1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
VILLEMIN (Docteur Jean-Antoine) , membre de l’Académie de médecine, médecin militaire
Prey, 24 janvier 1827 – Paris, octobre 1892

Fils de cultivateurs, orphelin à 13 ans, il peut cependant poursuivre ses études grâce à son oncle paternel qui le place au collège de Bruyères. Remarqué par le docteur Mougeot, il acquiert auprès du célèbre naturaliste vosgien quelques notions de botanique. Après avoir obtenu le baccalauréat, il est désigné par le sort à la conscription de 1848 et affecté au 14e de ligne. Il poursuit ses études au régiment, est muté au 37e de ligne en garnison à Strasbourg et s’inscrit à la faculté de médecine. Le professeur Sée, savant botaniste, met à profit son remarquable talent de dessinateur en lui confiant des travaux rémunérateurs qui lui permettent de faire face à ses dépenses.
Il se fait admettre à l’École de Médecine militaire de Strasbourg en 1852 avant de soutenir, pour l’obtention du diplôme de docteur, le 22 août 1853, devant la faculté de cette ville, une thèse consacrée aux Collections purulentes du rein. Nommé aide-major stagiaire le 4 novembre suivant, il sort le 1er janvier 1855, deuxième de sa promotion, avec le grade d’aide-major de deuxième classe. Il est alors envoyé au 11e régiment d’artillerie. Élevé à la première classe à la fin de l’année, il passe successivement au 58e de ligne, au 5e, puis au 7e régiment d’artillerie.
Promu médecin major de 2e classe en 1862, il entre comme répétiteur à l’École de Médecine militaire de Strasbourg et passe ensuite à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce comme professeur d’hygiène, de médecine légale et de clinique médicale. Alors qu’il est, depuis 1867, médecin-major de 1ère classe, il fait preuve du plus grand dévouement dans le grand hôpital parisien encombré de blessés, pendant la guerre de 1870-1871.
Parallèlement à sa carrière de médecin militaire, le Docteur Villemin se consacre à de nombreuses recherches et multiplie les publications :
Traité d’histologie humaine (1864),
Étude sur la tuberculose (1868),
De la propagation de la phtisie (1869). Dans son ouvrage sur les
Causes et la nature de la tuberculose, il avait, dès 1865, démontré la virulence et la transmissibilité de la terrible maladie. Ces travaux, en particulier ceux portant sur la tuberculose, le font admettre à l’Académie de Médecine, dont il est élu membre le 31 mars 1874. Il termine sa carrière militaire en devenant sous-directeur du Val-de-Grâce puis médecin-inspecteur de l’armée (1885), grade équivalent à celui de général. Peu après cette nomination, il se fait admettre, par anticipation, dans le cadre de réserve pour mieux se consacrer à ses travaux scientifiques.
En 1888, il se trouve aux côtés de Louis Pasteur au moment où celui-ci fonde son institut contre la tuberculose. Ses recherches furent décisives pour ce qui est de la connaissance de cette maladie et la découverte de son bacille, par Koch, vint consacrer d’une façon éclatante l’immortalité de ses expériences. Il mourut à Paris, au 31 rue de Bellechasse, dans la même maison que le grand géomètre Monge, mort en 1818, et où il avait pour voisins Alphonse Daudet et Gustave Doré. La ville de Bruyères lui a érigé un monument, Paris a donné son nom à un hôpital militaire près de la Gare de l’Est et l’administration des Postes a imprimé un timbre à son effigie.
Bibl. : Jamet (Ch.).-
Villemin, sa vie, son œuvre.- Vigné, 1936.