1836 —
Annuaire administratif et statistique des Vosges 1836 / Charles Charton
GLEY (l’abbé Gérard), ancien professeur de théologie et de philosophie, savant littérateur, naquit le 24 mars 1761, à Gérardmer (département des Vosges). Ses parents, qui n’étaient point riches, ne pensaient pas à le faire étudier : un vicaire de la paroisse l’ayant remarqué au catéchisme, le leur demanda pour l’instruire ; c’est à cette école qu’il fit ses classes latines en dévorant les bibliothèques du curé et d’un vieux jésuite. Il vint en 1777 au collège de Colmar, où en donnant des leçons pour fournir à son entretien, il fit sa philosophie et une partie de sa théologie, qu’il alla continuer au séminaire de Strasbourg.
En 1781, il était à l’Université de cette ville répétiteur ou maître de conférences de philosophie et de mathématiques ; en 1785, la manière brillante dont il soutint sa thèse pour la licence en théologie, lui valut, malgré son titre d’étranger, une bourse entière au séminaire. Rentré dans son diocèse à la fin de la même année et ordonné prêtre, l’évêque, M. de Chaumont de la Galaizière, le nomma successivement vicaire de Saint-Martin (faubourg de Saint-Dié), l’un des directeurs de son séminaire, professeur de philosophie, de théologie et examinateur synodal.
Au mois d’avril 1791, ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé, il fut obligé de s’expatrier avec son évêque et ses confrères. Après avoir habité Cologne et ses environs, où il fut chargé de plusieurs éducations, il vint en 1794 à Bamberg ; nommé professeur des langues étrangères à l’université de cette ville, il publia un journal littéraire en allemand, qui en peu de temps fut très répandu, et les deux ouvrages suivants à l’usage de ses élèves :
1° Dictionnaire de poche français allemand et allemand français, Bamberg et Wurtzbourg 1795, deux volumes in-12 ;
2° Grammaire de la langue française en allemand, d’après Wailly, Bamberg 1795, 1 volume in-12, ouvrages souvent réimprimés en Allemagne.
Dans ses moments de loisir, il fouillait les bibliothèques du pays. Travaillant dans les archives de l’église cathédrale de Bamberg, il découvrit un manuscrit dont les caractères étaient carlovingiens. N’en comprenant point l’idiome et se doutant que c’était du francique, c’est-à-dire l’ancien dialecte parlé par les Francs, nos ancêtres, il étudia celui-ci dans Hickes, dans Schilter, et se mit en relation avec les principaux philologues d’Allemagne. Cet idiome, qui s’est perdu peu à peu dans les provinces au-delà des Vosges, se retrouve encore dans un assez grand nombre d’expressions du patois de Gérardmer, du Valtin, de La Bresse et des autres lieux avoisinants, situés sur la chaîne de nos montagnes ; on peut en évaluer la proportion à un vingtième. Le bas-breton est un reste de la même langue. Ce manuscrit précieux contient une histoire ou paraphrase des livres évangéliques composée en vers franciques sous le règne de Louis-le-Débonnaire ; il est entièrement pareil au fameux livre d’or que les Anglais conservent avec tant de respect dans la bibliothèque cottonienne et qui était le seul que l’on connût avant la découverte de celui de Bamberg. L’abbé Gley, de concert avec Reinwal, de Meinungen, s’était décidé à le faire paraître, accompagné d’une traduction, de notes et d’un vocabulaire ; il en prévint le grand chapitre et la permission lui fut refusée. En 1802, l’électeur de Bavière s’étant emparé de la principauté de Bamberg, on se hâta de transporter le manuscrit francique à la bibliothèque de Munich. En 1805, le gouvernement bavarois dut le publier à ses frais, et M. Arétin, conservateur de la bibliothèque, pria l’abbé Gley de communiquer son travail, ce qu’il fit avec une facilité dont il eut lieu de se repentir.
Sa position à Bamberg était heureuse ; il y usait de son crédit pour soulager ses compagnons d’exil, auxquels il faisait accorder des permissions de résidence, des secours et des emplois. En 1799, son évêque vint le voir avec M. l’abbé de Bellissens, depuis recteur de l’académie d’Orléans.
L’abbé Gley continuait à se livrer à ses goûts littéraires, lorsque la guerre de la France avec la Prusse vint le déplacer au moment où il s’y attendait le moins. En 1806, le maréchal Davoust passant par Bamberg avec le troisième corps de la grande armée, lui proposa de le suivre en qualité de secrétaire interprète. Comme il hésitait, une réquisition fut adressée à la régence de Bamberg, et l’abbé Gley donna un consentement qu’il ne pouvait refuser. En suivant la marche du troisième corps, il visita Leipzig, Berlin, Francfort sur l’Oder, Varsovie, Königsberg et Tilsitt, trouvant toujours occasion de voir les bibliothèques, les savants, et d’observer l’état des sciences. Le maréchal l’employait quelquefois en qualité de capitaine de ses guides, et il rendit des services importants dans ces fonctions qui convenaient à son caractère prompt et courageux. Arrivé dans le pays de Warmie, il fut chargé (février 1807) de recueillir des notes sur le célèbre Copernic ; il découvrit la maison où ce père de l’astronomie moderne avait fait ses observations pendant plusieurs années. De Tilsitt, il revint en Pologne où, par acte daté de Varsovie (août 1807), le maréchal Davoust lui confia l’administration de la principauté de Lovicz, un des plus grands domaines du grand-duché.
