Émile Eustache GEORGE

[ Ville-sur-Illon (88) , 03/10/ 1830 – Paris (75) , 12/04/ 1903 ]

avocat

Député des Vosges (1871-1876), sénateur des Vosges (1876-1891). Officier de la Légion d’Honneur (1898).

Biographie vosgienne

1886 — Annuaire des Vosges / Léon Louis

GEORGE Émile.- Né à Ville-sur-Illon, le 30 octobre 1830, ex-avocat à Épinal, conseiller général, membre des Conseils supérieurs des voies de communication et de la statistique, de la Commission d’éducation militaire au ministère de l’instruction publique, conseiller maître à la Cour des comptes, membre du Conseil consultatif des chemins de fer, ancien préfet des Vosges sous le Gouvernement de la Défense nationale, ancien député, ancien conseiller municipal d’Épinal ; élu sénateur par 395 voix [le 8 janvier 1882, pour 9 ans].

M. George est inscrit à la gauche républicaine.

A Paris, rue de Rennes 99.

[Annuaire 1886, p. 180].

A Paris, cité Vanneau, 12.

[Annuaire 1890, p. 165].

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

GEORGE (Eustache Émile).- Né à Ville-sur-Illon le 3 octobre 1830, il devint avocat à Épinal et prit place dans le jeune parti républicain. Préfet des Vosges, le 6 septembre 1870, nommé par le gouvernement de la Défense nationale, il organisa la résistance à l’invasion dans le département, avec le concours d’officiers résolus : les colonels Bourras, Varaigne et Perrin, et se retira le jour de l’occupation d’Épinal par les Prussiens.

Le 8 février 1871, il était élu député des Vosges à l’Assemblée nationale, le septième sur 8, par 21 984 suffrages, et le 8 octobre 1871 conseiller général du canton d’Épinal, qui l’a réélu sans interruption en 1877 et en 1883. A l’Assemblée, il vota contre la paix, lut à la tribune l’éloquente protestation des députés de Lorraine et d’Alsace contre la mutilation de leur pays et donna sa démission ; il la reprit sur les vives instances de ses collègues et siégea à gauche jusqu’en décembre 1875. Élu sénateur des Vosges le 30 janvier 1876, le troisième sur 3, par 304 voix contre 281 à Grandjean, il fut nommé le 17 septembre 1880, conseiller-maître à la Cour dés Comptes.

Le 8 janvier 1882, il a été réélu sénateur des Vosges, le deuxième sur 3, par 395 voix. Il a pris une grande part à l’œuvre de l’enseignement de la jeunesse et aux travaux de la commission supérieure des chemins de fer.

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

GEORGE Eustache Émile.- Né à Ville-sur-Illon le 3 octobre 1830.

Ancien sénateur, ancien conseiller général du canton d’Épinal.

Président de chambre à la Cour des comptes.

Chevalier de la Légion d’honneur (14 Juillet 1891).

M. George fit de fortes études au collège d’Épinal et vint à Paris après les événements de 1848. Il suivit les cours de la faculté de droit, se fit recevoir licencié et revint à Épinal où il se fit inscrire au barreau de l’ordre des avocats près le tribunal de cette ville. Il y resta jusqu’au 6 septembre 1870, époque à laquelle il fut choisi, à cause de ses opinions républicaines, comme préfet de son département. Pendant l’invasion allemande, il fit preuve d’une grande énergie et défendit courageusement les intérêts de ses administrés malgré l’opposition que lui fit M. Bitter, administrateur allemand qui remplit les fonctions de préfet de ce même département du 12 octobre 1870 jusqu’au 24 avril 1871.

Le 28 février 1871, au renouvellement général des Chambres, M. George, candidat à l’Assemblée nationale législative, fut élu avec une forte majorité pour représenter son département à cette assemblée. 11 se rendit à Bordeaux où le Parlement était transféré momentanément ; il vota avec la gauche pour la continuation de la guerre et contré les préliminaires du traité de paix et donna sa démission à l’issue de la séance qui approuvait ce traité, mais il la retira quelques jours après.

A la formation du Sénat, institué par la loi du 25 février 1875, M. George se présenta dans les Vosges comme candidat républicain et fut élu le 30 janvier 1876 par 304 voix sur 688 votants. Réélu au renouvellement triennal du 8 janvier 1882, il réunit sur sa candidature 395 voix sur 605 votants. Par suite de l’incompatibilité parlementaire, votée en 1884, il ne put se représenter au renouvellement triennal suivant, ayant été nommé le 18 septembre 1880, conseiller maître à la Cour des comptes, puis devint président de chambre à cette cour.

M. George est membre de l’Association vosgienne de Paris.


1904 — Annuaire des Vosges 1904 / J. François

GEORGE (Émile) 1830-1903.- Né à Ville-sur-Illon le 3 octobre 1830, M. George devint avocat à Épinal et prit place dans le jeune parti républicain. Préfet des Vosges le 6 septembre 1870, nommé par le Gouvernement de la Défense nationale, il organisa la résistance à l’invasion dans le département avec le concours d’officiers résolus : les colonels Bourras, Varaigne et Perrin, et se retira le jour de l’occupation d’Épinal par les Prussiens. Le 8 février 1871, il était élu député des Vosges à l’Assemblée nationale par 21 984 suffrages, et, le 8 octobre 1871, conseiller général du canton d’Épinal, qui l’a réélu sans interruption en 1877 et en 1883.

