1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
FOUCAULT (Alphonse Gabriel), évêque de Saint-Dié de 1893 à 1930
Senonches (28), 24 mars 1843 - Saint-Dié, 26 mai 1930

Né au sein d’une famille modeste, il a un oncle curé. Il a fait ses études d’abord à l’école de Senonches puis au séminaire de Chartres.
Élève à l’école des Carmes à Paris, il prépare sa licence ès lettres à la faculté de Rouen puis se fait recevoir docteur en théologie avec une thèse sur Yves de Chartres. D’abord professeur au petit séminaire dès 1864, puis à l’Institution Notre-Dame de Chartres, il est envoyé comme clerc à Saint-Louis-des-Français à Rome avant d’être nommé curé de Nogent-le-Rotrou en août 1885. D’abord pressenti pour l’évêché de Laval en 1889, il est finalement nommé à Saint-Dié, avec l’accord de Jules Ferry, et sacré à Chartres le 20 mars 1893.
Son entrée solennelle a lieu le 6 avril. Son plus actif collaborateur, de 1900 à 1929, est l’abbé Thomassin, vicaire général ou curé de la cathédrale.
Deux événements historiques marquent son épiscopat : l’application de la loi de la séparation de l’Église et de l’État qui le prive de son palais, de ses séminaires et des biens des fondations pieuses et la guerre de 1914-1918 durant laquelle il reste à Saint-Dié, visitant les communes sinistrées ou exposées au feu. Très attentif aux besoins matériels et spirituels du clergé vosgien, il reconstitue la caisse diocésaine, encourage la fondation de la mutuelle ecclésiastique vosgienne, crée une Ligue de défense sacerdotale en 1904 pour répliquer à la presse anticatholique ; en 1919, il institue une Ligue des Prêtres Anciens Combattants.
Après la confiscation des séminaires, il fait réinstaller les élèves du grand séminaire à Saint-Joseph d’Épinal jusqu’en 1908, puis à Sainte-Marie de Saint-Dié en attendant la construction entreprise en 1913 d’un bâtiment à Saint-Dié, tandis que les séminaristes d’Autrey partent à Luxeuil et ceux de Châtel à Rambervillers. En 1907, il crée un Bureau des Oeuvres confié à Henri Barotte, qui stimule les multiples associations de jeunes, de femmes (dont la Ligue des Femmes Françaises), d’hommes rassemblés dans la Fédération des Catholiques Vosgiens.
Favorable au mouvement
Le Sillon, qui organise des meetings dès 1903, il interdit à ses prêtres de participer au congrès d’Épinal en 1908 à cause de leur velléité d’indépendance vis-à-vis de la hiérarchie ecclésiastique. Le mouvement est condamné globalement par le pape Pie X en 1910. Il soutient toutes les initiatives des prêtres désireux de créer des journaux et bulletins :
La Croix de Lorraine, le
Réveil catholique devenu le
Peuple vosgien puis
Réveil vosgien,
Le Foyer vosgien,
Le Télégramme. En 1922, il organise un synode pour fixer la discipline spirituelle et les usages à suivre et en publie les statuts synodaux en 1923. Mgr Foucault réalise aussi la promesse faite par Mgr Caverot : redonner au diocèse des saints lorrains à vénérer. En 1901, après accord de Rome, il publie un
Propre des offices des Saints, riche de 23 noms.
Il lui revient d’achever la basilique du Bois Chenu à Domrémy, consacrée en 1926 par Mgr Curien, après avoir célébré en 1909 la béatification et en 1920 la canonisation de Jeanne d’Arc.
Orateur, poète et musicien, Alphonse Gabriel Foucault fait l’admiration des fidèles lors de ses panégyriques, compose un hymne à Jeanne d’Arc apprécié en France, dispute avec les Bénédictins sur l’exécution des chants grégoriens.
Il a rédigé une petite
Vie de M. Moyë peu de temps avant sa disparition.
Chevalier de la Légion d’honneur au titre de la guerre 1914-1918 le 27 juillet 1919, il est fait officier en août 1929.
Les papes l’ont également distingué : comte romain, assistant du trône pontifical en 1912, enfin remise du
Sacré Pallium en 1918.
Bibl. : Lévêque (L.).-
Petite histoire religieuse des Vosges, Mattaincourt, 1949, p. 121-138.
[Albert Ronsin].