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ecriVOSGES, « Henry Hippolyte Paul Théodore BOUCHER », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=974 (consultée le 15 septembre 2026).
DEUXIÈME CIRCONSCRIPTION D'ÉPINAL M. HENRY BOUCHER
Très actif, M. Henry Boucher s'est trouvé jeune à la tête d'une situation commerciale importante et d'une situation politique qui n'a fait que grandir, puisque les électeurs vosgiens qui, au conseil général, avaient su apprécier ses qualités, acclament aujourd'hui son nom pour la députation.
M. Henry Boucher appartient — pourrait-on dire — à la nouvelle école républicaine qu'on appelle improprement indépendante, car son aînée fut aussi indépendante qu'elle, quoi qu'on en insinue.
Mais, du moins, cette nouvelle école arrive-t-elle au gouvernement dégagée de certains antécédents qui pèsent sur les vieux démocrates qui ont porté depuis 1871 le drapeau républicain.
Aucune idée n'effraie M. Henry Boucher, homme d'initiative s'il en est. Mais, la hardiesse de son esprit est tempérée par la pratique des affaires. Propriétaire-directeur de considérables manufactures à papier, le candidat de la deuxième circonscription d'Épinal a acquis de bonne heure le coup d'œil, la promptitude de conception et d'exécution aussi nécessaires à l'industriel qu'à l'homme politique.
Ses concitoyens ne pouvaient faire un meilleur choix et il est dès à présent évident que, le 22 septembre, le nom d'Henry Boucher sortira victorieux du combat électoral.
BOUCHER (Hippolyte Paul Henry Théodore).- M. Henri Boucher est né à Bruyères, où son père était notaire, le 19 septembre 1847. Reçu licencié en droit, il s’engagea en 1870 dans la garde mobile des Vosges, y devint bientôt sergent, puis sous-lieutenant, lieutenant et capitaine de la 2e compagnie du 1er bataillon ; il fit avec le 58e mobiles toute la campagne de l’Est.
Après la guerre il entra dans l’industrie et devint manufacturier et fabricant de papiers à Docelles, puis à Gérardmer.
Il a publié de nombreux articles de journaux et de revue, de 1867 à 1886, qu’il a signé de pseudonymes divers et dont plusieurs sont restés célèbres. Délégué cantonal, suppléant du juge de paix, il fut élu, le 1er août 1880, conseiller général du canton de Bruyères, et réélu, le 1er août 1886, par 2 980 voix, sans concurrent.
M. Henri Boucher a écrit pour le présent ouvrage [Le Département des Vosges / Léon Louis] l’article Industrie et Commerce.
BOUCHER Henry.- Né à Bruyères le 19 septembre 1847, conseiller général, industriel à Gérardmer. Élu député de l’arrondissement d’Épinal le 22 septembre 1889. A Paris, rue Mazarine, 7. Siège à gauche. [Annuaire 1890, p. 166].
Licencié en droit, suppléant du juge de paix de Bruyères, manufacturier à Gérardmer, conseiller général du canton de Bruyères. [Annuaire 1890, p. 170].
Membre de la commission du cadastre. Député de la 2e circonscription (cantons de Bains, Épinal, Xertigny) de l’arrondissement d’Épinal. [Annuaire 1892, p. 157].
Membre des conseils supérieurs des prisons, de l’agriculture et de la commission consultative des postes et des télégraphes. [Annuaire 1894, p. 151].
1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve
BOUCHER Henry.- Né à Bruyères le 19 septembre 1847.
Ministre du Commerce et de l’industrie.
Député de la deuxième circonscription d’Épinal.
Industriel à Gérardmer.
Membre de la chambre de commerce d’Épinal.
Fils d’un notaire de Bruyères, M. Boucher se fit recevoir licencié en droit par la faculté de Paris, en 1868. Il fit paraître plusieurs articles politiques et d’économie, qu’il signa de plusieurs pseudonymes. En 1869, il fit partie du comité républicain des VIe et VIIe arrondissements de Paris.
Il fit toute la campagne contre l’Allemagne d’abord comme sergent, puis comme lieutenant et enfin comme capitaine au 58e régiment de mobiles. Il fit la campagne des Vosges, de la Loire et de l’Est et fut interné en Suisse.
Rentré à Gérardmer après la signature du traité de paix, il se mit à la tête d’importantes fabriques de papier et de cellulose.
M. Boucher représenta, de 1880 à 1887, au conseil général des Vosges, le canton de Bruyères. Il est membre du conseil municipal de Gérardmer.
Élu pour la première fois député en 1899, avec un programme républicain, par 6 121 voix, il fut réélu en 1893, au premier tour, par 7 793 voix contre 260 données à M. Joseph Boucher, son concurrent politique, conservateur. Il reçut le portefeuille du Commerce et de l’industrie dans le cabinet de mai 1896, présidé par M. Méline.
