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Christian PIERRET

[ Bar-le-Duc (55) , 12/03/1946 ]

conseiller régional , député , conseiller général , maire , secrétaire d'Etat , ministre

Biographie vosgienne Sur Wikipédia ↗ Sur la BnF ↗ Sur Wikidata ↗

Notices documentaires

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

PIERRET Christian
(12 mars 1946, Bar-le-Duc, Meuse)

• Conseiller régional de Lorraine de 1978 à 1988 et de 1998 à 2001
• Député des Vosges de 1978 à 1993 et de 1997 à 1997
• Conseiller général du canton de Saint-Dié-Est de 1979 à 1988
• Conseiller municipal de Saint-Dié de 1983 à 1989
• Maire de Saint-Dié de 1989 à 1997 et depuis 2002
• Premier adjoint ou maire de Saint-Dié de 1997 à 2002
• Secrétaire d'Etat à l'Industrie puis ministre délégué à l'Industrie, les Petites et Moyennes Entreprises, le Commerce et l'Artisanat, la Consommation de 1997 à 2002
• Marié, quatre enfants

Les parents de Christian Pierret, Jean et son épouse Anne-Marie Radet, reviennent d'Afrique du Nord à Bar-le-Duc, berceau de la famille, à la fin des hostilités de la Seconde Guerre mondiale. Une douloureuse période au cours de laquelle Jean Pierret participe à la Résistance contre l'occupant en tant qu'officier sur le sous-marin Le Marsouin. C'est au chef-lieu de la Meuse que naît leur unique fils Christian. Jean Pierret, ingénieur de l'Ecole navale, de l'Ecole nationale supérieure des arts et métiers, abandonne l'armée pour l'industrie. Un premier poste de direction oblige la famille Pierret à se fixer à Lorient et permet à leur enfant de fréquenter l'école maternelle publique bretonne. Malgré les mutations professionnelles de son père (Versailles, Rouen, Saint-Germain-en-Laye...), Christian Pierret est un élève assidu et remarqué.

Très tôt, il se passionne pour les livres et s'adonne avec réussite aux joies de l'aquarelle, quand ses rares moments de loisirs le lui permettent. Son père, devenu l'un des membres dirigeants de la Régie Renault à Boulogne-Billancourt et sa mère, voient en lui un futur économiste. Christian Pierret choisit les sciences économiques, les sciences politiques, puis l'ENA (Ecole nationale de l'administration). Reçu au concours en décembre 1968, le jeune énarque effectue ensuite son service militaire avant d'intégrer l'École dans l'artillerie à Suippes, près de Châlons-sur-Marne. Rendu à la vie civile, Christian Pierret est d'abord fonctionnaire au ministère des Finances, puis à la cour des comptes.

À la même époque, il est sollicité afin de se présenter dans les Vosges, aux législatives de 1978 ; sa famille, côté maternelle, est originaire de la région mirecurtienne. C'est dans la circonscription de Saint-Dié, en lieu et place de Maurice Lemaire, qu'il obtient avec bonheur son premier fauteuil de parlementaire. Dès lors, il assoit sa popularité en Déodatie et les postes à responsabilités politiques sont multiples. Son statut de député l'envoie directement au conseil régional de Lorraine, tandis que, l'année suivante, il fait son entrée à l'assemblée départementale vosgienne, représentant du canton de Saint-Dié Est. En mars 1989, il n'y a pas de surprise. Les Déodatiens craquent pour Christian Pierret. Après une première tentative sans succès face à Maurice Jeandon, il enlève la mairie de Saint-Dié. Les Déodatiens ont maintenant un maire du même bord que leur député qui appartient à la majorité présidentielle. Pourtant Saint-Dié aime voter à l'envers. La France est à droite quand Pierre Noël amène la gauche à la mairie, à gauche quand Maurice Jeandon en 1983 est triomphalement réélu premier magistrat.

En 1986, le député Christian Pierret réalise sur sa ville un score plus qu'honorable… Cette fois, Saint-Dié s'est délibérément placée dans le courant… et pour longtemps. L'ère Pierret semble promise à un bel avenir. Elu maire, il est aussitôt victime de la loi limitant le cumul des mandats. Le président Poncelet reçoit sa démission de conseiller général ; cela oblige une partie de la Déodatie à retourner aux urnes pour élire son successeur. Celui-ci est son collaborateur, Jacky Homel, dont le père Yvan a siégé quelques mois au conseil général, à la suite du décès du docteur Jean Poirot.