La députation qui vint complimenter l’abbé Gley après son installation, lui procura une rencontre assez piquante ; parmi les députés, était un ecclésiastique chargé de lui offrir les félicitations du clergé. A table, la conversation engagée fit bientôt découvrir qu’il parlait à un Français, puis à un Lorrain, puis à un Vosgien, et, à la grande surprise des assistants, elle se termina par des embrassades, d’un côté en patois de Gérardmer, de l’autre en patois des environs de Rambervillers. Cet ecclésiastique, l’abbé Ondernard, avait été comme lui attaché au séminaire de Saint-Dié ; il devint depuis lors archevêque de Namur. La nouvelle position de l’abbé Gley le mit en relation et le lia d’amitié avec les principaux personnages de Pologne, les Potocki, les Radziwill, Poniatowski, Dombrowski, ce brave chef des légions polonaises en Italie, etc. Mais malgré les distractions et la nouveauté de sa position, il ne perdit point de vue l’étude ; ses loisirs étaient consacrés à la langue polonaise et aux autres dialectes slaves dont il s’est beaucoup occupé jusqu’à sa mort. Il a traduit en français l’histoire de Pologne par Adam Nareiswicz, historiographe du dernier roi Stanislas-Auguste Poniatowski. Il eût été à désirer que de son vivant il revit son travail et le fit paraître.
Outre les fonctions administratives qu’il avait à remplir, le gouvernement lui avait confié l’inspection supérieure sur des établissements d’instruction publique qui se trouvaient dans les limites de la principauté ; il y vouait un vif attachement et donnait des soins particuliers aux écoles primaires. Le gouvernement lui en témoigna officiellement sa satisfaction. En 1809, après la conclusion de la paix, il se rendit de Varsovie à Vienne, en visitant les bibliothèques de Cracovie et des autres villes qu’il trouvait sur son passage. A Vienne, il eut des relations intimes avec Ossolinski, célèbre littérateur polonais, conservateur de la bibliothèque impériale. Après la malheureuse expédition de Moscou, obligé d’abandonner l’administration de la principauté de Lovicz, il quitta Varsovie au moment où l’on allait remettre la ville à l’armée russe. Enfin, après une absence de vingt-deux ans, il eut le bonheur de rentrer dans son pays natal. Il avait, en revenant, visité entre autres villes Munich où il réclama inutilement son manuscrit francique. Il fallut que le gouvernement français intervînt et le manuscrit, remis à l’ambassadeur de France à Munich, a plus tard été déposé à la bibliothèque de l’institut royal de Paris.
Nommé principal du collège de Saint-Dié (22 septembre 1813), l’abbé Gley mit en ordre les matériaux qu’il avait recueillis et fit paraître :
3° Langue et littérature des anciens Francs, Paris, 1814, 1 volume in-8°. D’après un rapport fait par l’institut, le ministre de l’intérieur accorda à l’auteur une récompense de 600 francs et des exemplaires furent distribués dans les bibliothèques publiques. Cet ouvrage, le seul qui ait paru jusqu’à présent sur la langue des anciens Francs, contient, 1° des notions philologiques sur cette langue ; 2° sa grammaire ; 3° des extraits tirés des dix-neuf ouvrages qu’ils ont publiés. La dernière partie est partagée en trois périodes qui comprennent les ouvrages des Francs mérovingiens, carlovingiens et capétiens. La période mérovingienne ne présente que cinq ouvrages, la capétienne n’en a que trois. Cette dernière, qui est très courte, finit avec le siècle qui vit naître les troubadours en France et les minesingers en Allemagne. Les temps carlovingiens sont plus riches ; c’est le siècle d’or pour la littérature des Francs. Il est à regretter que les autres occupations de notre auteur l’aient empêché de publier un dictionnaire de la langue francique, et de continuer ses recherches dans un genre que nos auteurs connaissaient peu avant lui.
A l’époque de l’invasion, la reconnaissance qu’il fit du général commandant et de plusieurs officiers supérieurs de l’armée ennemie stationnée dans l’arrondissement de Saint-Dié, la plupart ses anciens élèves, lui donna dans l’administration civile une grande influence, qu’il fut heureux d’employer à garantir, autant qu’il le put, les intérêts de la ville et des environs.