M. Boucher est membre de la commission du cadastre, des conseils supérieurs de prisons, de l’agriculture et de la commission consultative des postes et télégraphes, du conseil départemental des bâtiments civils et du comité de l’Association vosgienne.
[
Henri JOUVE
, Dictionnaire biographique des Vosges ]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BOUCHER (Hippolyte Paul Henry Théodore), industriel et homme politique
(Bruyères, 19 septembre 1847 - Nancy, 1er février 1927)
A son retour, il prend la tête d’importantes papeteries et de fabriques de cellulose à Docelles, Rambervillers, Gérardmer (Le Kerthoff) et Saint-Amé auxquelles il donne un essor considérable au point de devenir président des Papetiers de France.
Henry Boucher n’abandonne pas la politique pour l’industrie. Dès 1873, il publie sous divers pseudonymes des pamphlets électoraux, se présente avec succès en 1880 comme conseiller général pour le canton de Bruyères, mandat qu’il remplit pendant 30 ans sans interruption.
En 1889, il est élu député sur un programme républicain avec 6121 voix ; il est réélu au premier tour en 1893 et lorsque le Romarimontain Jules Méline est appelé à former le ministère en 1896, il reçoit le portefeuille du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes. En tant que ministre, on lui doit un traité renouvelant le privilège de la Banque de France ; une loi organique sur les sociétés de Secours mutuels permettant leur subventionnement par l’État, ce qui donna à ces dernières un développement spectaculaire ; enfin, une loi sur les accidents du travail.
Par ailleurs, il s’intéresse et prend une part active à la colonisation de la Tunisie et devient président de la Chambre de Commerce d’Épinal jusqu’en 1902 et sénateur des Vosges de 1908 à 1920, date de son retrait de la vie publique.
Bibl. : Jouve.- Dictionnaire biographique des Vosges, 1897.
Martin et Chevrier.- Nos Vosges, p. 329-330.
BOUCHER Henry (Théodore Hippolyte-Paul)
(19 septembre 1847, Bruyères - 1er février 1927, Nancy)
• Conseiller général du canton de Bruyères de 1880 à 1910.
• Député des Vosges de 1889 à 1909.
• Sénateur des Vosges de 1909 à 1920.
• Ministre du Commerce, de l’Industrie des Postes et des Télégraphes de 1896 à 1898.
• Industriel.
• Marié, quatre enfants.
Henry Boucher naît à Bruyères où son père Théodore est notaire. Sa mère, née Adélaïde-Valérie Brocard, appartient à une ancienne famille de Docelles qui possédait depuis des générations, une fabrique de papier sur la Vologne, dite Papeterie du Grand-Meix et dont la fondation remonte aux environs de l’an 1470. À la mort de son beau-père, Théodore Boucher abandonne son activité notariale et se consacre entièrement à la direction de sa nouvelle usine. Son fils, Henry, après de fortes études à Épinal, au lycée de Nancy et au collège Sainte-Barbe à Paris, passe avec succès sa licence de droit et travaille dans des cabinets d’avoués. Il s’intéresse de bonne heure à la politique et au journalisme.
Apparenté à la famille Liouville, il connaît personnellement, dès sa jeunesse, l’élite de l’opposition républicaine : Ferry, Méline, Gambetta, Waldeck-Rousseau... En 1869, il est même le collaborateur de Jules Ferry. La guerre de 1870 l’amène à s’engager dans la Garde mobile des Vosges et, comme capitaine, participe sur la Loire aux combats de Beaune-la-Rolande et de Ladon. Après la bataille de Villersexel (Haute-Saône), il est interné en Suisse avec l’armée de Bourbaki. À Zurich, il est désigné comme défenseur des officiers français mêlés à l’incident de la Tonhalle. Rentré en France, il s’occupe de l’industrie de ses ancêtres à Docelles, comme associé de son père, puis en 1878, de son frère Louis.
À cette époque, il est élu conseiller municipal de sa nouvelle cité. Henry Boucher fait apparaître à l’occasion des élections sénatoriales un pamphlet en patois sous le pseudonyme du Petit Toinon, qui lui reste pendant de nombreuses années. En 1880, il devient conseiller général pour le canton de Bruyères et exerce ce mandat trente années sans interruption. Il est un certain temps vice-président de l’assemblée départementale vosgienne.
À cette même période, l’industrie du papier marque une grande révolution avec l’usage de la pâte de bois. Pour alimenter l’usine de Docelles, Henry Boucher crée une fabrique de pâtes de bois en 1881 dans la vallée du Kertoff, près de Gérardmer, où se trouve une chute d’eau, et où le bois à papier abondant, est surtout réservé au chauffage. Ayant cédé en 1886, sa part du Grand Meix à son frère, il achète ensuite l’usine de Saint-Amé afin d’y installer la fabrication de la pâte demi-chimique et du carton brun.
