2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
PERRIN Eugène (François)
(1er juillet 1827, Estrennes - 4 juillet 1884, Estrennes)
• Maire d'Estrennes
• Conseiller général du canton de Vittel de 1867 à 1871
• Avocat
• Marié
Avant la venue de la famille Bouloumié coïncidant avec la fondation de la station thermale vittelloise, la situation politique cantonale de Vittel est un véritable casse-tête pour l'autorité départementale vosgienne. Pendant un demi-siècle, maître Jean Bonnet, notaire à Remoncourt, François Bastien, natif de Vittel, Eugène Perrin, domicilié à Estrennes, et Isidore Lafosse, médecin à Lignéville, ne parviennent pas à apaiser les querelles des différentes populations du canton. Dans cette tourmente politique, Eugène Perrin, fils de Jean-Baptiste Perrin et de Marguerite-Eugénie Jacquemin, joue un rôle prépondérant car la situation politique de son canton le préoccupe au plus haut degré. Aussi, dans le tourbillon des élections cantonales de 1867, postule-t-il au poste de conseiller général, détenu depuis neuf années par François Bastien, juge au tribunal de Mirecourt.
Eugène Perrin est membre depuis plusieurs années du conseil d'arrondissement et préside une société de secours mutuels, formée de quatre communes du même canton. Ancien avocat au tribunal civil de Mirecourt, ancien juge de paix démissionnaire (dans la Haute-Marne), ce prétendant est l'un des plus importants propriétaires de la contrée. Bien posé par sa fortune, par sa parenté, ses amitiés très nombreuses, Eugène Perrin est très proche du monde agricole. Il vit familièrement, trop familièrement au goût de certains, au milieu d'eux. Il a une réputation de bon enfant, de joyeux compère qui a de l'écho dans les campagnes de la Plaine. La population aime sa bruyante activité, ses allures dégagées, son verbe haut et tranchant, sa constante bonne humeur, son obligeance grande et désintéressée.… Toutes ces valeurs le mènent au conseil général.
En revanche, dans le monde de l'assemblée départementale, Eugène Perrin est estimé mais faiblement apprécié. On le voudrait plus sérieux, plus réfléchi, moins inconsistant. Pour lui, il plaît aux masses... et les masses font l'élection. Habitant l'une des communes qui entourent Remoncourt, il a pour lui les électeurs de cette partie du canton, et contre lui les électeurs des communes qui avoisinent Vittel. La rivalité entre Remoncourt et Vittel est éternelle pour l'obtention du titre de chef-lieu de canton. Eugène Perrin reste en place seulement quatre ans. Les événements de 1870 bousculent l'organigramme politique vosgien... et de nouvelles élections sont organisées. Elles reviennent au docteur Isidore Lafosse. Quant à Eugène Perrin, il regagne sa campagne et décède le 4 juillet 1884 à Estrennes.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]