Jean Antoine VILLEMIN

[ Prey (88) , 25/01/ 1827 – Paris (75) , 00/10/ 1892 ]

médecin

Membre de l’Académie de médecine.

Biographie vosgienne

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

VILLEMIN (Jean-Antoine).- Le docteur Villemin est une des plus hautes et des plus savantes personnalités de la médecine militaire et est non moins apprécié par ses confrères de la médecine civile. Né à Prey, petit village du canton de Bruyères, le 25 janvier 1827, il fit ses études au collège de Bruyères, puis partit soldat le 19 juillet 1848 et devint caporal le 17 novembre 1849.

Mais, à l’aide d’un travail opiniâtre, il parvint à achever ses études au régiment, se fit recevoir élève de l’école de médecine militaire à Strasbourg, puis docteur en médecine aide-major stagiaire, le 4 novembre 1853, et le 1er janvier 1855, il sortait le second de sa promotion, de l’École de Strasbourg et était nommé médecin aide-major de 2e classe au 11e régiment d’artillerie-monté. Aide-major de 1ère classe le 30 décembre 1858, il était placé successivement au 5e, puis au 7e d’artillerie. Il devint ensuite répétiteur à l’École de Strasbourg.

Médecin-major de 2e classe, le 16 mars 1862, il fut appelé peu après comme professeur agrégé à l’École d’application de médecine et de pharmacie militaires au Val-de-Grâce, à Paris, et il y occupa la chaire de clinique médicale, puis celle d’hygiène et de médecine légale. Médecin-major de 1ère classe, le 13 mars 1867, il reçut la croix de la Légion d’honneur, le 24 décembre 1869. Pendant la guerre, le docteur Villemin fit preuve du plus grand dévouement dans le grand hôpital du Val-de-Grâce, encombré de blessés, et le 8 février 1871, il était promu médecin-principal de 2e classe.

Sa réputation de science était des mieux établies, de nombreux travaux, notamment sur la tuberculose, l’avaient signalé à l’attention des savants et il fut élu membre de l’Académie de médecine. Médecin-principal de 1ère classe, le 23 juin 1876, le docteur Villemin continua à professer au Val-de-Grâce, puis devint sous-directeur de l’École. Officier de la Légion d’honneur, le 18 janvier 1881, il a été nommé médecin-inspecteur de l’armée, le 19 mai 1885. C’est le sommet de la carrière médicale dans l’armée, puisque ce grade est assimilé à celui de général. Mais peu après, le docteur Villemin dut, à cause de l’état de ses yeux, se faire admettre par anticipation dans le cadre de réserve. Il consacre tout son temps à ses travaux scientifiques et aux séances de l’Académie de médecine, où il se montre très assidu.

A la session d’août 1888, le Conseil général des Vosges a voulu donner un témoignage particulier d’estime et de sympathie à l’un des hommes qui honorent le plus le département, en souscrivant pour la création de l’institut contre la tuberculose fondé par M. Pasteur et M. le docteur Villemin.

Il a un fils, médecin aussi, qui aspire à marcher sur ses traces dans la carrière civile.

Le docteur Villemin est officier de la Légion d’honneur et de l’instruction publique. Il a été à plusieurs reprises lauréat de l’Institut et de la Faculté de médecine.

Ses principaux travaux sont :
- Traité d’histologie humaine, publié en 1861 ;
- Cause et nature de la tuberculose, en 1865 ;
- Recherches sur la vésicule pulmonaire et l’emphysème, en 1866 ;
- Études sur la tuberculose, en 1868 ;
- De la propagation de la phtisie, en 1869 ;
- Cause et nature du scorbut, en 1874 ;
- Scrofulisme et tuberculose, en 1881, etc.

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

VILLEMIN Jean Antoine.- Né à Prey le 25 janvier 1827.

Médecin inspecteur des armées, en retraite.

Membre et lauréat de l’Académie de médecine.

Lauréat de l’Institut.

Officier de la Légion d’honneur et de l’Instruction publique.

Ancien élève du collège de Bruyères, M. Villemin fut appelé par la conscription de 1848 à faire son service militaire. Incorporé dans un régiment d’artillerie, le 19 juillet suivant, il y fut nommé caporal le 17 novembre 1849. Poussé vers la médecine par une vocation irrésistible, il poursuivit ses études dans cet art et, après quatre années d’un travail assidu, il se fit admettre à l’école de médecine militaire de Strasbourg en 1852 ; il présenta et soutint pour l’obtention du diplôme de docteur le 22 août 1853, devant la faculté de médecine de cette ville, la thèse suivante : Des collections purulentes du rein.

Nommé aide-major stagiaire à la même école le 4 novembre suivant, il fut classé le deuxième aux examens de fin d’année, en 1854. M. Villemin devint aide-major de 2e classe au 11e d’artillerie le 1er janvier 1855 ; il fut élevé à la 1re classe le 30 décembre suivant ; il passa successivement au 58e de ligne, puis au 5e et au 7e d’artillerie.

Promu médecin major de 2e classe le 16 mars 1862, il entra comme répétiteur à l’école de médecine militaire de Strasbourg et passa à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce comme professeur d’hygiène, de médecine légale et de clinique médicale, et quitta cette chaire pour prendre celle d’hygiène et de médecine légale. Il fut nommé médecin-major de 1re classe le 13 mars 1867. Il reçut la croix de la Légion d’honneur le 24 décembre 1869. Pendant la guerre contre l’Allemagne, M. Villemin remplit son devoir de médecin avec un zèle et un dévouement à toute épreuve. En récompenses de ses services, il fut nommé médecin principal de 2e classe le 8 février 1871.