A l’Assemblée, il vota contre la paix, lut à la tribune l’éloquente protestation des députés de Lorraine et d’Alsace contre la mutilation de leur pays et donna sa démission ; il la reprit sur les vives instances de ses collègues et siégea à gauche jusqu’en décembre 1875.

Élu sénateur des Vosges le 30 janvier 1876, il fut nommé, le 17 septembre 1880, conseiller-maître à la Cour des comptes, où il était appelé plus tard à la présidence d’une chambre.

M. George a […] part à l’œuvre de l’enseignement de la Jeunesse et au […] de la commission supérieure des chemins de fer.

Dans un discours prononcé le 13 mai 1903, à la réunion de l’Association vosgienne de Paris, M. Méline, sénateur des Vosges, rappelle la mémoire de M. George, son ami personnel et fidèle, dans les termes suivants :

C’était une belle intelligence et un noble caractère ; la loyauté, la franchise, la résolution brillèrent en lui. Il était avant tout patriote, patriote ardent, et c’est le patriotisme qui avait fait de lui un homme politique.

Mais ce qui apparut tout de suite à côté de l’homme politique, et ce qui finit par lui donner son orientation définitive, ce fut le travailleur infatigable, l’homme à’affaires consommé, étudiant et creusant les problèmes les plus ardus, qui, dans le silence des commissions, apportait les connaissances les plus étendues et faisait une besogne énorme. Il a été ainsi un des bons ouvriers de l’Assemblée nationale. Aussi, quand la République fut fondée et qu’il put reprendre sa liberté, il alla où sa tournure d’esprit l’appelait et où il sentait qu’il ferait le meilleur emploi de son activité et de son intelligence. Il entra à la Cour des comptes dont il devint bientôt une des lumières et où l’opinion unanime de ses collègues ne tarda pas à le désigner pour une présidence de section. Il laissera dans les rangs de cette grande compagnie une trace profonde et le souvenir d’un des hommes qui l’ont le plus honorée.

Ce qu’on ne sait pas c’est que sa puissance de travail, son dévouement à l’intérêt général étaient tels qu’à côté de l’énorme labeur que lui imposait sa fonction, il trouvait encore le moyen de consacrer le peu de temps qui lui restait, avec le plus noble désintéressement, aux questions dont il s’était occupé toute sa vie ; c’est ainsi que pour tout ce qui touchait au régime forestier et à celui des eaux, aux améliorations pastorales, il donnait son concours le plus dévoué au ministère de l’agriculture.

Ses innombrables rapports constituent une suite vraiment admirables. Tous attestent une conscience, un esprit de justice, une sincérité de conviction, une science juridique, une unité de vues qui se rencontrent rarement à un pareil degré.

Dans son œuvre immense, deux faits dominent : la part exceptionnellement active qu’il a prise à la réforme générale des tarifs, de 1884 à 1891 ; la mission dont il s’est acquittée avec tant de bonheur à Berne pour les discussions relatives à la convention sur les transports internationaux.

Cette dernière mission était particulièrement délicate. Deux tendances très nettement différentes allaient être en présence : la tendance française et la tendance allemande. Tout en sachant se résoudre aux concessions légitimes, il fallait ne pas sacrifier les principes de notre droit, et pour cela, grouper habilement des alliances. La diplomatie, la droiture et la ténacité de M. George réussirent au-delà de toute espérance.

George n’était pas seulement le meilleur des Français, il était le meilleur des Vosgiens. Il tenait à notre département comme l’enfant à sa mère. Depuis qu’il n’habitait plus Épinal, il y revenait sans cesse, et dans les dernières années de sa vie, il avait voulu y prendre complètement racine en s’installant à Gérardmer.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

GEORGE (Eustache Émile), avocat, député puis sénateur

Ville-sur-Illon, 3 octobre 1830 - avril 1903


Après ses études au collège d’Épinal, puis à la faculté de droit de Paris, il s’inscrit comme avocat au barreau d’Épinal. Bien connu pour ses opinions républicaines, Eustache George est nommé préfet des Vosges par le gouvernement de la Défense Nationale le 6 septembre 1870 et il organise la résistance à l’invasion avec quelques officiers décidés. Il quitte Épinal le jour de l’occupation allemande.

Le 8 février 1871, il est élu représentant à l’Assemblée Nationale. Il vote à Bordeaux contre la paix, lit à l’Assemblée la protestation des députés lorrains et alsaciens contre l’annexion à l’Allemagne et donne sa démission le 11 mars. Il la reprend, sur l’insistance de ses collègues et du président, et siège à gauche jusqu’en décembre 1875, s’opposant à la démission de Thiers le 24 mai 1873 et votant les lois constitutionnelles.

Le 30 janvier 1876, il est élu sénateur des Vosges et renouvelé le 8 janvier 1882 et en 1885 ; il soutient les ministères républicains sur les problèmes scolaires et coloniaux. Il est battu au renouvellement de 1891.

Le 17 septembre 1880, il est nommé conseiller maître à la Cour des Comptes dont il devient président de chambre.

Du 8 octobre 1871 à 1889, il est en outre conseiller général du canton d’Épinal.


Bibl. : Robert.- Dictionnaire des parlementaires français 1789-1889, tome III, p. 156.
Jolly.- Dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome V, p. 1816.
Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 422-423.
Jouve (H.).- Dictionnaire biographique des Vosges.


[ Albert Ronsin ]

Nouvelle recherche