1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
CAVEROT (Louis Marie Joseph Eusèbe), évêque de Saint-Dié de 1849 à 1876, cardinal
(Joinville (Haute-Marne), 26 mai 1806 - Lyon, 23 janvier 1887)

Bien qu’il soit né au sein d’une famille établie à Joinville où son père est employé à l’enregistrement, Eusèbe Caverot a des origines vosgiennes, puisque sa mère était de Neufchâteau, et il y passa une partie de son enfance auprès de ses grands-parents Noël. Il est envoyé au collège à Troyes puis à ceux de Dôle et de Saint-Acheul, tenus par les jésuites.
C’est ensuite, après quelques études de droit et un poste dans les bureaux du ministère de la guerre, le séminaire Saint-Sulpice à Paris en 1828. Il est ordonné prêtre le 19 mars 1831. Le cardinal de Rohan l’appelle à l’église cathédrale de Besançon comme vicaire puis, en 1835, comme chanoine archiprêtre. Atteint de laryngite, il est ensuite affecté à l’aumônerie de plusieurs communautés religieuses avant d’être nommé vicaire général du cardinal Mathieu en 1846.
Le 16 mars 1849, il est fait évêque de Saint-Dié ; sacré le 22 juillet, il entre à Saint-Dié le 5 août 1849.
Il s’occupe tout d’abord de la formation initiale puis continue des prêtres, de l’achèvement du séminaire de Foucharupt à Saint-Dié et de celui de Châtel, de l’acquisition et de l’aménagement de celui d’Autrey. Il organise des cycles de conférences pour les prêtres en fonction.
Il acquiert, grâce au legs du curé de Bulgnéville, le Petit Saint-Dié, l’ancien ermitage de Déodat, y fait préparer une maison de retraite pour prêtres âgés et restaure la chapelle. La maison avec ses trois logements servira peu, car elle est très froide et trop éloignée de la ville.
En 1854, il impose la liturgie romaine. Il aide de ses deniers et donne une constitution à la Congrégation du Pauvre-Enfant-Jésus créée par Justine de Bonnay à Charmois-l’Orgueilleux en 1855, et dont il devient le supérieur. Il réorganise également et soutient la Providence de Portieux, les Réparatrices de Godoncourt, les Dominicaines de Neufchâteau, les Trappistines d’Ubexy, les Soeurs du Saint-Esprit à l’hôpital de Neufchâteau, les Soeurs de Saint Charles à Châtel et les Soeurs de Niederbronn à Épinal (1855), Saint-Dié (1867) et à Gérardmer (1867).
En 1853, avec son appui, la Congrégation de Notre-Sauveur est en mesure de revivre et d’inaugurer la nouvelle église de Mattaincourt où Lacordaire vient faire le panégyrique du Père Fourier. Après avoir tenu deux synodes diocésains en 1864 et 1866, il publie de nouveaux statuts synodaux.
D’abord gallican dans sa jeunesse, il vote au concile de 1870 en faveur de l’infaillibilité pontificale et il publie les actes du concile en 1872. En 1873 il bénit à Senones le monument de dom Calmet. L’un de ses derniers actes importants à Saint-Dié est la consécration du diocèse au Sacré Coeur le 16 juin 1874.
Le 20 avril 1876, il est nommé archevêque de Lyon et cardinal l’année suivante (12 mars 1877). Il s’attache essentiellement à réorganiser l’administration diocésaine, à créer et développer les facultés catholiques et, après 1880, à multiplier les écoles libres.
Il est inhumé à Lyon. Par testament, il a laissé une somme de 3 000 francs destinée à restaurer l’église Notre-Dame de Saint-Dié.
Bibl. : Martin.-
Histoire des diocèses de Toul, Nancy et Saint-Dié, tome III, p. 514-545.
Levêque (L.).-
Petite histoire religieuse des Vosges, Mirecourt, 1949, p. 109-114.
Dechelette (J.).-
Vie du cardinal Caverot, archevêque de Lyon, Lyon, 1890.
[Albert Ronsin].