1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BAR (Catherine de), en religion Mechtilde du Saint-Sacrement, religieuse, fondatrice de la Congrégation des Bénédictines du Saint-Sacrement
(Saint-Dié, 31 décembre 1614 - Paris, 6 avril 1698)

Née au sein de la famille Barre (mais Catherine adoptera toute sa vie la forme de Bar) qui compte sept enfants, elle est très tôt attirée par la vie religieuse. Elle entre chez les Annonciades de Bruyères en novembre 1631 et prend l’habit sous le nom de soeur Saint-Jean-l’Evangéliste. Sa vive piété incite ses compagnes à l’élire supérieure malgré son jeune âge, en 1635. Devant l’armée suédoise, les soeurs se réfugient à Badonviller puis s’installent à Commercy où soeur Saint-Jean-l’Evangéliste ouvre un pensionnat (1636). La peste atteint le nouvel établissement et beaucoup de soeurs meurent. Soeur Saint-Jean-l’Evangéliste se réfugie à Saint-Dié chez ses parents.
En 1639, elle entre chez les Bénédictines et le 2 juillet 1640 elle fait profession et prend le nom de Catherine de Sainte Mechtilde au couvent de Rambervillers. La même année, toujours à cause de la guerre, elle fuit Rambervillers, se retrouve à Saint-Mihiel où elle est secourue par des prêtres envoyés par saint Vincent-de-Paul pour secourir la population. Ce sont eux qui avisent l’abbesse de Montmartre de la détresse des bénédictines de Saint-Mihiel. En 1641, cette abbesse les accueille ; Mechtilde y subit l’influence mystique de Mère Charlotte Le Sergent.
Mechtilde est envoyée à Caen pour diriger le couvent Notre-Dame de Bonsecours de 1647 à 1650 puis, celui de Rambervillers s’étant reformé, elle y revient et est élue prieure. Dès l’année suivante, elle regagne Paris, la guerre s’étant rallumée en Lorraine.
Elle décide alors de créer un nouvel institut voué à l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement de l’autel et en rédige la Règle. Avec la protection de la reine Anne d’ Autriche et l’aide matérielle de Parisiens, s’ouvre rue Férou, en 1653, le premier monastère qui accueille les soeurs lorraines réfugiées à Paris et qui est transféré rue Cassette en 1658. L’institut est approuvé par le pape Alexandre VII le 20 septembre 1660. Plusieurs couvents acceptent la règle : celui de Toul (créé en 1664), de Rambervillers (agrégé en 1666), Notre-Dame de Consolation de Nancy (1669). En 1670, Louis XIV officialise les fondations et le pape Innocent XI érige l’institut en Congrégation et lui octroie de nombreux privilèges (1676). Les monastères se développent à la diligence de Mère Mechtilde : Rouen (1676), Paris rue Neuve Saint Louis (1684), Caen (1695), Chatillon-sur-Loing (1688), Varsovie (1688), enfin Dreux (1696).
Notons que Mechtilde souhaita établir à Saint-Dié le premier monastère lorrain de sa congrégation; elle avait l’appui du duc de Lorraine et des habitants mais le chapitre des chanoines s’y opposa.
Bibl. : Daoust (J.).-
Catherine de Bar, mère Mechtilde du Saint-Sacrement, Paris, Téqui, 1979.
D.B.F., tome V, col. 111, 113.
Pfister (C.).-
Catherine de Bar, sa vie et son œuvre, in
Bulletin de la Société Philomatique Vosgienne, tome 22, 1896-1897, p. 215-238.
Duquesne.-
Vie de la vénérable mère Catherine de Bar, 1775.
[Albert Ronsin].