Le 31 mars 1874, il fut élu membre de l’Académie de médecine en remplacement de M. Dubois ; plus tard il en devint vice-président. Élevé à la 1re classe de son grade le 23 juin 1876, il continua à professer au Val-de-Grâce et devint sous-directeur de cette école. Il fut nommé officier de la Légion d’honneur le 18 janvier 1881. Promu médecin inspecteur de l’armée le 19 mars 1885, M. Villemin dont la vue s’affaiblissait se fit admettre par anticipation dans la deuxième section (cadre de réserve). Il consacre la plus grande partie de son temps aux recherches scientifiques et médicales et assiste à toutes les séances de l’Académie de médecine.

M. Villemin est l’auteur de nombreux ouvrages de médecine parmi lesquels nous citerons :
- Du tubercule au point de vue de son siège, de son évolution et de sa nature, in 8°, 1862 ;
- Recherches sur la vésicule pulmonaire et l’emphysème, in-8°, 1866 ;
- Étude sur la tuberculose, preuves rationnelles et expérimentales de sa spécificité et de son inoculation, in-8°, 1867, ouvrage couronné par l’Institut (prix Monthyon), 1868, et par la faculté de médecine de Paris (prix Lacaze), 1877 ;
- De la propagation de la phtisie, 1869 ;
- Cause et nature du scorbut, in-8°, 1874 ;
- Scrofulisme et tuberculose, 1881.

Il a publié en collaboration avec le docteur Morel : Précis d’histologie humaine, 1860, et Traité élémentaire d’histologie humaine, normale et pathologique, 1864. Il a exécuté lui-même, d’après nature, tous les dessins de ces deux ouvrages.


1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

VILLEMIN (Docteur Jean-Antoine) , membre de l’Académie de médecine, médecin militaire
Prey, 24 janvier 1827 – Paris, octobre 1892


Jean-Antoine Villemin. Fils de cultivateurs, orphelin à 13 ans, il peut cependant poursuivre ses études grâce à son oncle paternel qui le place au collège de Bruyères. Remarqué par le docteur Mougeot, il acquiert auprès du célèbre naturaliste vosgien quelques notions de botanique. Après avoir obtenu le baccalauréat, il est désigné par le sort à la conscription de 1848 et affecté au 14e de ligne. Il poursuit ses études au régiment, est muté au 37e de ligne en garnison à Strasbourg et s’inscrit à la faculté de médecine. Le professeur Sée, savant botaniste, met à profit son remarquable talent de dessinateur en lui confiant des travaux rémunérateurs qui lui permettent de faire face à ses dépenses.

Il se fait admettre à l’École de Médecine militaire de Strasbourg en 1852 avant de soutenir, pour l’obtention du diplôme de docteur, le 22 août 1853, devant la faculté de cette ville, une thèse consacrée aux Collections purulentes du rein. Nommé aide-major stagiaire le 4 novembre suivant, il sort le 1er janvier 1855, deuxième de sa promotion, avec le grade d’aide-major de deuxième classe. Il est alors envoyé au 11e régiment d’artillerie. Élevé à la première classe à la fin de l’année, il passe successivement au 58e de ligne, au 5e, puis au 7e régiment d’artillerie.

Promu médecin major de 2e classe en 1862, il entre comme répétiteur à l’École de Médecine militaire de Strasbourg et passe ensuite à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce comme professeur d’hygiène, de médecine légale et de clinique médicale. Alors qu’il est, depuis 1867, médecin-major de 1ère classe, il fait preuve du plus grand dévouement dans le grand hôpital parisien encombré de blessés, pendant la guerre de 1870-1871.

Parallèlement à sa carrière de médecin militaire, le Docteur Villemin se consacre à de nombreuses recherches et multiplie les publications : Traité d’histologie humaine (1864), Étude sur la tuberculose (1868), De la propagation de la phtisie (1869). Dans son ouvrage sur les Causes et la nature de la tuberculose, il avait, dès 1865, démontré la virulence et la transmissibilité de la terrible maladie. Ces travaux, en particulier ceux portant sur la tuberculose, le font admettre à l’Académie de Médecine, dont il est élu membre le 31 mars 1874. Il termine sa carrière militaire en devenant sous-directeur du Val-de-Grâce puis médecin-inspecteur de l’armée (1885), grade équivalent à celui de général. Peu après cette nomination, il se fait admettre, par anticipation, dans le cadre de réserve pour mieux se consacrer à ses travaux scientifiques.

En 1888, il se trouve aux côtés de Louis Pasteur au moment où celui-ci fonde son institut contre la tuberculose. Ses recherches furent décisives pour ce qui est de la connaissance de cette maladie et la découverte de son bacille, par Koch, vint consacrer d’une façon éclatante l’immortalité de ses expériences. Il mourut à Paris, au 31 rue de Bellechasse, dans la même maison que le grand géomètre Monge, mort en 1818, et où il avait pour voisins Alphonse Daudet et Gustave Doré. La ville de Bruyères lui a érigé un monument, Paris a donné son nom à un hôpital militaire près de la Gare de l’Est et l’administration des Postes a imprimé un timbre à son effigie.


Bibl. : Jamet (Ch.).- Villemin, sa vie, son œuvre.- Vigné, 1936.


[ Pierre Heili ]

Nouvelle recherche