Claude Maurice AUBRY

[ Mirecourt (88), 22/09/1820 – Paris (75), 02/08/1896 ]

avocat

Député des Vosges (1849-1852 et 1871-1876).

Biographie vosgienne

1879 — Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim

AUBRY Maurice.- Ancien représentant, né à Mirecourt en 1820.

Avocat dans sa ville natale, il devint journaliste en 1848, et fonda des comptoirs nationaux dans le département des Vosges ; il dirigea celui d’Épinal. Nommé représentant à l’Assemblée législative, il fut arrêté le 2 décembre 1851 et conduit à l’Abbaye.

Retiré de la vie politique, il fonda à Paris une maison de banque importante, et devint administrateur de plusieurs grandes compagnies financières. On doit à M. Aubry différentes publications sur des matières de finances.

Le 5 novembre 1870, il fut élu adjoint au huitième arrondissement de Paris, puis représentant des Vosges à l’Assemblée nationale, où il prit place au centre droit.

Lors des élections pour la Commune il obtint, malgré lui, 1740 voix pour siéger à cette fatale assemblée.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

AUBRY (Claude Maurice).- M. Maurice Aubry appartient à une ancienne famille bourgeoise de Mirecourt, dont le chef fut Nicolas-François Aubry, et à laquelle appartient le colonel Aubry (voir notice ci-dessus [Joseph Emmanuel AUBRY]) ; son père était Fourrier Aubry-Febvrel, né en 1774, mort en 1853.

M. Maurice Aubry naquit lui aussi à Mirecourt, le 22 septembre 1820. Avocat dans sa ville natale en 1845, il fit oeuvre de journaliste en 1848, et contribua à la création du comptoir d’escompte à Épinal, dont il fut directeur. Élu représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée Législative, le 13 mai 1849, le 8e sur 9, par 20 707 voix, il vota avec le parti conservateur de cette assemblée, prit part à plusieurs discussions économiques, et fut arrêté lors du coup d’État du 2 décembre 1851 et emprisonné à l’Abbaye avec beaucoup de ses collègues.

Il se consacra dès lors aux affaires financières et industrielles et fonda, en 1852, une importante maison de banque sous la raison sociale : Aubry, Donon, Gautier et Cie. Candidat de l’opposition en 1863 dans les Vosges, (2e circonscription), il échoua à la députation avec 13 856 voix contre 16 088 à M. Aymé, candidat officiel et député sortant. Il se représenta de nouveau en 1869, aux élections des 23 et 24 mai, et obtint 7 793 voix contre 9 883 à Aymé, 1 196 à M. Contaut et 12 630 à de Dommartin, qui fut élu au scrutin de ballottage pour lequel M. Maurice Aubry s’était désisté.

Il avait fondé en 1866 une oeuvre de solidarité et de bienfaisance pour tous les vosgiens : l’Association Vosgienne de Paris, dont il fut le président jusqu’en 1882 et qui a pris, sous sa direction, un grand développement.

Pendant le siège de Paris, il resta enfermé dans la capitale, et fut élu le 7 novembre 1870, adjoint au maire du VIIIe arrondissement (Champs-Élysées) le 3e sur 3, par 2 993 voix contre 1,409 à Ferdinand Riant, 1 406 à Reyneau, 1 056 à François Coignet. Le maire était alors Hippolyte Carnot, l’ancien député, père du futur président de la République. Aux élections du 8 février 1871, il fut élu député des Vosges à l’Assemblée nationale, le 4e sur 8, par 31 770 voix. Il se rendit à Bordeaux, vota pour la paix, contrairement à presque tous les députés de Lorraine, puis revint siéger à Versailles, où il fit partie du groupe légitimiste de l’Assemblée et prononça plusieurs discours remarqués sur des sujets de finance ou d’économie politique. Il ne se représenta pas aux élections générales de 1876. Candidat au Sénat dans les Vosges, le 8 janvier 1882, il échoua contre N. Claude.

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

AUBRY Claude Maurice.- Né à Mirecourt le 22 septembre 1820.

Ancien représentant du peuple, ancien banquier à Paris, ancien publiciste.

Propriétaire des usines de la Hutte près Darney.

Président honoraire et fondateur de l’Association vosgienne de Paris.