Ayant été nommé principal du collège d’Alençon (18 février 1815), il mit en ordre une partie des matériaux qu’il avait en portefeuille et publia :
4° Voyage en Allemagne et en Pologne, Paris, 1816, 2 vol. in-8°, contenant des détails nouveaux sur la marche des Français dans ces contrées, des anecdotes curieuses et piquantes sur l’ambassade de M. de Pradt, archevêque de Malines, à Varsovie, des détails inconnus sur les amazones de Bohême, sur l’abbé Georgel, l’affaire du collier, etc., etc. ;
5° In elementa philosophiæ tentamen, Paris, 1817, 1 vol. in-8° avec la version française en regard. Ces deux ouvrages furent rapidement enlevés ;
6° Ordonnance royale de la charte, avec la version latine en regard, Paris, 1818, in-8°. Vers cette époque, l’abbé Gley avait annoncé une édition de l’Histoire ecclésiastique de Fleury, revue et disposée d’après un nouvel ordre ; mais il n’a publié que le prospectus de cette entreprise.
A la fin de 1818, il témoigna à l’université le désir de quitter l’administration du collège d’Alençon pour prendre une chaire de philosophie, et fut d abord nommé à celle du collège de Moulins ; mais M. de Bellissens se joignit à M. Royer-Collard pour le décider à accepter (19 octobre) la direction du collège de Tours qui était entièrement tombé ; il devait en même temps y remplir la chaire de philosophie ; c’est dans cette position qu’il publia :
7° Histoire de Notre Sauveur, exposée d’après le texte des saints évangiles, etc., Tours, 1819, 1 vol. in-12 ;
8° Historia Françiæ, Tours, 1819, 3 petits vol. in-12 ; 2e édition, Tours, 1820, idem ;
9° Leçons d’histoire, de géographie et de chronologie, pour diriger les élèves des collèges et des séminaires dans leurs lectures et dans l’explication des auteurs classiques, Tours, 1822, et Paris, 1824, 2 petits cahiers in-12 ;
10° Historia philosophiæ, avec la version française en regard, Tours, 1822, 1 vol. in-12 ;
11° Philosophiæ turonensis institutiones ad usum collegiorum et seminariorum, Paris, 1823 à 1824, 3 vol. in-12 ; le dernier volume, qui contient l’astronomie et la physique, est avec planches. Les annonces qui furent faites de cet ouvrage, composé sur un plan nouveau et à la hauteur des connaissances modernes, sont très honorables pour l’auteur. Il a été adopté dans un assez grand nombre d’établissements.
Par suite de tracasseries auxquelles il parait que le haut clergé n’était pas étranger, l’abbé Gley fut brusquement, au mépris de l’opinion et même de toute forme de modération, révoqué de ses fonctions de proviseur et obligé de quitter un collège qui ne comptait que vingt-cinq pensionnaires à son arrivée, mais dans lequel il en laissait cent. Vivement affecté d’une injustice aussi criante, l’abbé Gley dut repousser les propositions dérisoires qui plus tard lui furent adressées, telles que celles d’une place de régent de quatrième au collège de Berg-Saint-Vinox et ensuite de la direction du collège de Nevers, tous deux désorganisés. Il se retira (février 1823) au séminaire des missions étrangères ; de là, il fut appelé (mai 1824) à l’hôtel royal des Invalides comme chapelain.
Le 20 janvier 1830, il tomba malade à la suite d’un dérangement d’estomac, et le 11 février, à 9 heures, il mourut, après vingt-deux jours de cruelles souffrances, pendant lesquelles il montra beaucoup de courage et de résignation. Il était seulement âgé de 69 ans ; son tempérament robuste et sa grande sobriété pouvaient faire espérer qu’il atteindrait une vieillesse beaucoup plus avancée. Il avait près de lui un neveu et un cousin dont il se plaisait à faire l’éducation ; elle n’était pas terminée lorsque la mort est venue les priver de ce bon et digne maître. Qu’il reçoive ici l’expression bien vive de leurs regrets, en même temps que celle de leur profonde reconnaissance !
Les sciences firent en ce savant une perte sensible. Ses connaissances étaient très variées ; il écrivait avec beaucoup de facilité : son style est simple, pur et noble. Il était très laborieux, bon, généreux, charitable, serviable, et d’une humeur gaie, vive, très franche et indépendante. Sa conduite privée fut toujours irréprochable. Il vivra longtemps dans la mémoire des habitants de Gérardmer, auxquels sa position et ses relations élevées lui permettaient de rendre d’importants services.
