Achille DERIVAUX

[ Senones (88) , 23/03/ 1776 – Nancy (54) , 06/09/ 1843 ]

général

Biographie vosgienne

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

DERIVAUX Achille.- Né à Senones en 1843. Ses deux frères, le colonel d’artillerie Charles, né à Senones en 1837, et le chef d’escadron Alexandre, né à Senones en 1858. Ces enfants de Senones avaient reçu leur éducation de l’abbaye.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

DÉRIVAUX (Achille, baron).- Natif de Senones, le général Dérivaux est né le 13 mars 1776, d’une ancienne famille ; son père, Charles Joseph, était conseiller du prince de Salm ; et son grand-père, Basile, avait été prévôt de Senones.

Dès le 18 avril 1792, avant que Senones fut réuni à la France, Dérivaux s’engagea au 3e bataillon de volontaires des Vosges, sous les ordres d’Haxo. Il assista au siège de Mayence en 1793, et y fut nommé caporal. Dirigé ensuite en Vendée, il se distingua par un trait d’humanité ; le 26 janvier 1794, il sauva un enfant vendéen, dont le père et la mère venaient d’être fusillés, et se chargea de l’élever. Le 19 juin 1794, il devenait adjoint aux adjudants-généraux (officier d’état-major), puis, le 7 août 1795, sous-lieutenant au 11e dragons, et en décembre 1795, aide de camp du général Sandoz.

Il combattit à l’armée de Rhin et Moselle, fut blessé à Mannheim, nommé lieutenant au 11e dragons en 1796, mais fut fait prisonnier le 6 octobre 1796 jusqu’au 20 mai 1797. Il fut promu capitaine au 11e dragons le 25 février 1798, fut attaché à la personne du général Bertrand et fit toute la campagne de Suisse ; il entra le premier dans Zurich, à la tête d’une compagnie de grenadiers (27 septembre 1799). Retourné avec le général Bertrand à l’armée du Rhin, il se distingua à Moeskirch et à Hohenlinden. En 1804, réformé d’abord, il fut placé ensuite capitaine au 6e dragons, passa en 1805 au 8e dragons et fut décoré de la Légion d’honneur. Blessé de nouveau en Pologne en 1807, il fut fait prisonnier et emmené en Russie.

Chef d’escadrons le 15 janvier 1809, il alla combattre en Espagne, et le 1er août 1813, il devenait adjudant-commandant (colonel d’état-major) et attaché à une division de cavalerie en Italie. Le 15 mars 1814, il était fait officier de la Légion d’honneur. Mis en demi-solde à la Restauration, Dérivaux se retira à Commercy et devint maire de cette ville de 1816 à 1819. Rappelé à l’activité et nommé colonel du 1er dragons le 21 avril 1819, il fut créé baron le 25 avril 1821, et commandeur de la Légion d’honneur le 23 mai 1825. Ce ne fut que le 22 octobre 1830, que le colonel Dérivaux fut nommé maréchal de camp (général de brigade). Il commanda la subdivision de l’Allier et passa au cadre de réserve en 1839.

Le général baron Dérivaux est mort à Nancy, le 6 septembre 1843.

Son frère aîné, Charles-Basile Dérivaux, né aussi à Senones, le 1er avril 1773, fut élève à l’École d’artillerie de Châlons, le 20 janvier 1794, et conquit tous ses grades dans l’artillerie pendant les guerres de l’Empire ; chevalier de la Légion d’honneur en 1809, sur le champ de bataille de Wagram ; officier le 4 mai 1813, il fut fait commandeur en 1832. Colonel d’artillerie, le 23 janvier 1822, il fut directeur à Mézières, et fut admis à la retraite le 1er février 1834. Le colonel Charles Dérivaux est mort à Nancy le 7 septembre 1837.

Un autre frère, Alexandre Dérivaux, a pris sa retraite comme chef d’escadrons de cavalerie.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

DÉRIVAUX (Achille) , général, baron

Senones, 23 mars 1776 - Nancy, 6 septembre 1843

Achille Dérivaux, gravure extraite de La Lorraine militaire. Basile Dérivaux, prévôt de Senones, est le père de Charles Joseph Dérivaux, avocat au parlement, conseiller du prince de Salm-Salm, notaire général et garde des sceaux de la principauté de Salm à Senones qui se marie avec Anne Aubertin. Achille Dérivaux est le 6° enfant du couple qui en aura huit.

Il s’enrôle comme simple volontaire le 18 avril 1792 au 3° bataillon des Vosges et l’année suivante assiste au siège de Mayence puis, nommé caporal, part avec son unité en Vendée. Au cours d’un combat, il recueille un jeune orphelin de 4 ou 5 ans qu’il met en pension à ses frais à Ancenis lorsqu’il part à l’Armée du Rhin. Son acte de charité suscita une pièce de théâtre jouée au Gymnase sous la Restauration et une statuette en bronze dont le roi Louis- Philippe avait un exemplaire sur son bureau à Neuilly.

Nommé sous-lieutenant au 11° régiment de dragons (7 août 1795), il quitte la compagnie du 3° bataillon des Vosges, commandée par Souhait (de Saint-Dié), et devient aide de camp du général Sandoz à l’armée du Rhin-et-Moselle. Il s’y fait remarquer par sa hardiesse et son efficacité lui vaut le grade de lieutenant (24 août 1796). Prisonnier de guerre du 6 octobre 1796 au 20 mai 1797, il revient à son unité et est élu capitaine (1798). Il part en Suisse, devient adjoint du général Bertrand (1799), participe aux batailles du passage de la Vispa et de Zurich, où il entre le premier à la tête d’une compagnie de grenadiers (27 septembre 1799). Réformé en 1804, il est remis en activité la même année. Il est membre de la Légion d’honneur le 9 juin 1805. En octobre, il prend une part décisive (prise de 30 canons, 800 prisonniers) à la victoire de Nordlingen. Blessé grièvement en Pologne le 23 janvier 1807, il est fait prisonnier. Libéré le 5 septembre 1807, il est employé à la Grande Armée et promu chef d’escadron en 1809. Admis à la retraite en 1810, il est maintenu en activité et sert en Espagne.

Le 1er août 1813, il est chef d’état-major de la cavalerie d’observation en Italie avec le grade de colonel et le 15 mars 1814 est fait officier de la Légion d’honneur. Pendant les Cent Jours, il est sous les ordres du général Rapp à la 9ème Division de cavalerie du 5ème corps. En demi-solde après Waterloo, il se retire à Commercy et en 1816 y est nommé maire. Il y introduit l’enseignement mutuel. En 1819, il est appelé au commandement des dragons du Calvados puis au 1er régiment de dragons. Le 25 avril 1821, Louis XVIII le fait baron. En 1823, il est commandeur de la Légion d’honneur et en 1830 Louis-Philippe le nomme maréchal de camp, et en 1831 commandant de l’Allier. Admis dans la section de réserve en 1839, il se retire à Nancy.

Marié en 1806, il avait deux fils qui furent militaires : Adolphe, retraité capitaine d’infanterie, Achille, sous-lieutenant assassiné par un militaire de son unité le 6 décembre 1838.

Deux frères d’Achille Dérivaux ont également servi sous les drapeaux : Charles Basile, colonel d’artillerie (1773-1837) et Alexandre, retraité chef d’escadron de dragons.


Bibl. : Hoeffer (Dr.).- Nouvelle biographie générale, Didot, t. XIII.
Nollet-Fabert (J.).- La Lorraine militaire.- Nancy, 1852, t. II, p. 67-93.


[Albert Ronsin].

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