Après s’être fait recevoir licencié en droit par la faculté de Nancy en 1845, M. Aubry se fit inscrire au barreau de l’ordre des avocats au tribunal civil de Mirecourt où il demeura de 1845 à 1848. Il fonda à cette époque les comptoirs nationaux dans les Vosges et prit la direction de celui d’Épinal. Il fit partie de l’Assemblée législative où il représentait le département des Vosges. Il fonda à Paris en 1852, une maison de banque sous la raison sociale : Donon, Aubry, Gautier et Cie, dont il prit lui-même la direction et qui devint, en peu de temps, une des plus importantes de la capitale.

Au renouvellement du Parlement, en 1863, M. Aubry se porta dans la 2e circonscription des Vosges comme candidat du parti opposé au gouvernement, il obtint environ 14 000 voix, tandis que le candidat officiel qui en réunissait 16 000 était élu. Jusqu’à la fin de l’Empire, il se tint en dehors de la politique. Le 7 novembre 1870, il fut nommé adjoint au maire du VIIIe arrondissement de Paris, M. Hippolyte Carnot. En 1871, il posa avec succès sa candidature dans son département et fut élu représentant du peuple à l’Assemblée nationale, le 4e sur 8. Son mandat de député ne lui fut pas renouvelé ; il resta étranger à la politique militante jusqu’au renouvellement triennal du Sénat du 8 janvier 1882. Il se présenta dans les Vosges, comme candidat monarchiste, mais, malgré un nombre de voix relativement important, il ne fut pas élu.

Ce fut lui qui fut chargé par la comtesse de Chambord, de rembourser aux royalistes les avances d’argent que ceux-ci avaient faites au prince depuis 1879.

M. Maurice Aubry est l’auteur des ouvrages suivants :
- Théories et pratiques ou union de l’économie politique avec la morale, in-18, 1851 ; - Discours sur la loi de 1807, prononcé à l’Assemblée législative en 1851 ; - Les Banques d’émission et d’escompte, suivi d’un tableau graphique de la marche comparée des taux de l’escompte en Europe, in-8, 1864, etc., etc.

M. Maurice Aubry est décédé à Paris le 2 août 1896.


1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

AUBRY (Claude Maurice), avocat, banquier, député des Vosges
(Mirecourt, 22 septembre 1820 - Paris, 2 août 1896)

Maurice Aubry (Collection de l’Association vosgienne de Paris). Fils de Fourier Aubry-Febvrel (Mirecourt 1773-1853), bourgeois de Mirecourt, Claude Maurice Aubry, après ses études de droit à Nancy, revient dans sa ville natale où il s’installe comme avocat en 1845. En 1848, il collabore à des journaux et il contribue à la fondation du Comptoir National d’Escompte à Épinal et en devient le directeur. Le 13 mai 1849, il est élu représentant du peuple à l’assemblée législative et se range parmi les conservateurs.

Arrêté lors du coup d’État du 10 décembre 1851 devant la mairie du 10° arrondissement de Paris, il est emprisonné à l’Abbaye avec plusieurs de ses collègues. Vite libéré, il se consacre désormais à la création à Paris de la banque Aubry, Donon, Gautier et Cie, devenue Société des Dépôts et Comptes Courants en 1882.

Comme candidat orléaniste, il échoue aux élections législatives de 1863 et 1869 dans les Vosges. Resté à Paris durant le siège, il est élu le 7 septembre 1870 adjoint au maire du VIIIe arrondissement. Aux élections du 8 février 1871, il revient à l’Assemblée nationale comme député des Vosges et, à Bordeaux, vote pour la paix et la séparation de l’Alsace-Lorraine.

Partisan déclaré d’une restauration monarchiste, c’est chez lui à Paris que se réunissent les comités qui militent pour le rétablissement de la royauté. En 1876, dans le journal l’Union, il formule la doctrine économique et financière du parti royaliste.

Jusqu’à la mort du comte de Chambord, il est président du Comité royaliste des Vosges.

Il ne se représente pas aux élections législatives de 1876 et échoue aux sénatoriales de 1882.

En 1866, il avait fondé à Paris une association de solidarité et de bienfaisance pour les Vosgiens : l’Association Vosgienne de Paris, dont il conserve la présidence jusqu’en 1882.

Il est l’auteur de plusieurs études sur l’économie politique et les banques.

Il avait épousé le 4 juillet 1849 Coraly Joséphine Irroy, née à Mortagne (Vosges), dont il eut deux fils. L’un d’eux, Pierre, sera également banquier.


Bibl. : Robert.- Dictionnaire parlementaire français 1789-1889, tome I, p. 109-110.
Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 348-349.
D.B.F., tome III, col. 260.


[Albert Ronsin].

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