2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
REMY Pierre (Nicolas Joseph)
(25 novembre 1901, Uzemain - 21 novembre 1965, Uzemain)
• Maire d'Uzemain de 1945 à 1965
• Conseiller général du canton de Xertigny de 1945 à 1955
• Exploitant agricole
• Marié, cinq enfants
Pierre Remy voit le jour à Méloménil, section de la commune d'Uzemain où, comme ses parents, il devient exploitant agricole. Il unit sa destinée en juillet 1923 à une jeune fille de la localité, Marie-Madeleine Vuillemin, qui lui donne cinq enfants : Clément, Pierre, Charles, Thérèse et Cécile. Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, Pierre Remy entre dans la Résistance accompagné de ses deux fils, Clément et Charles. Ils sont membres actifs du secteur de la Moselle et opèrent au maquis du Peux-Haut. Alors que l'armistice est annoncé, Clément le fils aîné de Pierre Remy, est arrêté par les divisions allemandes et interné au sinistre camp de Dachau. Il y meurt le 11 janvier 1945 à l'âge de vingt ans. Cette terrible guerre continue de déchirer la famille Remy. Jean, le frère de Pierre Remy, membre du maquis de Grandrupt-Bains-les-Bains, est également arrêté puis transféré à son tour à Dachau où il côtoie malheureusement son neveu. Trois mois avant la cessation des combats, le 7 mars 1945, Jean Remy décède au camp de Leitmeritz, à l'âge de trente-trois ans.
De retour au pays natal, Pierre Remy est sollicité, dès 1945, afin de prendre en mains les rênes de sa commune. Son élection est un véritable plébiscite et il occupe le fauteuil de premier magistrat d'Uzemain jusqu'à son décès. La même année, il défait aux élections cantonales, et contre toute attente, le docteur Christian Champy, natif lui aussi d'Uzemain, avant d'être battu en 1955 par l'avocat spinalien Jean-François Dupré, chef de cabinet de Maurice Lemaire, ministre de la Reconstruction.
Dans la nuit du samedi au dimanche 21 novembre 1965, au croisement des routes de Méloménil et du Roulon, Pierre Remy se tue au volant de sa voiture. Son décès est un deuil communal. Son fils Charles, entrepreneur de travaux publics, poursuit son action en devenant maire d'Uzemain. Il échoue dans son unique tentative cantonale, en 1973, au cours d'une mémorable empoignade face au docteur-vétérinaire de Xertigny, Michel Bidaud.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]