Antoine GUÉNARD

[ Damblain (88) , 15/12/ 1726 – Fléville (54) , 1806 ]

ecclésiastique

Biographie vosgienne

1845 — Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton

Damblain est la patrie de deux hommes distingués :

- Jean Villot, médecin de René d’Anjou, fort savant pour son époque, et qui mourut à Nancy vers la fin du XVe siècle ;

- et l’abbé Guinard, jésuite, né le 15 décembre 1726. Il est auteur du Discours sur l’esprit philosophique, couronné par l’académie française en 1757. Laharpe, dans son Cours de littérature, et l’abbé Maury, dans son Essai sur l’éloquence de la chaire, parlent de ce discours comme d’un phénomène littéraire ; M. Cousin, lui—même, en a fait un éloge non suspect dans le Journal des Savants (juin 1843).

Le P. Guinard avait, en outre, composé un ouvrage étendu où il réfutait certains articles de l’Encyclopédie. Les personnes auxquelles il en avait communiqué quelques extraits, le regardaient comme tout-à-fait digne de son Discours, pour la pensée et pour le style.

Malheureusement, en 1793, le P. Guinard brûla ses manuscrits, soit qu’il crût ce sacrifice nécessaire à sa sûreté personnelle, soit plutôt qu’il craignit qu’on ne séparât les réponses des objections qu’il avait présentées dans toute leur force pour mieux les réfuter, et qu’on ne rendit ainsi son ouvrage aussi dangereux qu’il devait être utile.

Le P. Guinard est mort et a été inhumé au château de Fléville (Meurthe), où il avait vécu 40 ans.


[Tome 2, page 147].

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

GUINARD Antoine.- Jésuite, aumônier de la duchesse de Brancas, naquit à Damblain (arrondissement de Neufchâteau) en 1726. Il remporta le prix d’éloquence décerné par l’Académie française, en 1755 ; le sujet proposé était un discours sur l’Esprit philosophique. Son travail fut tellement remarquable, que La Harpe, qui le cite comme un chef-d’œuvre, témoigne le regret que Guinard ne se soit pas livré à d’autres compositions.

Le savant jésuite ne demeurait point inactif ; retiré dans la solitude, il réfutait tous les articles de l’Encyclopédie dirigés contre la religion. Son œuvre était terminée, lorsqu’en 1793, dans un moment de terreur panique, il jeta au feu le manuscrit qui lui avait demandé tant d’années ! Il mourut peu de temps après, en 1795, au château de Fléville, dont il était le chapelain.

De même que La Harpe, l’abbé Maury, dans ses Essais sur l’éloquence de la chaire, et M. Cousin, dans le Journal des Sçavants (juin 1843), citent le discours de Guinard, couronné par l’Académie française, comme un chef-d’œuvre.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

GUINARD (Antoine), aumônier de la duchesse de Brancas, naquit à Damblain en 1726.

L’Académie française lui décerna le prix de l’éloquence en 1751. Son discours sur l’Esprit philosophique fut applaudi par La Harpe qui témoigna plus tard le regret que Guinard ne se soit pas livré à d’autres chefs-d’œuvre.

Il venait de terminer sa Réfutation sur tous les articles dirigés contre la religion dans l’Encyclopédie, quand, dans un moment de terreur en 1793, il brûla son manuscrit.

Il mourut en 1795, au château de Fléville.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

GUÉNARD.- Un savant plus illustre, le P. Guénard, Jésuite, naquit en ce même lieu [Damblain], en 1726.

Un discours sur l’Esprit philosophique ayant été mis au concours par l’Académie française, le prix lui en fut adjugé ; son travail parut tellement remarquable, que La Harpe le cita comme un chef-d’oeuvre hors ligne : ce jugement a été confirmé par l’abbé Maury et par Victor Cousin.

Retiré dans la solitude, au château de Fléville, près de Nancy, après la dissolution de la compagnie de Jésus, l’abbé Guénard y entreprit un grand ouvrage, destiné à réfuter les attaques de l’impiété contre la religion ; malheureusement, il ne termina son oeuvre qu’en 1793, moment fatal où tout s’écroulait autour de lui : on ne sait ce qui le détermina au sacrifice d’un ouvrage qui lui avait coûté tant d’années de travail ; mais on croit qu’il le jeta lui-même au feu.

Il mourut, en 1795, dans la paix de sa solitude de Fléville.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

GUINARD (Antoine).- Né à Damblain le 15 décembre 1726, il entra dans la compagnie de Jésus et se livra à des travaux philosophiques.

En 1755, il concourut à l’Académie française pour le prix d’éloquence. Le père Guinard obtint le prix avec un discours sur l’Esprit philosophique qui passe pour un chef-d’œuvre.

Aumônier de la duchesse de Brancas, chapelain du château de Fléville, le père jésuite Guinard est mort en 1795.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

GUÉNARD (Antoine), jésuite, homme de lettres et philosophe

Damblain, 15 décembre 1726 - Château de Fléville, 1806


Antoine Guénard, issu d’une famille modeste, effectue cependant de bonnes études. Il fait profession en 1754 dans l’ordre des Jésuites et devient préfet du collège de Pont à Mousson. Il se passionne pour la philosophie et se révèle bientôt un spécialiste de l’histoire de cette discipline. Dès 1751, il reçoit le prix d’éloquence de l’Académie française qui couronne également son Discours sur l’esprit philosophique en 1757. Jean François Laharpe, poète et critique lui fait l’honneur d’applaudir à la publication de cette oeuvre. Quand d’Alembert et Diderot publient l’Encyclopédie, Antoine Guénard entreprend de réfuter de nombreux chapitres. Il s’agit surtout des articles dirigés contre la religion. Il termine sa Réfutation vingt ans après la parution du dernier volume de l’Encyclopédie. Il la détruit cependant en 1793, par peur d’être l’objet de représailles.

Pendant ce temps, il devient chapelain de la chapelle castrale de Fléville quand les Jésuites sont expulsés de France. Il réside habituellement dans cette magnifique demeure située au sud de Nancy, qui appartient à Antoine Bernard, comte des Armoises et à Anne de Beauvau son épouse. Il rend de nombreux services à ces derniers et devient leur homme de confiance et leur confident. Lorsqu’elle dicte ses dernières volontés le 6 mai 1765, la comtesse lui lègue tous ses manuscrits conservés dans des boîtes en carton ainsi que tous ses livres ; ceux-ci se trouvent à Fléville et dans sa maison de Nancy. Elle lui constitue également une pension viagère de 1 000 livres. Antoine Guénard rédige son épitaphe funéraire quand elle disparaît en août 1766.

Il gère ensuite les biens du comte des Armoises, devenu impotent. Celui-ci lui témoigne sa reconnaissance quand il dicte son testament le 2 janvier 1768. Après son décès, Antoine Guénard devient aumônier de la duchesse de Brancas, qui réside à Fléville à titre de locataire, de 1776 à 1784. Cette grande dame y reçoit l’élite de la société lorraine et notamment le prince de Bauffremont, madame de Lenoncourt, madame de Graffigny, madame Durival et l’abbé Cérutti. Antoine Guénard continue à résider à Fléville jusqu’à sa disparition.


Bibl. : Franck (Ad.).- Dictionnaire des Sciences philosophiques, Paris, 1875, p. 959 et 960.
Poull (G.).- Fléville, son château et ses seigneurs, 1988.


[ Georges Poull ]

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