruction primaire, dont il fait adopter la gratuité. Brillamment réélu à chaque consultation électorale, il abandonne tous ses mandats électifs en 1871, à une période difficile pour l'Alsace-Lorraine.
Son héritage municipal revient à Joseph Martin et départemental à Prosper Martz. L'ancien élu de la Perle des Vosges succombe à une fluxion de poitrine à l'âge de cinquante-et-un ans, le lundi 25 mai 1874. Maire, conseiller général, c'est un homme estimé de ses concitoyens, en même temps qu'un des notaires les plus considérés de l'arrondissement de Saint-Dié. Ses confrères l’appellent même à faire partie de leur chambre, dont il devient président. Ses études de droit parisiennes donnaient confiance aux familles de Gérardmer.
Les services rendus par Joseph Marion à la commune de Gérardmer lui assurent la reconnaissance générale. Il aurait pu l'accroître encore si sa santé, ébranlée par la perte d'un frère chéri, mort héroïquement à Reischoffen lors de la guerre franco-prussienne et affaiblie par l'excès du travail qu'il s'imposait, ne le force à renoncer aux fonctions électives. Joseph Marion se consacre alors entièrement à son épouse et à ses deux enfants, à son domicile de la section du Raing. Mais, en trois jours, une maladie terrible met un terme à sa riche existence.
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Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]