La ville de Bruyères est, le 12 mars 1989, l'un des points chauds du premier tour des élections municipales dans les Vosges. Un face à face oppose le vice-président du conseil général et maire sortant Michel Langloix et l'industriel Alain Thirion. À l'issue du dépouillement, la liste Union pour le développement de Bruyères remporte vingt-et-un sièges et place, pour la première fois, Alain Thirion à la tête de l'administration bruyèroise. Un résultat que ce dernier réitère le mandat suivant. Nouveau pensionnaire de l'hôtel de ville de Bruyères, il part à la conquête de la Région.
En 1992, Alain Thirion est brillamment élu conseiller régional. En revanche, il ne parvient pas à se faire réélire six ans plus tard. Sa formation des socio-professionnels ne recueille que 5,32 % des voix contre 9,2 %, en 1992. Tandis que les Vosgiens reconduisent leurs barons dans l'hémicycle messin, l'industriel bruyèrois peut nourrir des regrets. Défait de son mandat régional, il ne réussit pas à ébranler ni à fissurer la forteresse Michel Langloix aux cantonales de 1998. Le mandat auparavant, Alain Thirion avait lancé une demi-campagne officieuse. Son retrait au dernier moment permit à son premier adjoint Raymond Marx de partir en campagne.
Aux dernières échéances cantonales du second millénaire, le maire de Bruyères est décidé d'en découdre avec le vice-président de l'assemblée départementale. Le microcosme politique de l'Avison n'est donc pas près de s'assagir. Éconduit aux régionales, Alain Thirion n'est guère mieux suivi dans son canton. Les électeurs de Bruyères préfèrent la stabilité et reconduisent le pharmacien dans ses responsabilités. Courtisé ou controversé, Alain Thirion aura néanmoins apporté sa contribution à une région qui l'a vu grandir. En effet, c'est à Lépanges-sur-Vologne qu'il voit le jour en 1941. Son père, Marcel, sa mère, Georgette Rousselot, peuvent être fiers de sa carrière professionnelle. Après avoir fréquenté le collège de Bruyères, le lycée d'Épinal et la faculté des sciences et de médecine de Nancy, Alain Thirion, professeur, entre au lycée de Bruyères... avant de se lancer dans une formidable aventure industrielle. À une période où les industries vosgiennes périclitent dangereusement, il intervient et essaie d'insuffler une nouvelle dynamique aux sociétés qu'il rachète. Les départements du Groupe Alain Thirion (G.A.T.) sont assez éclectiques : textile, métallurgie-plasturgie, imprimerie, distribution, puériculture et jouets. Un panel d'entreprises non exhaustif qui emploie plusieurs milliers de personnes. Père de deux enfants, Franck et Pierre-Alain, il peut s'enorgueillir de sa réussite sociale dans un contexte économique pas toujours évident et très difficile pour le textile.