Jean Baptiste PERRIN

[ Damas-et-Bettegney (88) , 05/03/ 1754 – Épinal (88) , 26/04/ 1815 ]

avocat , législateur

Biographie vosgienne

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

PERRIN Jean-Baptiste, dit Perrin des Vosges.- Né à Damas-devant-Dompaire (arrondissement de Mirecourt), fut envoyé par le département des Vosges à la Convention nationale, où il vota la mort de Louis XVI, sans développer les motifs de son vote. Dans la séance du 16 avril 1793, il appela l’attention de la Convention sur les femmes des volontaires du département des Vosges, dont deux bataillons avaient été massacrés, et demanda pour elles des secours.

Il soutint, à la tribune, divers projets de finance, et s’éleva avec force contre les royalistes et les partisans de la terreur. Entré au comité de sûreté générale, il demanda le rapport de la loi des suspects, et proposa l’arrestation des auteurs des motions faites à la commune contre l’assemblée. A la chute de Robespierre, il fut chargé de renouveler les autorités du Gard, de l’Hérault et de l’Aveyron ; la Convention l’envoya aussi en mission dans les départements des Ardennes, du Nord et du Pas-de-Calais, et contrairement à d’autres de ses collègues, il ne se livra à aucun acte de violence. Lors des troubles du 12 germinal, il demanda avec énergie le renvoi de 50 000 étrangers qui s’étaient fixés à Paris depuis trois mois, et fit décréter que tout individu qui arracherait ou tenterait d’arracher la cocarde nationale, serait traduit sur-le-champ devant une commission militaire.

Réélu au conseil des Cinq-cents, il y présenta plusieurs projets de financé et soutint les propositions de Bailleul sur le même objet. En 1798, il entra au conseil des anciens. dont il fut d’abord secrétaire, puis président. Il se rallia au mouvement du 18 brumaire, et fut nommé membre de la commission chargée de rédiger un nouveau projet de constitution ; il fit ensuite partie du corps législatif dont il fut le premier président. Il est mort subitement en 1815, sur la promenade du Cours à Épinal, où il s’occupait de la réorganisation de la garde nationale, après le retour de l’île d’Elbe.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

PERRIN (Jean-Baptiste), dit Perrin des Vosges, ou prince Perrin, était négociant à Épinal à l’époque de la révolution. Il s’en montra zélé partisan, remplit des fonctions municipales, et fut élu député à la Convention où il vota la mort de Louis XVI, sans aucune explication.

Le 16 avril 1793, il monta à la tribune et demanda des secours pour les femmes des volontaires des Vosges, dont deux bataillons avaient été massacrés. Il monta souvent à la tribune pour parler d’objets de finances, et attaqua avec force les royalistes ainsi que les amis de la Terreur ; on lui doit cette justice, qu’il ne se rendit coupable d’aucun acte de violence durant le cours de sa mission dans les départements des Ardennes, du Nord et du Pas-de-Calais. Il alla renouveler les autorités du Gard, de l’Hérault et de l’Aveyron, après la chute de Robespierre, revint ensuite à la Convention et fit partie du Comité de sûreté générale.

Lorsque les troubles du 12 germinal éclatèrent, il demanda que l’on renvoyât de Paris, 50 000 étrangers qui y étaient venus depuis trois mois, 8 000 militaires suspendus et destitués, et fit décréter que quiconque arracherait ou tenterait d’arracher la cocarde nationale, serait sur le champ traduit par-devant une commission militaire. On le vit s’élever avec véhémence contre les sections insurgées de Paris, quoiqu’il eût renouvelé la proposition de confier l’élection des deux tiers de la Convention aux assemblées électorales.

Appelé au conseil des Cinq-Cents, il présenta un projet de finances, appuya des propositions et Bailleul sur le même sujet, se prononça en faveur des mandats, défendit un projet sur la libération des acquéreurs de domaines nationaux, et signala comme perturbateurs de son département les déportés rentrés et les prêtres réfractaires. Du conseil des Cinq-Cents, il passa à celui des Anciens, en 1798, en devint d’abord secrétaire, puis président. Il approuva les évènements du 18 brumaire et fit partie de la commission chargée de rédiger une nouvelle constitution. Perrin siégea plusieurs années au Corps législatif, dont il fut le premier président. Il est mort subitement, en 1815, sur la promenade du Cours à Épinal, en criant Vive l’Empereur ! et au moment où il s’occupait de la réorganisation de la garde nationale, après le retour de l’île d’Elbe.

