Ernest DAUDET

[ Nîmes (30) , 31/05/ 1837 – Sassetot-le-Mauconduit (76) , 20/08/ 1921 ]

Auteur vosgien Passage vosgien

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Dans la famille Daudet, on connaît surtout Alphonse (Nîmes, 1840 - Paris, 1897), l’auteur mythique des Lettres de mon moulin (1866), du Petit Chose (1868) et de Tartarin de Tarascon (1872). On oublie l’épouse, Julia Daudet, née Allard (Paris, 1844 - Chargé, 1940), auteur d’Impressions de nature et d’art (1879), L’Enfance d’une Parisienne (1883), collaboratrice de son mari, et chroniqueuse au Musée universel et à L’Evénement sous les pseudonymes de Madeleine et de Rose-Lise.

On connait leur second fils Léon (Paris, 1867 - Saint-Rémy-de-Provence, 1942), romancier, académicien Goncourt, nationaliste, monarchiste, député, fondateur avec Charles Maurras du journal L’Action française (1907).

On oublie le fils aîné d’Alphonse, Lucien Daudet (1883-1946), romancier et biographe de l’impératrice Eugénie et de Marcel Proust (dont il avait été l’ami intime).
1837
Et - parmi les seize frères et sœurs d’Alphonse dont treize moururent jeunes -, on oublie également un frère plus âgé, Ernest Daudet, né à Nîmes (Gard), le 31 mai 1837.

Historien et biographe, journaliste et romancier, Ernest Daudet l’accueillit à Paris, dans sa mansarde, au-dessus de l’appartement d’un avocat encore inconnu : Léon Gambetta.
1873
Directeur du Journal officiel en 1873 (il y fait entrer Alphonse en 1874 comme rédacteur de la revue dramatique - et sa femme Julia sous le pseudo de Karl Stern) et du Petit moniteur, il publia un récit autobiographique, Mon frère et moi (1883), et un grand nombre de biographies (le maréchal de Mac-Mahon, le duc de Broglie, le duc d’Aumale, le comte de Paris, Jules Simon…). On lui doit également de nombreux romans (Thérèse, 1859, Fleur de péché, 1872, ...), des études politiques et historiques, ainsi qu’une Histoire de l’émigration (1904-1907).
1902
Fils d’émigré (1902, plusieurs fois réédité) est un roman d’aventures dont les 400 pages se lisent avec plaisir. Pendant quatre années mouvementées et tragiques (juin 1792 - avril 1796), le destin du jeune Bernard de Malincourt emprunte les sentiers et les avenues de la grande Histoire révolutionnaire, croisant par exemple Fouquier-Tinville ou Bonaparte, raconté par un auteur tout entier acquis à la cause de l’aristocratie.

Au château de Saint-Baslemont (près Darney, dans les Vosges), le jeune Bernard, treize ans à peine, voit ses parents, prévenus d’émigration, arrêtés par un vil "patriote", un certain Joseph Moulette, "membre de la municipalité d’Épinal, délégué par l’accusateur public, président du Club des Jacobins de cette ville". Le comte et la comtesse mourront plus tard sous la guillotine. Mis à l’abri par un fidèle serviteur du nom de Valleroy, Bernard se retrouve à Coblentz, au milieu d’une foule d’émigrés français. Son odyssée passera également par Bruxelles et Paris, avant de revenir à Saint-Baslemont et de partir vers l’Italie dans les pas de Bonaparte. Six ou sept chapitres (sur vingt-cinq) ont pour cadre le château vosgien.

Ernest Daudet à Contrexéville.

Bien que soucieux de véracité historique (on suit assez précisément les affres de ce temps, on tremble pour la Reine prisonnière au Temple, on a les échos des allées du pouvoir et ceux de la guerre de Dumouriez, on vit bien le climat de la Terreur ...), Ernest Daudet joue à plusieurs reprises de la veine mélodramatique et de ses hasards souvent malencontreux : celui qui fait arriver Bernard à Paris le jour même de l’exécution de ses parents, ou celui des retrouvailles du grand frère (passé chez les Autrichiens) sur la route de Turin au moment de sa mort au combat, etc...

De rebonds en rebondissements, cette course à travers l’Europe fera de l’enfant Bernard un homme déjà mûr à dix-sept ans, un "petit gentilhomme, mêlé aux bataillons de la République", qui va "suivre le drapeau tricolore dans ses pérégrinations glorieuses à travers l’Italie"...
1910
Ernest Daudet est venu en cure à Contrexéville (il y a sa rue)... Il séjournait sans doute à l’Hôtel de la Providence, dont les propriétaires étaient à cette époque Mme Denouh et son fils, M. Chevet. Cette photographie datée du 2 septembre 1910 nous a été confiée par Agnès Le Goff, petite-fille de M. Chevet.
1921
Il meurt le 20 août à Sassetot-le-Mauconduit (Seine-Maritime), dans sa maison La Renardière, aux Petites-Dalles.

Le texte de Fils d’émigré se trouve en ligne sur Gallica, site de la Bibliothèque nationale de France.

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