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François MAUD'HEUX

[ Epinal (88) , 20/02/1800 – Epinal (88) , 13/08/1874 (74 ans) ]

avocat , maire , maire d'Epinal , conseiller général

Président du conseil général des Vosges (1843).

Biographie vosgienne

Notices documentaires

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

MAUD'HEUX François (Félix)
(20 février 1800, Epinal - 13 août 1874, Epinal)

• Conseiller général du canton d'Épinal de 1838 à 1848
• Président du conseil général des Vosges de 1843 à 1843
• Maire d'Epinal de 1862 à 1867
• Avocat
• Marié, deux enfants

François Maud'heux est presque né avec le XIXe siècle, en février 1800 à Epinal, où son père exerce les fonctions de greffier en chef au tribunal civil. Il commence ses études classiques au collège de Remiremont, de haute réputation, et il les achève au collège d'Épinal, pendant la double invasion de 1814 et 1815, qui certes est peu propice à les favoriser. Sa vocation l'entraîne vers la carrière du barreau où son parent, l'avocat et poète Pellet, s'est rendu célèbre.

François Maud'heux étudie le droit à la faculté de Strasbourg, fort recherchée alors par la jeunesse des Vosges. Reçu licencié le 8 septembre 1819, avec une thèse sur : La preuve littérale des obligations et de leur paiement, qu'il soutient à la faculté le jeudi 26 août. Il s'inscrit au barreau d'Epinal où il figure avec honneur pendant quarante ans, hormis dans la période allant de 1825 au 24 avril 1838, où il succède à son père comme greffier en chef du tribunal. À l'image de toute la jeunesse estudiantine de l'époque, il conspire plus ou moins contre la Restauration et le régime de droit divin de Charles X. Mon père et mon oncle, écrit-il en 1831 dans une demande officielle, sont partis en 1791 comme capitaine des volontaires. À leur école, j'ai appris à chérir ma patrie et la liberté, sous le régime qui pesait naguère sur notre belle France, lorsque la terreur enchaînait la voix et même la conscience des fonctionnaires publics, moi titulaire révocable d'un office que j'avais payé de la presque totalité de ma fortune (mon greffe acheté de mon père par vingt-quatre mille francs), je n'ai pas craint de seconder de mes écrits la cause constitutionnelle, en acceptant le rôle de correspondant d'un journal, spécialement dirigé contre les ultramontains et le parti prêtre. La révolution de 1839 comble ses vœux. Il est sinon Orléaniste du moins partisan d'un régime conservateur-libéral. Mais il montre assez d'indépendance pour défendre des républicains et même des républicains avancés, puisqu'il fait le voyage de Paris et soutient devant le tribunal correctionnel son compatriote et collègue, l'avocat Mathieu d'Épinal, accusé de détention de bombes, de propagande communiste et d'actes terroristes. François Maud'heux est surtout un administrateur né, et devient à plusieurs reprises dans son existence, bâtonnier de son ordre, président du conseil général, conseiller municipal, maire, membre de la commission des hospices, membre du conseil d'arrondissement, etc… Il est même après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, candidat aux élections légistatives, avec comme programme : la défense de la religion, la famille et la propreté.

Premier magistrat d'Epinal de mai 1862 à décembre 1867, il contribue à l'embellissement de la ville. Mais surtout maître Maud'heux est un animateur dévoué de la Société d'Emulation qu'il préside avec conviction. Amoureux par-dessus tout de la cité des Images, il s'y fixe de bonne heure en 1823. Epoux de Clarisse Bombard qui lui donne deux enfants, dont l'un est également bâtonnier du barreau d'Épinal, François Maud'heux plaide au civil, au correctionnel, au criminel, et durant de longues années, sa voix écoutée retentit sous les voûtes du palais de justice.

De ses fonctions publiques, notamment de maire, François Maud'heux laisse des traces durables de son administration, comme le kiosque du cours, le square de la rue Jeanne-d'Arc. Curieux des choses du passé, il compulse les archives, lit les anciennes chroniques et se passionne pour les vieux manuscrits. Cet érudit est une belle figure spinalienne, grave, mais en même temps amie de la bonne chère. Sa cave est renommée. Son muscat, qu'il achète dans l'Aube, et son vin de Langlade, qui vient du Gard, font bien des jaloux. François Maud'heux voit venir l'heure fatale avec tranquillité et s'éteint doucement le 13 août 1874, dans sa 75e année. Ses funérailles sont célébrées à Epinal, le lendemain, devant une foule considérable.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

Sources structurées

  1. Le Grand livre des élus vosgiens 2003 — Bertrand MUNIER
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « François MAUD'HEUX », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5412 (consultée le 25 septembre 2026).

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