L’abbé Gley consacrait à ses travaux littéraires tous les moments qui n’étaient pas demandés par le ministère ecclésiastique. Depuis longtemps il était un des collaborateurs de la Biographie universelle ancienne et moderne de Michaud. Parmi les nombreux articles qu’il a fournis, on remarque surtout les Polonais et Allemands célèbres, soit dans la littérature, soit dans l’art militaire : l’abbé Georgel, Corvin, les Wladislas, Wratislas, Zamoyski, Zolzicwski, etc., de Pologne, les Wlasimir, etc., de Russie, sont de lui. Il fournissait aussi des articles sur les langues slaves au Bulletin des sciences de Ferussac, et travaillait aux Tablettes du clergé publiées par Demonville ; enfin les Annales des voyages de Malbrun lui doivent une Vie de Tarnowski, traduite du polonais et insérée dans le tome XVII. Ses dernières productions sont :
12° Doctrine de l’église de France sur l’autorité des souverains pontifes et sur celle du pouvoir temporel, etc., Paris, 1827, brochure in-8° ;
13° Journée du soldat chrétien offerte à l’armée, Paris, 1827, in-32 ;
14° Observations où l’on examine les faits et principes exposés dans le mémoire présenté au roi par les évêques de France, au sujet des ordonnances de juin, Paris, octobre 1828, brochure in-12 ;
15° M. l’abbé Dumonteil, sa cause devant les tribunaux, etc., mémoire pour l’église catholique présenté à M. le premier président et à MM. Les conseillers, etc., Paris, 1828, brochure in-8°.
L’abbé Gley a légué sa bibliothèque et ses manuscrits aux deux jeunes parents qu’il élevait. C’est à eux, aux notes trouvées dans ses papiers, à ses ouvrages et aux souvenirs de quelques-uns de ses anciens élèves, que sont dus les renseignements qui ont servi à établir cette notice.
Parmi les manuscrits qu’il a laissés on remarque :
1° Discours, sermons, etc., 8 cahiers in-folio ;
2° Correspondance du général Pichegru depuis le mois de février 1794 jusqu’au mois d’avril de la même année, 8 cahiers in-folio ;
3° Matériaux pour les mémoires du maréchal Davoust, prince d’Eckmühl, in-folio.
Pour ces deux ouvrages, l’abbé Gley avait obtenu du ministre de la guerre la faculté d’aller travailler au dépôt général de la guerre, où il pouvait copier tout ce qui lui convenait concernant les généraux Pichegru et Davoust. Ces matériaux sont précieux. En mourant, l’abbé Gley a légué à la princesse d’Eckmühl tout ce qui était relatif à son époux.
4° Réfutation des mémoires de M. de Bourrienne, en ce qui regarde les calomnies lancées contre le maréchal Davoust, principalement pendant que ce dernier était gouverneur de Hambourg en 1814, écrit également légué à la maréchale ;
5° Histoire de l’église jusqu’au 5e siècle, 4 cahiers in-folio ;
6° Biographie ecclésiastique, lettres A et B. Il a paru plusieurs annonces de ce dernier ouvrage dans les Tablettes du clergé de 1829, ainsi que quelques articles, entre autres Agathon et Alcuin.
7° Biblia sacra à l’usage de la cinquième, 1 vol., in-folio ;
8° Histoire de France jusqu’en 1795, cahier in-folio ;
9° Histoire de Pologne traduite de Naruszewicz, 10 vol. in-4°, finissant en 1386, au commencement de la dynastie des Jagellons, après l’extinction de celle des Piastes. Le manuscrit est déposé à la bibliothèque royale de Paris.
10° Histoire abrégée de Pologne d’après Waga, Bantkié, et Naruszewicz, ouvrage qui est poussé jusqu’en 1830 et que notre fécond auteur venait de terminer lorsque la mort l’a frappé.
Plusieurs de ces manuscrits seront plus tard publiés par ses deux parents qui, jusqu’à présent empêchés par le soin de leurs études, n’ont pu s’en occuper. On a omis de dire que depuis quelques années l’abbé Gley était membre de la société des Amis des Sciences de Varsovie, présidée par M. Niemcewicz, ancien aide de camp de Kosciusko.
1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
L’abbé Gérard GLEY.- Savant littérateur, naquit à Gérardmer le 24 mars 1761. Doué d’une heureuse facilité, il commença à Colmar de bonnes études, qu’il compléta plus tard à Strasbourg. Ordonné prêtre lors de son retour dans son diocèse, il fut nommé successivement vicaire de la paroisse Saint-Martin de Saint-Dié, directeur du séminaire de cette ville, professeur de philosophie et de théologie, et examinateur synodal. En 1791, il refusa de prêter serment à la constitution, quitta la France, habita Cologne jusqu’en 1794, puis se fixa à Bamberg et occupa avec distinction, à l’université de cette ville, la chaire de langues étrangères.
Il publia à cette époque, en langue allemande, un journal littéraire qui eut un assez grand succès ; il composa aussi et fit imprimer pour ses élèves les deux ouvrages suivants :
- Dictionnaire de poche français-allemand et allemand-français ; Bamberg et Wurtzbourg, 1795 ; 2 volumes in-12,
- Grammaire de la langue française en allemand, d’après Wailly ; Bamberg, 1795 ; 1 volume in-12.
