Biographie vosgienne

Gustave MUEL
 
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Annuaire administratif et statistique des Vosges 1842 / Charles Charton

MUEL Gustave.- M. Gustave Muel, maître de forges à Sionne, qui siégeait au conseil général du département des Vosges depuis 1836, a été enlevé à ses parents et à ses amis, par une courte maladie, dans le courant du mois de juin 1841, à peine âgé de 30 ans : il était né le 24 décembre 1810. Propriétaire des forges de Sionne, il a su, en industriel ingénieux, éclairé, leur créer de nouveaux moyens de prospérité ; il y a introduit le système des machines à vapeur ; il les a mises en état, non seulement d'améliorer et de perfectionner leurs produits, mais encore d'en varier les espèces et les formes, et il ne se serait sans doute point borné à ces innovations si importantes, si la mort ne l'eût arrêté pour ainsi dire au commencement de sa carrière.

M. Muel, chargé à plusieurs reprises des fonctions de maire de Sionne, les a remplies avec zèle et à l'avantage de la commune dont les intérêts lui étaient confiés. Il s'est surtout appliqué à lui procurer de bons chemins vicinaux, et il est a regretter que les obstacles qu'il a rencontrés et qu'il aurait peut-être aplanis plus tard, ne lui aient pas permis de faire sous ce rapport tout le bien qu'il projetait.

Mais c'est au sein du conseil général qu'il a manifesté toute l'activité dont la nature l'avait doté, et nous ne pouvons mieux terminer cette notice qu'en reproduisant le passage suivant du rapport présenté par M. le Préfet à ce conseil dans sa session de 1841, rapport où ce magistrat a payé un juste tribut de regrets à la mémoire de M. Muel : Vous avez fait, ou plutôt nous avons fait une grande perte, et cette année comme l'autre, c'est sur la tombe d'un jeune homme, d'un digne jeune homme que nous avons à pleurer.

Ainsi que M. de Marmier, M. Gustave Muel touchait encore à la jeunesse, et chez lui aussi la raison, le droit sens se montraient dans tout leur éclat.

Que de choses j'aurais à raconter, Messieurs, si je devais rappeler ici et la droiture de coeur, et le courage, et la persévérance et les travaux intelligents de M. Gustave Muel.

Mais dans cette enceinte, il convient davantage que je rappelle avec quel zèle il pénétrait dans toutes ces affaires administratives où, pour le bien à répandre, son entraînement chaleureux trouvait toujours les formes trop lentes, avec quelle bonne volonté il donnait lui-même l'exemple des sacrifices, avec quelle courtoisie naturelle et quelle bonté d'âme, jusques dans les discussions les plus vives, il reprenait l'administration et lui remontrait ou ses erreurs, ou ses oublis.

Vous étiez accoutumés à voir en lui, Messieurs, un homme de haute industrie, un digne collaborateur, un ami à toute épreuve ; vous direz donc avec moi qu'il est à jamais regrettable, et vous approuverez que j'aie un moment retardé l'accomplissement d'un autre devoir pour payer à votre jeune collègue une dette de coeur, pour constater hautement que M. Muel laisse à son estimable successeur un bel exemple à suivre, qu'il nous laisse à tous le souvenir profond, qui ne manque jamais à la mémoire d'un homme d'honneur et d'un bon citoyen.