En 1899, il reprend la papeterie de Badlieu à Rambervillers, issue d’un très ancien moulin à papier et constitue en 1910, la Société Henry Boucher Fils et Cie avec ses fils André et Paul. À cet effet, ses pairs l’élisent président d’honneur de tous les papetiers français. En 1889, il est sollicité par ses amis bruyérois pour se présenter à la députation. Il défait le baron de Ravinel. Réélu sans concurrent en 1893, il prend une situation remarquable à la Chambre. Trois ans plus tard, il est appelé à faire partie du gouvernement comme ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, avec son éminent compatriote Jules Méline, président du Conseil. Un poste qu’il occupe de très long mois car le gouvernement de Jules Méline constitue un des plus longs ministères sous la Troisième république. Les actions du ministre Boucher sont multiples et il a le grand honneur de poser la première pierre du Pont Alexandre III à Paris, en compagnie du tsar Nicolas II de Russie. À la fin de son ministère, il n’abandonne pas la politique, et se consacre à ses mandats départementaux. Il est même élu président de la chambre de commerce d’Épinal.
L’année 1895 le voit s’intéresser au développement de la Tunisie et mettre en valeur une région désertique depuis fort longtemps. Son fils aîné Jean se fixe sur place en 1901 et devient l’animateur de l’œuvre paternelle. La compétence d’Henry Boucher en matières tunisiennes en fait le véritable représentant de ce protectorat au Parlement ; en reconnaissance, il reçoit le grand cordon du Nicham-Iftikhar et les municipalités de Sousse et de Sfax donnent son nom à deux rues de leurs cités.
Réélu député en 1898, il est confirmé à son poste le mandat suivant, face au concurrent radical, le docteur Pierre Lardier de Bruyères. Henry Boucher se détache alors nettement de la politique jacobine instauré dans la pays par le ministère Combes. Aprement combattu, il est réélu en 1906. Trois ans après, il passe avec Jules Méline et le comte d’Alsace, prince d’Hénin, à la Haute-Assemblée, où il demeure jusqu’en 1920.
Toute sa vie, comme il le répétait souvent, a été consacrée à établir en France une République aimable, patriote et non sectaire. L’élu vosgien combattra farouchement les lois de 1901 et la séparation de l’Église et de l’État qui constitue à ses yeux, un ferment de discorde nationale. Quand la Grande Guerre éclate, il remplace ses fils mobilisés et cherche par tous les moyens à se rendre utile tant au Sénat que sur le front, en contact avec les poilus qu’il visite jusqu’à la ligne de feu. Au cours de cette sanglante guerre, il est atteint comme tant d’autres : son plus jeune fils, François, savant déjà connu, sortant de l’École des Chartes, attaché à la Bibliothèque nationale, meurt glorieusement pour la France, au combat de Steinbach en Alsace, le 2 janvier 1915. Henry Boucher se retire de la vie publique en 1920 à Nancy et consacre quelques années aux siens.
En septembre 1926, il a le rare privilège de fêter ses cinquante années de mariage auprès de la compagne qu’il s’est choisi, Marthe Béguin, originaire de Suisse. Mais sans aucune maladie préalable, il décède le 1er février 1927, dans son hôtel nancéien de la rue des Jardiniers. Ses obsèques sont célébrées le surlendemain en l’église Saint-Georges, sa paroisse. De Nancy, son corps est transporté à Gérardmer où l’inhumation a lieu. Sur le parcours de la Meurthe-et-Moselle au Vosges, le fourgon funèbre s’arrête au seuil des papeteries de Rambervillers et du Kertoff, et, à chacune de ces stations, les ouvriers avertis par la cloche ou la sirène, viennent s’incliner devant la dépouille mortelle de leur ancien patron. Une seconde cérémonie a lieu en l’église géromoise où une chapelle ardente est installée pour le recevoir. Sur un coussin devant le catafalque, sont placées ses différentes décorations.
Titulaire de la médaille de 1870-71, de la Légion d’honneur, Henry Boucher était grand cordon de l’ordre de Léopold de Belgique, chevalier grand-croix de l’ordre de l’Aigle blanc de Russie et de Pologne, grand cordon de l’étoile noire du Bénin, commandeur des ordres Saint-Maurice et Lazare d’Italie. Selon ses dernières volontés, aucun discours n’est prononcé au cimetière. Il repose auprès de son fils François. Quant à ses autres fils... Jean, l’aîné, géra en Tunisie une vaste exploitation d’oliveraie, André à Rambervillers et Paul à Gérardmer, continuèrent dans l’industrie du papier les hautes traditions familiales.
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