En travaillant dans les archives de l’église cathédrale de Bamberg, l’abbé Gley découvrit un manuscrit très ancien, dont les caractères étaient carlovingiens. Après les plus laborieuses recherches, il acquit la certitude que l’idiome qu’il n’avait point compris d’abord était du francique ; ce manuscrit, tout à fait semblable au fameux livre d’or que les Anglais conservent avec tant de soin, est d’un prix inestimable ; l’abbé Gley, de concert avec un savant allemand, s’était décidé à le faire paraître avec une traduction, des notes et un vocabulaire ; mais le grand chapitre, à qui il en demanda l’autorisation, s’y opposa. En 1802, l’Électeur de Bavière s’étant emparé de Bamberg, le manuscrit fut transporté à Munich. Le gouvernement bavarois le publia à ses frais, en 1805, à l’aide d’un travail communiqué par l’abbé Gley. A cette époque, et plus tard encore, celui-ci réclama en vain son précieux manuscrit ; il fallut l’intervention du gouvernement français pour en obtenir la restitution. Il fait aujourd’hui partie des manuscrits déposés à la bibliothèque de l’Institut de France.
Le séjour de l’abbé Gley à Bamberg se prolongea jusqu’en 1806, époque à laquelle le maréchal Davoust, traversant cette ville, se l’attacha en qualité de secrétaire interprète. Il suivit la marche du troisième corps de la grande armée, et visita successivement Leipzig, Berlin, Francfort-sur-l’Oder, Varsovie, Königsberg, Tilsit, mettant à profit tous les moments dont il pouvait disposer pour faire des recherches dans les bibliothèques publiques. En 1807, le maréchal Davoust le nomma administrateur de la principauté de Loviez, fonctions qu’il conserva jusqu’à la fatale retraite de Russie ; il revint alors en France, rapportant avec lui les nombreux matériaux qu’il avait recueillis pendant les longues années qu’il avait passées loin de sa patrie.
A son retour en France, l’abbé Gley se voua de nouveau à l’enseignement, et fut nommé principal du collège de Saint-Dié en 1813, et de celui d’Alençon en 1815. En 1818, il demanda à quitter l’administration de ce collège, et fut chargé de la chaire de philosophie à Moulins ; mais, sur la demande de M. Royer-Collard, il se chargea, peu de temps après, de la direction du collège de Tours, entièrement tombé dans l’opinion publique. Des tracasseries auxquelles il fut en butte au commencement de 1823, le décidèrent à quitter la carrière de l’enseignement. Il se retira au séminaire des missions étrangères, d’où il fut appelé, en 1824, pour exercer à l’hôtel des Invalides les fonctions de chapelain, qu’il conserva jusqu’au 11 février 1830, date de sa mort.
Outre les deux ouvrages cités plus haut, l’abbé Gley a publié :
- Langue et littérature des anciens Francs. Paris, 1814 ; 1 volume in-8°. Cet ouvrage, éminemment remarquable, est le seul qui ait été publié, jusqu’à nos jours, sur la langue des anciens Francs. D’après le rapport qui en fut fait à l’Institut, le ministre de l’intérieur accorda à l’auteur une récompense de 600 francs, et acheta de plus un grand nombre d’exemplaires qui ont été répartis entre les bibliothèques publiques du royaume.
- Voyage en Allemagne et en Pologne. Paris , 1816 ; 2 volumes in-8°. Cet ouvrage eut un assez grand succès.
- In elementa philosophae tentatem, avec la version française en regard. Paris, 1817 ; 1 volume in-8°; ouvrage promptement enlevé.
- Ordonnance royale de la charte, avec la version latine en regard. Paris, 1818 ; in-8°.
- Historia Franciae. Tours, 1819; 3 petits volumes in-12. Cet ouvrage eut une seconde édition en 1820.
- Histoire de notre Sauveur, d’après le texte des évangiles. Tours, 1817 ; 1 volume in-12.
- Leçons d’ histoire, de géographie et de chronologie. Tours, 1822, et Paris, 1824 ; 2 petits cahiers in-12.
- Historia philosophioe, avec la version française en regard. Tours, 1822 ; 1 volume in-12.
- Philosophioe turonensis institutione ad usum collegiorum et seminariorum. Paris, 1823 ; 3 volumes in-12. Cet ouvrage a été adopté dans un assez grand nombre d’établissements.
- Doctrine de l’Église de France sur l’autorité des souverains pontifes. Paris, 1827 ; in-8°.
- Journée du Soldat chrétien, dédiée à l’armée. Paris, 1827 ; in- 32.
- Observations où l’on examine les faits et principes exposés dans le mémoire présenté au roi par les évêques de France, au sujet des ordonnances de juin. Paris, 1828 ; in-8°.
