2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
JEANMAIRE Eugène
(17 juillet 1808, Épinal - 10 mars 1886, Épinal)
• Conseiller municipal d’Épinal de 1876 à 1886
• Député des Vosges de 1871 à 1881
• Avocat
• Marié
Le mercredi 10 mars 1886, Eugène Jeanmaire, membre des deux Chambres des députés élues, la première en 1876, la seconde en 1877, s'éteint au chef-lieu. Fils de François Jeanmaire et de Anne-Marguerite Claudel, il voit le jour dans la cité des Images au début du XIX siècle. Conseiller municipal, il chérit avant tout sa ville natale. Il n'est pas de questions qui lui tiennent plus à cœur que celles ayant pour objet l’amélioration d’Épinal et de ses sites pittoresques. Cette affection, qu'il confie à tous, Eugène Jeanmaire la reporte à ses concitoyens. Et ceux-ci lui rendent bien. Il se mêle vers 1840 à la vie politique, pour préparer l'avènement dans les Vosges des idées libérales. Secrétaire du comité central républicain en 1848, il demande à ses amis de favoriser par tous les moyens légaux l’essor de cette démocratie naissante. Le fruit de ses efforts est perdu par le coup d’État du 2 décembre 1851.
Pendant l’Empire, il est au premier rang de ceux qui protestent. Eugène Jeanmaire se consacre à maintenir intacte l'union de démocratie et fonde la
Ligue de l’enseignement. Inscrit au tableau des avocats, il met ses connaissances étendues à la disposition de tous ceux qui viennent le consulter. C’est dans cette période qu’il jette les jalons de sa popularité, qui le conduisent avec succès à la politique. En 1876, maître Jeanmaire est élu membre du conseil d'arrondissement, conseiller municipal et député des Vosges pour la circonscription d’Épinal, battant aisément le concurrent sortant, le
baron de Ravinel. Dans sa profession de foi, il promet d'affermir la République conservatrice, qui, seule, peut donner l'ordre et la sécurité.
Aux élections du 14 octobre 1877 demandées par le président de la République Mac-Mahon, il est réélu député face au candidat du maréchal, industriel de Semouse, Victor de Pruines. En 1881, Eugène Jeanmaire dont la vue s'est considérablement affaiblie renonce à se présenter et laisse la place à son gendre, maître
Alfred Brugnot. Supportant courageusement l’opération de la cataracte, il s'éteint à Épinal au 8 rue du Cours, emporté par une pneumonie. Il est inhumé au cimetière d’Épinal.