1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
LAHALLE Jean-Baptiste.- Docteur en médecine, naquit a Vomécourt, près de Rambervillers, en 1776. Un goût très vif pour l’étude et une excellente mémoire l’ayant fait remarquer, le district de Rambervillers l’envoya, comme élève, à l’école de Mars.
A la suppression de cette institution, il fut admis à l’École polytechnique, qu’il quitta bientôt pour étudier la médecine à Paris et à Strasbourg. Atteint par la conscription, il partit pour l’Italie en qualité de chirurgien militaire dans un régiment de dragons, prit part à la bataille de Marengo et à tous les glorieux faits d’armes de cette immortelle campagne. Rentré en France à la paix, il continua ses études à Paris sous la direction du célèbre Bichat, qui lui voua la plus large affection.
Après le doctorat, il revint exercer son art à Vomécourt et s’acquit, en peu de temps, une réputation telle, que les magistrats de Blâmont l’invitèrent, de la manière la plus pressante et la plus honorable, à se fixer dans cette ville. Il y est mort le 6 mai 1843, emportant dans la tombe les regrets de toutes les personnes qui avaient pu apprécier ses vastes connaissances et la droiture de son caractère.
1853 —
Annuaire administratif et statistique des Vosges 1853 / Charles Charton
LAHALLE Jean-Baptiste.- Docteur en médecine, membre du conseil d’arrondissement et de la société d’agriculture de Nancy, né à Vomécourt en 1776, mort à Blâmont, le 6 mai 1843.
Issu d’une famille honorable et estimée, il fut poussé de bonne heure vers l’étude, pour laquelle il avait un penchant prononcé. Son application et sa facilité naturelle lui firent faire de si rapides progrès que le district de Rambervillers le jugea digne d’être envoyé à l’école de Mars. Quelques mois après, on créait l’école polytechnique et le jeune Lahalle y fut admis ; mais son peu de goût pour la carrière militaire l’empêcha de profiter de cet avantage. Il se rendit alors à Strasbourg pour y suivre les cours de médecine. Son travail lui mérita bientôt une place parmi les élèves internes de l’école spéciale. A Paris, il se fit également remarquer parmi ses condisciples, et il venait d’obtenir un prix à l’école centrale du Panthéon, lorsqu’il fut atteint par l’inévitable conscription.
Incorporé dans un régiment de dragons en qualité de chirurgien militaire, il fit la campagne d’Italie. Après la paix, il revint a Paris continuer ses études. Il devint l’ami et le collaborateur d’un jeune professeur enlevé trop tôt à la science, de Bichat, l’illustre auteur du traité d’anatomie générale et des recherches physiologiques sur la vie et la mort. Lahalle aurait sans doute suivi les traces de ce jeune savant et se serait destiné à l’enseignement ; mais la mort de son maître lui imprima une autre direction, et, ses études terminées, il revint à Vomécourt exercer modestement la pratique de son art. Sa réputation dépassa rapidement les limites de son village, et les magistrats de Blâmont ne tardèrent pas à l’inviter solennellement à venir se fixer dans cette ville. Il y consentit, et c’est là que s’écoula cette vie si bien remplie, cette vie de dévouement aux souffrances de l’humanité. Lors de la terrible épidémie qui sévit si cruellement dans la Lorraine en 1812, il exposa généreusement sa vie pour sauver celle des autres, et bien des fois, durant sa carrière, il fournit de semblables preuves d’abnégation et de courage.
Les moments que n’absorbait pas l’exercice de sa noble profession, il les consacrait à l’étude et au bien public. Comme agronome, il rendit des services signalés en propageant les méthodes et les découvertes utiles ; comme membre du conseil d’arrondissement, il soutint avec ardeur les intérêts de son canton. Son érudition était remarquable, il était profondément versé dans les sciences naturelles et dans l’archéologie ; il trouvait son délassement dans la numismatique, et sa collection de médailles était l’une des plus curieuses du pays.
Cet homme, si généreux et si charitable, avait justement mérité l’affection et la reconnaissance de ses concitoyens ; non content d’avoir fait le bien pendant toute sa vie, il voulut encore, même après sa mort, concourir au soulagement des pauvres malades, et, pour atteindre ce but, il dota la ville de Blâmont d’un fonds de stipende. Il légua en outre à la commune de Vomécourt une somme considérable, pour subvenir à l’entretien d’une soeur chargée de l’enseignement des filles.
Le docteur Lahalle n’a rien écrit, mais ses belles actions lui ont élevé un monument impérissable dans le souvenir du pays, et comme l’a bien dit son confrère, M. le docteur Marchal, dans le discours qu’il a prononcé sur sa tombe, la postérité impartiale redira souvent : Jadis il y avait à Blâmont un médecin de science, rempli des plus nobles qualités, bienfaisant, honnête homme ; sa mort a été le signal d’un deuil général : il s’appelait Lahalle.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
LAHALLE (Jean-Baptiste), docteur en médecine, membre du conseil d’arrondissement de la société d’agriculture de Nancy, né à Vomécourt en 1776, mort à Blâmont le 6 mai 1843.
Élève de l’école de Mars, il entra à l’école polytechnique, d’où il sortit pour suivre le cours de médecine à Strasbourg. Il fut admis ensuite comme interne à l’école spéciale de Paris, où il se distingua d’une manière éclatante. Au moment où il venait d’obtenir un prix à l’école centrale du Panthéon, il fut obligé, par le sort, d’entrer dans un régiment de dragons, où il obtint l’emploi de chirurgien. Il fit la campagne d’Italie et alla ensuite continuer ses études à Paris.
Il revint dans le modeste village où il avait reçu le jour. Sa réputation s’agrandit bien vite, et les habitants notables de Blâmont l’engagèrent à s’établir dans cette ville ; il accepta. Lors de l’épidémie de 1812, il exposa généreusement sa vie en consacrant tous ses moments au soulagement des malades ; non content de tant de générosité, il légua une partie de sa fortune à la ville de Blâmont, et donna à Vomécourt une forte somme pour l’entretien d’une sœur chargée de l’enseignement des jeunes filles.
Voici une phrase recueillie sur sa tombe : Jadis il y avait à Blâmont un médecin de science, rempli des plus nobles qualités, bienfaisant, honnête homme ; sa mort a été le signal d’un deuil général.