- M. l’abbé Dumonteil, sa cause devant les tribunaux, etc., mémoire pour l’Église catholique. Paris, 1828 ; in-8°.
L’abbé Gley a écrit en outre dans plusieurs ouvrages collectifs ; il a laissé de plus un grand nombre de manuscrits parmi lesquels on remarque :
- Discours, Sermons, etc. ; 8 cahiers in-folio.
- Correspondance du général Pichegru, depuis le mois de février 1794 jusqu’au mois d’août suivant ; 8 cahiers in-folio.
- Matériaux pour les Mémoires du maréchal Davoust, in-folio.
Ces deux derniers ouvrages ont été écrits au dépôt général de la guerre, où l’abbé Gley avait obtenu l’autorisation de travailler ; les documents qu’ils contiennent sont donc d’une parfaite authenticité. L’abbé Gley a légué à la princesse d’Eckmühl tout ce qui concerne son mari.
- Histoire de l’Église jusqu’au Ve siècle ; 4 cahiers in folio.
- Biblia sacra, à l’usage de la cinquième ; 1 volume in-folio.
- Histoire de France, jusqu’en 1795 ; cahier in-folio.
- Histoire de Pologne, traduite de Naruszewiez, 10 volumes in-4°, finissant en 1386, au commencement de la dynastie des Jagellons. Ce manuscrit est déposé à la Bibliothèque royale à Paris.
- Enfin, l’abbé Gley, au moment de sa mort, venait de mettre la dernière main à une Histoire abrégée de Pologne, continuée jusqu’en 1830.
Note : Les renseignements biographiques qu’on vient de lire ont été puisés dans un article nécrologique publié par M. Charton, dans l’Annuaire des Vosges. Je profite de cette occasion pour dire que quelques-uns des articles nécrologiques de M. Charton m’ont été d’une grande utilité, et qu’ils m’ont fourni des documents que j’avais vainement cherchés ailleurs.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
GLEY (l’abbé Gérard), ancien professeur de théologie et de philosophie, savant littérateur, naquit le 24 mars 1761 à Gérardmer.
Il dut ses premières études à un jeune vicaire Vosgien qui le prit en affection. En 1785, la manière brillante dont il soutint sa thèse pour la licence en théologie lui valut à l’université de Strasbourg une bourse entière au séminaire ; ordonné prêtre, il rentra dans les Vosges. Mgr de Chaumont de la Galaizière, évêque de Saint-Dié, le nomma vicaire de Saint-Martin, directeur de son séminaire, professeur de philosophie, de théologie et examinateur synodal.
Ayant refusé de prêter serment à la constitution civile en 1791, il s’expatria et suivit son évêque et ses confrères jusqu’à Cologne, puis à Ramberg, où il fut nommé professeur de langues étrangères, publia un journal qui eût un grand succès, et un dictionnaire allemand-français et français-allemand. Dans l’ancienne bibliothèque de Ramberg, il découvrit un manuscrit dont les caractères étaient carlovingiens ; n’y comprenant rien, il croyait avoir sous les yeux du francisque, l’ancien dialecte parlé par les Francs, nos ancêtres ; il se mit en relation avec les principaux philosophes d’Allemagne, et parvint à pouvoir traduire ce précieux manuscrit : Histoire et paraphrase des livres évangéliques.
Cet idiome, qui s’est perdu peu à peu dans les provinces au-delà des Vosges, se retrouve encore dans un assez grand nombre d’expressions du patois de Gérardmer, du Valtin, de La Bresse et des autres lieux situés sur la chaîne de nos montagnes. Le Bas-Breton est un reste de la même langue. Ce précieux ouvrage est identique au Livre d’or, que les Anglais conservent avec tant de soin et de respect.
L’abbé Gley eut occasion de rendre des services à ses compagnons d’exil, et qui n’ont pas été oubliés par ses compatriotes. En 1806, le maréchal Davoust passant à Ramberg, se l’attacha en qualité de secrétaire interprète et eut l’occasion de l’employer comme capitaine des guides, grade qui convenait au caractère prompt et courageux de l’abbé. Dans ses voyages, il découvrit la maison de l’astronome d’études de Copernic. Le maréchal lui confia l’administration de la principauté de Lovies. Dans la députation qui vint le complimenter, il reconnut un ecclésiastique Vosgien, dans les bras duquel il se précipita. Ils s’entretinrent longuement en patois de Gérardmer, sur la situation du pays. Personne n’y comprit rien.
L’abbé Gley fut en relation intime avec toutes les grandes familles de Pologne et les savants de toute l’Allemagne.
Après vingt-deux ans d’absence, il revint au pays. L’intervention du Gouvernement français fut nécessaire pour prendre possession du manuscrit francisque que Munich refusait à l’abbé Gley ; celui-ci en fit présent à la bibliothèque de l’institut royal de Paris.