Abandonnant à regret la Région et le Département, Christian Pierret se consacre à sa ville de Saint-Dié et à son poste de député. Un siège qu'il perd de justesse, en 1993, au profit du pharmacien fraxinien Gérard Cherpion. Néanmoins, le maire de Saint-Dié regagne largement la confiance de ses électeurs quand le président de la République dissout l'Assemblée nationale en 1997. Le premier gouvernement de Lionel Jospin lui offre alors le secrétariat d'Etat à l'Industrie. Par contre, Christian Pierret quitte le Palais-Bourbon et la mairie de Saint-Dié. Elu premier adjoint au maire, il reste en contact permanent avec une ville qui l'a vu grandir politiquement.

Marié et père de quatre filles, Christian Pierret est de nouveau membre du conseil régional de Lorraine après son élection en 1997. Quatre ans plus tard, arrivent de nouvelles échéances électorales municipales et cantonales. Celles-ci attirent toute l'attention de la classe politique vosgienne. Christian Pierret aspire à la présidence du conseil général des Vosges détenue depuis 1976 par Christian Poncelet. Il pose sa candidature dans le plus petit canton du département, à Provenchères-sur-Fave. Après avoir démissionné de son poste de conseiller régional de Lorraine au profit de sa colistière Jacqueline Bedez-Stouvenel, Christian Pierret part de nouveau en campagne. À la surprise générale il est battu dès le premier tour de scrutin par le maire de Lubine, soutenu par la majorité départementale.

Le secrétaire d'Etat se console avec son retour à la tête de la mairie de Saint-Dié. Mais à la demande de son Premier ministre, il doit choisir entre l'écharpe tricolore et son maroquin. Christian Pierret ne tergiverse pas et regagne le gouvernement Jospin, tout en gardant son fauteuil de premier adjoint au maire. À peine la page des municipales est-elle tournée que les législatives se profilent à l'horizon. La décision de Christian Pierret d'être candidat de la deuxième circonscription des Vosges est attendue. Rapidement, il annonce officiellement qu'il renonce au Palais-Bourbon. J'ai décidé de ne pas me présenter aux élections législatives de juin 2002. C'est un choix strictement personnel. J'ai un devoir d'idéal et un devoir de fidélité, mais j'ai aussi un droit à mon accomplissement personnel, un droit à assumer de nouveaux défis. Je le ferai en cohérence avec mes convictions qui n'ont pas changé... Il est imité momentanément dans sa démarche par son suppléant fraxinien, Claude Jacquot. En revanche, les différentes élections de cette année 2002 permettent à Christian Pierret de devenir ministre. En tant que secrétaire d'Etat, il peut se flatter de compter parmi les rares membres du gouvernement à ne pas avoir changé de portefeuille depuis sa nomination. Ce nouveau statut intervient après que son Premier ministre ait annoncé sa candidature à la fonction présidentielle. Un poste que ce dernier n'obtiendra pas et qui fera couler beaucoup d'encre.

De son côté, Christian Pierret retrouve son siège de premier magistrat le lundi 29 avril 2002, en raison du décès après une longue maladie du maire Robert Bernard. Quelques semaines plus tard, il rejoint le secteur privé et quitte irrémédiablement son poste de haut fonctionnaire au ministère des Finances. Il rejoint, en qualité d'associé, le cabinet d'avocats Gilles August et Olivier Debouzy. En outre, la rentrée d'octobre de cette même année le voit titulaire d'une chaire à l'université de Paris-Dauphine, en tant que professeur de gestion. Christian Pierret quitte donc la vie politique. Celle-ci n'est pas une carrière professionnelle... Je reste fidèle à ma parole : j'avais annoncé bien avant les élections que je ne me représenterais pas. Je ne veux pas faire de ma vie politique un cursus professionnel. Il faut rompre avec cette politique néfaste pour l'image de la politique. Je rentre dans le privé à nouveau, non par dépit ou crainte d'une défaite électorale, mais je veux changer de vie pour être cohérent avec moi-même. Finalement, un retour aux sources pour l'ancien ministre !

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

Sources structurées

  1. Le Grand livre des élus vosgiens 2003 — Bertrand MUNIER
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Christian PIERRET », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5450 (consultée le 27 septembre 2026).

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