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Exposition virtuelle n° 2

Maurice
Pottecher

Un théâtre ouvert sur la forêt

À Bussang, loin des scènes parisiennes, il imagine en 1895 un théâtre où artistes, ouvriers et habitants font œuvre commune. Le bâtiment de bois ouvre littéralement son fond de scène sur la montagne.

1867
naissance à Bussang
1895
Théâtre du Peuple
1960
une utopie transmise
Par l’Artpour l’Humanité

Suivez les tableaux dans l’ordre ou choisissez librement une étape du parcours.

Un geste de théâtre

Ouvrir les portes sur la forêt

À Bussang, le décor le plus spectaculaire n’est pas peint : il pousse derrière la scène.

Deux grandes portes ménagées au fond du bâtiment découvrent la montagne vosgienne. Ce dispositif, mis en place à la fin des années 1890, abolit un instant la séparation entre la représentation et le monde. Le paysage n’illustre pas la pièce : il entre dans le théâtre.

Voir la notice patrimoniale du ministère de la Culture

1867—1892

Partir à Paris, choisir de revenir

L’aventure commence par un renversement : le jeune homme de lettres déplace le centre du monde.

Né à Bussang le 19 octobre 1867, Maurice Pottecher se tourne d’abord vers le milieu littéraire et artistique parisien. Une première expérience théâtrale menée dans son village en 1892 lui révèle une autre voie. Il ne s’agit plus d’attendre la reconnaissance de la capitale, mais de créer là où il est né une forme nouvelle, destinée à ceux qui vivent autour de lui.

Maurice et Camille

Une utopie se conjugue à deux

Derrière le nom du fondateur, il faut restituer l’énergie du couple.

Camille de Saint-Maurice, connue à la scène sous le nom de Georgette Camée, est une actrice formée au Conservatoire de Paris. Elle accompagne Maurice à Bussang, forme les interprètes, organise les répétitions, participe aux costumes et à l’intendance. Le Théâtre du Peuple naît de cette alliance entre écriture, jeu, transmission et organisation concrète.

Septembre 1895

Le premier été du Théâtre du Peuple

Dans un pré de Bussang, une représentation devient un acte fondateur.

Le Diable marchand de goutte, pièce de Maurice Pottecher ancrée dans le territoire, réunit gens du village et artistes. Le succès attire environ deux mille spectateurs dès cette première aventure. Le théâtre n’est pas pensé comme une animation locale, mais comme une œuvre exigeante offerte au plus grand nombre.

Lire l’histoire racontée par le Théâtre du Peuple

1896

Cinq mots au fronton

La devise résume moins un programme qu’une responsabilité.

« Par l’Art, pour l’Humanité »

Devise du Théâtre du Peuple.

L’art n’est pas simplifié pour devenir populaire. Il est mis en partage. Pottecher veut que l’expérience esthétique élève, relie et transforme ceux qui la font autant que ceux qui la regardent.

Une « ruche » d’été

Le peuple n’est pas assis dans la salle

Habitants, ouvriers, amateurs et professionnels deviennent les artisans d’une même représentation.

On joue, mais on construit aussi les décors, on coud, on répète, on accueille et l’on organise. Le projet associe dès l’origine les compétences du village à celles des artistes. Cette circulation entre amateurs et professionnels demeure l’une des singularités les plus fécondes de Bussang.

  1. ÉcrireUne œuvre liée au monde vécu.
  2. FabriquerDécors, costumes et hospitalité.
  3. PartagerLe plateau et l’émotion du public.

1895—1976

Un bâtiment qui apprend à durer

Le monument n’a pas été figé d’un seul geste : il porte les adaptations et les blessures du siècle.

La scène couverte en bois de 1895 reçoit ses portes roulantes ouvrant sur la montagne en 1898-1899. L’ensemble est modifié après les dommages de la Première Guerre mondiale, agrandi en 1938, puis restauré après 1945. Sa protection au titre des monuments historiques consacre en 1976 un lieu toujours vivant.

Consulter l’historique architectural dans la base POP

  1. 1895Première scène couverte
  2. 1899Ouverture sur la montagne
  3. 1976Protection patrimoniale

1960 — aujourd’hui

L’utopie change de mains sans changer de question

Comment faire vivre un théâtre d’art, populaire et enraciné, sans le transformer en musée de lui-même ?

Après la mort de Maurice Pottecher, sa famille, des artistes, des bénévoles et des équipes professionnelles poursuivent l’aventure. Les formes évoluent, le répertoire s’ouvre, mais le lieu continue d’interroger la relation entre création, territoire, nature et public.

Sources et précisions documentaires

Principe. L’exposition distingue le geste fondateur de 1895, l’évolution matérielle du bâtiment et la continuité artistique du projet. Elle restitue également le rôle essentiel de Camille de Saint-Maurice dans l’entreprise commune.