Il était né à Damas-devant-Dompaire, arrondissement de Mirecourt. Il était le père de Mme Doublat.

1882 — Annuaire des Vosges / Léon Louis

PERRIN Jean-Baptiste.- L’un des huit Vosgiens représentants du peuple à la Convention (avec Balland, Bresson, Couhey, Hugo, Noël, Poulain-Grandprey, Souhait).

Le prince Perrin, comme on l’appela par la suite, était le frère d’un sergent d’artillerie, libéré du service, qui venait de partir à l’armée du Rhin comme chef d’un bataillon de volontaires de la Drôme et devait, quinze ans après, recevoir le grade de maréchal de France et le titre de duc de Bellune, sous le pseudonyme de Victor, son prénom, qui avait complètement effacé son nom de famille.

Perrin était né à Damas-devant-Dompaire, mais fort jeune, il s’était établi négociant à Épinal. Commandant la garde nationale d’Épinal en 1789, maire d’Épinal en 1790, il fut élu en 1791 président du directoire du département, poste qui équivaut à peu près à celui de président du Conseil général dans notre organisation actuelle. Un troisième frère était président du tribunal du district d’Épinal [p. 17].

Perrin et Bresson demeurèrent numéro 1, rue de Louvois [p. 18].

Quand le procès du roi fut terminé et que les représentants eurent à rendre leur jugement, voici comment se prononcèrent les Conventionnels vosgiens. Sur la première question posée : Louis Capet, ci-devant roi des Français, est-il coupable de conspiration contre la liberté et d’attentat contre la sûreté générale de l’État ?, la députation des Vosges fut unanime, comme la Convention elle-même, et déclara que Louis était coupable. Seul, Noël, par un scrupule de conscience, d’ailleurs fort louable, refusa de se prononcer : J’ai l’honneur d’observer, dit-il, que mon fils était grenadier aux bataillons des Vosges ; il est mort sur 1es frontières en combattant des ennemis que Louis est accusé d’avoir suscité contre nous. Louis est cause première de la mort de mon fils, la délicatesse me force à ne pas voter. N’était-ce pas reconnaître implicitement et de la façon la plus touchante la culpabilité de l’ex-roi ? Poulain fit remarquer qu’il était regrettable d’établir une confusion de pouvoirs et d’être en même temps juges et accusateurs, mais vota cependant.

Sur le second point : Le jugement qui sera rendu sur Louis sera-t-il soumis à la ratification du peuple, réuni dans ses assemblées primaires ?, Souhait, Bresson, Couhey, Balland et Poulain-Grandprey se prononcèrent pour l’affirmative ; seul Perrin répondit non. Quant à Noël, il se récusa de nouveau d’après les motifs qu’il avait énoncés lors du premier appel nominal et ne prit pas part non plus au scrutin suivant.

Enfin pour le troisième vote, objet aujourd’hui encore de tant de colères : Quelle peine Louis, ci-devant roi des Français, a-t-il encourue ?, les représentants des Vosges se séparèrent en Montagnards et Girondins en votant les uns la mort du roi, les autres simplement sa détention.

Poulain-Grandprey parla le premier : Je dis : Louis étant déclaré coupable mérite la mort ; mais je demande qu’il soit sursis à l’exécution jusqu’à l’acceptation de la Constitution, ou jusqu’au moment où les ennemis envahiraient notre territoire. Poulain n’avait-il donc pas assez d’une invasion allemande et lui en fallait-il une seconde pour oser frapper le coupable ?

Balland fut assez peu net dans son vote : L’intérêt public commande que le tyran n’ait jamais de successeur. Ainsi je vote, quant à présent, pour sa détention, sauf à le bannir ou à le faire mourir, si le peuple le veut. Il était, comme on voit, prêt à toutes les solutions.

Perrin, qui se montra le plus énergique de tous, dit brièvement : Je prononce la peine de mort.

Souhait fut moins résolu, quoique votant d’ordinaire avec Perrin : Je vote pour la mort, mais je demande qu’elle soit suspendue jusqu’à la ratification de la Constitution. En attendant cette époque, je demande la détention.

Couhey timidement dit : Je vote pour la détention et je demande que Louis soit banni trois ans après la paix.

Bresson vint le dernier : Je demande que Louis soit détenu jusqu’à l’époque où la tranquillité publique permettra de le bannir.

Au total, trois membres avaient voté la mort avec ou sans conditions, et trois avaient préféré la détention [p. 19-20].

