Dieudonné THIÉBAUT

[ Rupt-sur-Moselle (88) , 26/12/ 1733 – Versailles (78) , 05/12/ 1807 ]

homme de lettres

Biographie vosgienne

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

THIÉBAUT Dieudonné.- Littérateur, né à la Roche, près de Remiremont, le 26 décembre 1733, fit ses études à Colmar, à Dijon et à Épinal, et fixa ensuite son domicile à Paris, où il publia, sous le pseudonyme de Demandre, un Dictionnaire de l’élocution française. Cet ouvrage fut bientôt suivi d’un opuscule intitulé : Apologie des jeunes ex-jésuites. Ce dernier écrit fit une grande sensation, et, quoique publié sous le voile de l’anonyme, M. de Sartine parvint à découvrir l’auteur, qu’il félicita.

L’abbé d’Olivet et d’Alembert lui ayant proposé la chaire de grammaire générale que Frédéric II fondait à Berlin, il quitta la France, gagna promptement la confiance de Frédéric qui le gratifia d’une pension et le chargea de toutes ses communications à l’Académie des sciences. Après un séjour de 20 ans à Berlin, Thiébaut revint en France, où il exerça diverses fonctions, entre autres celle d’inspecteur des rôles à Épinal.

Nommé proviseur du lycée de Versailles, il mourut dans cette ville, le 5 décembre 1807.>:p>

Thiébaut possédait plusieurs langues et était membre d’un grand nombre d’Académies étrangères.

Il a écrit un nombre d’ouvrages outre ceux désignés ci-dessus, je citerai comme tenant le premier rang :
- Les Adieux du duc de Bourgogne et de Fenélon, son précepteur, ou Dialogue sur les gouvernements ; 1 vol. in-12. Paris, 1788.
- Traité du style ; 1786.
- Nouveau plan d’enseignement public ; Rouen, 1769.
- De la librairie et de la liberté de la presse ; Paris, 1789, 2 vol. in-12.
- De l’enseignement des écoles centrales ; Paris, 1797.
- Traité sur l’esprit public ; Strasbourg, 1798.
- Souvenirs de vingt ans de mon séjour à Berlin, ou Frédéric le Grand, sa famille, sa cour, ses amis et son gouvernement ; Paris, 1804 ; 5 vol. in-8°.

Il a donné en outre un grand nombre d’articles à des dictionnaires français ou étrangers, publiés de son temps.

Il est le père du lieutenant général Thiébaut, né à Berlin, que quelques biographes font naître, à tort, dans le département des Vosges.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

THIÉBAULT (Dieudonné), né à La Roche, près de Rumont, le 26 décembre 1733, mort à Versailles le 5 décembre 1807.

Après avoir fait de bonnes études à Colmar, à Dijon et à Épinal, il alla se fixer à Paris, où il publia un ouvrage qui lui attira les éloges les plus flatteurs : Dictionnaire de l’élocution française. Il publia ensuite Apologie des jeunes ex-séminaristes. Cet opuscule fit grande sensation, et M. de Sartine ayant découvert le véritable nom de l’auteur, lui adressa les plus grandes félicitations.

La chaire de grammaire générale que fondait en ce moment Frédéric II à Berlin, lui fut offerte par d’Alembert et l’abbé d’Olivet. Thiébault accepta et habita Berlin pendant vingt ans, où tous les plus grands personnages avaient pour lui la plus grande vénération et la plus profonde et véritable amitié. Il revint en France, se fixa à Épinal, où il exerça les fonctions d’inspecteur des rôles. Il fut nommé à diverses autres fonctions. Enfin, il fut nommé proviseur du lycée de Versailles. Ce fut sa dernière demeure. Il y mourut. Il a écrit des ouvrages qui ont été très recherchés.

1879 — Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim

THIÉBAUT Dieudonné.- Littérateur, né à Laroche (Lorraine), 1733-1807.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

THIÈBAUT.- Au hameau de la Roche [à Rupt-sur-Moselle], est né, en 1733, un littérateur de mérite, linguiste distingué, qui professa vingt ans à Berlin, sous le règne de Frédéric le Grand, et publia un assez grand nombre d’ouvrages, dont le plus sérieux est intitulé : Souvenirs de Berlin.

Il a eu pour fils le général de division Thièbaut.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

THIÉBAULT (Dieudonné).- Né le 26 décembre 1733 à La Roche, près de Rumont ; ce fut un grammairien distingué que le roi de Prusse Frédéric II appela à Berlin pour lui confier une chaire de grammaire générale ; il y resta vingt ans.

Il revint ensuite à Épinal, puis fut nommé proviseur du lycée de Versailles.

Il y mourut, le 5 décembre 1807.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

THIÉBAUT (Dieudonné) , homme de lettres
Ban de Longchamp, 26 décembre 1733 – Versailles, 5 décembre 1807


Dieudonné Thiébaut, fils de cultivateurs aisés du ban de Longchamp, vient au monde à La Roche, l’un des nombreux hameaux de cette circonscription administrative qui fait partie aujourd’hui de la commune de Rupt-sur-Moselle.

À l’issue de ses études, il entre dans la Compagnie de Jésus et devient professeur de latin à Nancy, Bar-le-Duc, Châlons et Chaumont. Il compose une tragédie chrétienne, ainsi qu’un pamphlet destiné à combattre les parlements de province. Il quitte ensuite l’ordre des Jésuites pour entreprendre des études de droit. Il rêve de devenir avocat à Colmar. Brusquement, il change d’avis, se fixe à Paris et se lance dans la littérature.

Il publie un dictionnaire d’élocution française et compose une comédie. Il se lie d’amitié avec d’Alembert, Cerruti et l’abbé d’Olivet, qui lui proposent d’occuper l’emploi de professeur de grammaire générale dans l’École militaire que le roi Frédéric de Prusse vient de fonder à Berlin. Il accepte et se rend aussitôt dans ce pays où il séjourne durant 20 ans. Accueilli avec bienveillance par son souverain, il devient le lecteur de tout ce que ce dernier adresse à l’Académie, l’éditeur de ce qu’il fait imprimer et le correcteur d’un grand nombre de ses ouvrages.

Il revient en France en 1784 et retrouve Charles Nicolas Deslon, originaire comme lui de la haute vallée de la Moselle. Celui-ci est alors médecin du comte d’Artois et célèbre, en raison de ses expériences sur le magnétisme. Dieudonné Thiébaut publie également une brochure destinée à vulgariser cette prétendue science.

Il a ensuite l’idée de fonder une compagnie d’assurances contre les incendies. Il devient enfin chef des bureaux de la Librairie royale et gardien des archives du garde-meubles de la Couronne. Cette fonction est supprimée au début de la Révolution. Il séjourne un moment à Lyon, revient à Épinal avant d’être nommé proviseur du lycée de Versailles.

Son œuvre principale a pour titre : Souvenirs de vingt ans de séjour à Berlin.

Il n’avait pas été ordonné prêtre et s’était marié avant de partir pour Berlin où est né son fils Paul Charles Dieudonné, baron Thiébaut, le 14 décembre 1769.


Bibl. : Georgel (Alcide).- Armorial des familles de Lorraine, 1882, p. 611 à 613.
Poull (G.).- Les Vosges.- Editions France-Empire, 1985, p. 179-180.


[ Georges Poull ]

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