Il accepta les fonctions du principal du collège de Saint-Dié, publia un ouvrage : Langue et littérature des anciens Francs, et reçut pour cet ouvrage beaucoup de félicitations. C’est le seul ouvrage qui ait paru en ce genre.
Lors de l’invasion, il eut l’occasion de revoir une grande partie de ses anciens élèves dans l’armée étrangère. Il reconnut même un de ses amis qui commandait le corps qui débouchait par nos montagnes. Il rendit encore dans cette triste circonstance de grands services aux habitants de nos montagnes.
Il fut appelé à la tête du collège d’Alençon, mais brusquement révoqué au grand regret de la population en général. Plus tard, l’abbé Gley fut rappelé dans l’enseignement ; mais il dédaigna tout ce qui lui fut proposé, et accepta la place de chapelain aux invalides, où il mourut après 22 ans de cruelles souffrances, mais toujours plein de courage et de résignation. Il n’avait que 69 ans, son tempérament robuste et sa grande sobriété laissaient espérer qu’il atteindrait une grande vieillesse. Les sciences firent dans la mort de ce savant une grande perte ; ses connaissances étaient immenses et variées à l’infini, il écrivait avec la plus grande facilité. Son style est simple, pur et noble.
Il était très laborieux, bon, généreux, charitable, serviable et d’une humeur gaie vive, très franche et indépendante. C’était le type du pur Vosgien. Sa conduite privé fut toujours irréprochable ; les habitants de Gérardmer et tous les hommes qui ont eu des rapports avec cette noble nature, auront toujours pour l’abbé Gley le culte de l’admiration et de la reconnaissance.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
GLEY Gérard.- Abbé. Né [à Gérardmer] en 1761, de parents tout à fait sans fortune. Un vicaire de la paroisse, découvrant ses heureuses dispositions, lui enseigna les éléments des lettres. Combien d’hommes éminents ont dû au clergé de les avoir tirés des ténèbres de l’obscurité pour les mettre en lumière, et combien ce clergé n’en a-t-il pas retiré trop souvent, d’ingratitude : les Proudhon et les Renan ne sont pas rares. Il n’en fut pas ainsi du jeune Gley, qui acheva ses études au collège de Colmar, fit son cours de théologie au séminaire de Strasbourg, fut promu au sacerdoce, et devint vicaire de Saint-Martin à Saint-Dié, puis professeur de philosophie et de théologie au grand séminaire de cette ville, devenue épiscopale.
La Révolution, ayant imposé aux prêtres un serment schismatique, l’abbé Gley refusa de le prêter, et il prit, comme son évêque, le chemin pénible et amer de l’exil. Retiré à Cologne, il trouva des leçons à donner à quelques jeunes gens. En 1794, il quitta Cologne pour Bamberg, où il fut nommé professeur de littérature française et italienne à l’université.
et dans cette position lucrative et honorable, il sut user de son crédit et de ses moyens pour venir en aide à ses compagnons d’exil. En 1806, le maréchal Davoust, prince d’Eckmühl, lui proposa de l’accompagner en qualité de secrétaire et d’interprète ; il accepta et suivit l’illustre général à travers l’Allemagne jusqu’en Pologne, et lui rendit de signalés services. Il eut, pendant quelque temps, l’administration de la principauté de Lowicz. Après la malheureuse expédition de Moscou, l’abbé Gley rentra en France, où il reprit la carrière de l’enseignement, et fut successivement principal des collèges de Saint-Dié, d’Alençon et de Tours.
Il se vit enfin nommer chapelain de l’hôtel des Invalides, où il mourut en 1830. L’abbé Gley était laborieux, actif, généreux, serviable, d’humeur gaie, vive et franche. Orateur éloquent, il donna des sermons à Paris, dans les stations du Carême et de l’Avent. Il a laissé un grand nombre d’ouvrages, imprimés ou manuscrits, sur la philosophie, sur l’histoire et sur la philologie : une histoire de Pologne, pouvant former dix volumes, se trouve à la Bibliothèque nationale.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
GLEY (Gérard).- L’abbé Gley est né à Gérardmer le 24 mars 1761 ; il devint prêtre après avoir fait ses études à Colmar et à Strasbourg. Vicaire de la paroisse Saint-Martin, à Saint-Dié, puis directeur du séminaire et professeur de théologie et de philosophie, il refusa, en 1791, le serment constitutionnel et émigra à Cologne jusqu’en 1794, puis à Bamberg, où il devint professeur de langues étrangères à l’Université.
En 1806, l’abbé Gley devint secrétaire interprète du maréchal Davout, qu’il suivit dans toutes ses campagnes, et fut, en 1807, administrateur de la principauté de Lovicz. Principal du collège de St-Dié en 1813, il passa à celui d’Alençon en 1815, devint en 1818, professeur de philosophie à Moulins, et en 1819 fut nommé principal du collège de Tours, qu’il quitta en 1823. Chapelain de l’hôtel des Invalides, en 1824, il mourut le 11 février 1830.
