2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
SARAZIN Eugène (Nicolas Constant)
(14 juillet 1868, Thillot - 26 décembre 1931, Thillot)
• Conseiller municipal du Thillot de 1910 à 1912
• Maire du Thillot de 1912 à 1931
• Conseiller général du canton du Thillot de 1923 à 1931
• Négociant
• Marié, cinq enfants
Eugène Sarazin naît au Thillot en 1868 dans une famille de négociants. Après des études au collège de Remiremont, puis au lycée de Besançon, il revient au pays natal qu'il ne quitte plus. En 1895, il épouse Marie-Claire-Joséphine Antoine (1872-1949) et cinq enfants, Constant, industriel à Archettes, Jean, conservateur des Eaux et Forêts en Alsace, Victor, Jeanne et Claude, ingénieur agronome, viennent agrandir la famille. C'est après le décès de son père Constant (biographie précédente) qu'Eugène débute dans la vie municipale comme conseiller, puis maire deux ans plus tard, en succédant au marchand de bois Joseph Souvay.
La guerre le trouve à ce poste où, malgré les incessantes difficultés, il assure le fonctionnement de tous les services. Nommé conseiller d'arrondissement en 1910, Eugène Sarazin est élu conseiller général du canton du Thillot en 1923, suite au décès de l'industriel rupéen, Édouard Pinot. Une élection âprement disputée face à Maurice Pottecher, homme de lettres et créateur du Théâtre du Peuple (frère de Georges Pottecher, industriel et maire de Bussang) et Émile Boileau, maire de Fresse-sur-Moselle, président du conseil d'arrondissement. Eugène Sarazin est porté en quelque sorte au siège qu'occupait son père treize années auparavant. Tous ses mérites sont appréciés par le gouvernement de la République qui, en 1922, lui décerne les palmes académiques, puis, en 1925, la croix de la Légion d'honneur.
Eugène Sarazin décède le samedi 26 décembre 1931 et la ville du Thillot lui fait d'imposantes funérailles, auxquelles s'associent toutes les notabilités du canton et du département. Néanmoins, ses obsèques restent très simples. Seul son adjoint Ernest François et le préfet des Vosges Bollaert ont toute latitude de rappeler son œuvre publique et les principales étapes de sa carrière politique. Son petit-fils Claude décède en février 1999 à Salon-de-Provence et sa résidence au Thillot est vendue. Cette disparition signe la fin d'une grande histoire entre cette famille et la cité thillotine.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]