[Annuaire 1882, Félix Bouvier : Les Conventionnels vosgiens].

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

PERRIN Jean-Baptiste, dit des Vosges.- Damas a donné naissance à un personnage diversement apprécié par les diverses opinions politiques, à Jean-Baptiste Perrin, dit des Vosges.

Envoyé à la Convention nationale par le département, il y vota malheureusement la mort du roi, sans développer les motifs de son vote : ce fut un grand crime sans nul doute, et presque inexplicable ; car cet homme ne mérita point d’être mêlé à la tourbe des scélérats qui désolèrent la France à cette époque.

Il eut plusieurs fois le courage de monter à la tribune, pour y soutenir des opinions généreuses ; il s’y éleva contre les partisans de la terreur ; il y demanda la révocation de la loi des suspects ; il applaudit à la mort de Robespierre, à laquelle il eut même l’honneur de contribuer. Envoyé en mission dans le Gard, l’Hérault et l’Aveyron, puis dans les Ardennes, le Nord et le Pas-de-Calais, jamais il ne s’y livra, contrairement à beaucoup de ses collègues, à aucun acte de violence. En 1798, il entra au conseil des Anciens, dont il fut d’abord secrétaire et ensuite président. Il se rallia au coup d’État du 18 brumaire et fut nommé membre de la commission constitutionnelle. Il fit partie du Corps législatif, dont il devint encore président.

Il accepta l’Empire, auquel toujours il demeura fidèle, sans jamais accepter aucun des titres dont s’affublèrent tant de démagogues. Il vit avec désespoir la Restauration, et avec enthousiasme le retour de l’île d’Elbe. A l’annonce de ce retour, il se précipita parmi la foule, pour l’acclamer, et tomba frappé d’apoplexie, sur le Cours, à Épinal, en criant : Vive Napoléon !

Sa fille unique épousa le banquier Doublat, qui fit tant de bruit par son immense fortune, et plus encore par sa déplorable faillite, qui ruina tant d’humbles et tant d’honnêtes familles.

Son neveu, dit aussi Perrin des Vosges, a représenté le département à la Chambre des députés, sous le gouvernement de Juillet, dont il fut un des plus ardents soutiens.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

PERRIN (Jean-Baptiste).- Né à Damas-devant-Dompaire, le 5 mars 1754, il était négociant à Épinal au moment de la Révolution.

Élu commandant de la garde-nationale d’Épinal en 1789, il devint, le 6 septembre 1791, administrateur du département des Vosges, et le 14 décembre 1791 on le nomma président du directoire du département. Ce fut lui qui proclama la Patrie en danger à Épinal. Le 4 septembre 1792, il fut élu représentant du peuple des Vosges à la Convention nationale, le quatrième sur huit, par 228 voix, après avoir échoué contre Hugo avec 144 voix contre 257. Il siégea à la Montagne et vota sans phrases la mort du roi. Chargé de plusieurs missions aux armées ou dans les départements, il s’en acquitta avec énergie.

Le 12 octobre 1795, il était réélu député des Vosges, le deuxième sur cinq, par 203 voix et allait siéger au Conseil des Cinq-Cents. Sorti par le sort, en l’an VI, Perrin fut aussitôt réélu par les Vosges, avec 254 voix sur 268 votants, membre du Conseil des Anciens. Il en devint peu après le président et s’y constitua l’un des agents du général Bonaparte. Il applaudit au 18 brumaire, fit partie de la commission intermédiaire chargée de préparer la Constitution de l’an VIII. Député des Vosges au Corps législatif en 1800, il en fut nommé président par 215 voix sur 241 membres, et dirigea les débats jusque 1803.

Sorti à ce moment par la voie du sort, il se retira à Épinal dans sa belle propriété de Bellevue, n’étant plus que membre du Conseil général des Vosges. Cependant, en 1815, au retour de Napoléon de l’île d’Elbe, lorsqu’il s’agit de tenir tête une fois de plus à l’Europe coalisée contre la France, il retrouva son ancienne ardeur patriotique et présida à l’organisation des gardes nationales vosgiennes. Tandis qu’il passait en revue, sur le Cours, à Épinal, de nouveaux contingents, et qu’il les exhortait, Perrin mourut subitement, en poussant le cri de Vive l’Empereur ! C’était le 26 avril 1815.

Veuf depuis de longues années d’une demoiselle Gouvernel, Perrin n’avait qu’une fille qu’il maria à Christophe Doublat, receveur général des finances des Vosges.

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