Il a laissé de nombreux ouvrages littéraires et historiques.
1911 —
Semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié
GLEY Gérard.- Né à Gérardmer 24 mars 1761, admis en 1777 au collège de Colmar, donne en cette ville des leçons pour payer ses frais, entre ensuite au Grand Séminaire de Strasbourg, devient en 1781 répétiteur dé philosophie et de mathématiques à l’Université, où il obtient au bout de quatre ans, licence en théologie, avec bourse au Séminaire, mais au bout de quelques mois, revient à Saint-Dié.
Après un court vicariat, au faubourg Saint-Martin, il est nommé professeur au Grand Séminaire ; I., s’exile, est inscrit émigré. En 1802, il envoie de Bamberg (Bavière) sa promesse de fidélité à la Constitution de l’an 8, s’excusant, vu ses affaires, de ne pas rentrer alors en France.
Nous perdons sa trace jusqu’en 1806, où il devient en Allemagne secrétaire interprète du maréchal Davout, administre la principauté de Louviers cinq ou six ans, revient à Saint-Dié pour diriger le collège, 1813, permute pour Alençon 1815, professe la philosophie au collège de Moulins 1818, redevient principal à Tours 1819, sur la recommandation de M. Eloi de Belissens, ex-vicaire général de Saint-Dié.
Brusquement révoqué, nous ignorons pour quel motif, 1823, il entre aux Invalides l’année suivante, comme chapelain ; il y meurt le 11 février 1830.
[La Semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié, vendredi 17 mars 1911, 35-11, p. 177. Notes d’histoire diocésaine].
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
GLEY (Gérard), abbé, érudit
Gérardmer, 24 mars 1761 - Paris, 11 février 1830
D’une famille pauvre qui avait négligé de l’envoyer aux écoles, c’est un vicaire de la paroisse qui remarque son intelligence au cours des leçons de catéchisme et qui lui donne les rudiments du latin. Il fait ses humanités à Colmar et entre au séminaire à Strasbourg. En 1781, il est maître de conférence de philosophie et de mathématiques à l’Université de Strasbourg. Après avoir soutenu une thèse de licence de théologie, il devient en 1785 vicaire de la paroisse Saint-Martin à Saint-Dié, directeur du séminaire, professeur de philosophie et examinateur synodal. En 1791, il s’oppose à la Constitution civile du clergé et s’expatrie à Cologne puis à Bamberg ou il enseigne les langues étrangères à l’Université. Il y publie un dictionnaire franco-allemand et une grammaire. En même temps, il fonde et dirige un journal littéraire en allemand.
Dans les archives de l’église cathédrale de Bamberg, il découvre un vieux manuscrit de l’époque franque qu’il étudie et dans lequel il prétend trouver de nombreux mots du dialecte vosgien. L’enseignement et les travaux d’érudition suffisent à peine à le faire vivre. C’est pourquoi il fonde dans la ville allemande un important commerce de vins. La prospérité de son affaire est telle qu’il reste en Allemagne après le Concordat de 1801 qui l’autorisait à rentrer d’émigration. Lorsque Bamberg est prise par les Français en 1806, l’abbé Gley est requis par Davout pour servir d’interprète dans son armée. Il suit alors le 3ème Corps à Leipzig, Berlin, Varsovie, Königsberg, Tilsitt...
Partout, du reste, il visite les bibliothèques ; sa curiosité inlassable lui fait retrouver en 1801 la maison natale de l’astronome Copernic en Varmie. Il administre la principauté de Lovicz en Pologne, ce qui le met en relation avec Radziwill et Poniatowski. Lié avec tous les grands personnages du pays, il se livre à l’étude des dialectes slaves, traduit divers ouvrages et s’entretient avec tous les savants du pays.
Après un séjour à Vienne, il rentre en France en 1813 avec son fameux manuscrit carolingien qui fut déposé à la Bibliothèque de l’Institut. Il devient successivement principal des collèges de Saint-Dié, Alençon (1815), Moulins et Tours. Pendant cette période, il publie de nombreux et savants ouvrages sur la langue et la littérature des anciens Francs, ses voyages en Allemagne et en Pologne, etc... Il collabore activement à la Biographie Universelle de Michaud, à une foule de revues philosophiques européennes et publie une infinité de brochures ainsi que des livres d’enseignement...
Disgracié en 1823, il se retire au séminaire des Missions étrangères à Paris et obtient la chapellenie de l’Hôtel Royal des Invalides où la mort le surprend.
Bibl. : Bossu (Jean).- Une brillante dynastie vosgienne, les Gley, in La Liberté de l’Est.
Annuaire des Vosges, 1836.
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Pierre Heili
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