Jacques Marie Antoine Célestin DUPONT

[ Iglésias (Sardaigne) , 02/02/ 1792 – Bourges (18) , 26/05/ 1859 ]

ecclésiastique

Évêque de Saint-Dié (1830-1835).

Biographie vosgienne

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

DUPONT (Jacques Marie Antoine Célestin).- Né à Iglesias (Alpes-Maritimes) le 2 février 1792. C’était un poète latin distingué.

Devenu prêtre en 1814, il fut attaché au séminaire de Nice, puis devint secrétaire du cardinal de La Fare, archevêque de Sens, chanoine en 1821, puis vicaire-général. Évêque in partibus de Samosate, le 29 juin 1824, il fut prédicateur de la cour de Charles X en 1828 et 1829.

Mgr Dupont a été nommé évêque de Saint-Dié le 9 mai 1830, préconisé le 5 juillet suivant. Archevêque d’Avignon le 1er mai 1835, il devint archevêque de Bourges le 15 décembre 1841, fut créé cardinal en 1847, et devint sénateur, lors du rétablissement de l’Empire, en 1852.

Mgr le cardinal Dupont mourut, aveugle, le 27 mai 1859.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

DU PONT (Jacques Marie Antoine Célestin), évêque de Saint-Dié 1830-1835

Iglésias (Sardaigne), 2 février 1792 - Bourges, 26 mai 1859

Mgr Du Pont, évêque de Saint-Dié. D’une famille originaire de Nice, Célestin Dupont est le fils d’un commissaire de la marine. Il fait ses études à Nice puis à Turin. Il commence sa théologie au séminaire de Lyon, puis en 1814 regagne Nice où il est ordonne prêtre. Il devient le secrétaire de l’évêque Colonna d’Istria et se fait recevoir docteur en droit à l’université de Turin. Mgr de La Fare, ancien évêque de Nancy, nommé à l’archevêché de Sens, fait de Dupont un chanoine de sa cathédrale (1821) et son vicaire général (1822). Il assume en fait la responsabilité de l’administration de ce diocèse car son archevêque étant devenu cardinal, pair de France et ministre, réside à Paris.

Le 2 décembre 1823, sur intervention du cardinal de La Fare, Léon II nomme Mgr Du Pont évêque in partibus de Samosate et auxiliaire de Sens, chanoine honoraire de Saint-Denis, prédicateur du roi. A la mort du cardinal de La Fare, il est nommé évêque de Saint-Dié le 9 mai 1830, non sans difficultés car il est de nationalité piémontaise.

A Saint-Dié, voulant instaurer une réforme profonde de la discipline ecclésiastique, il entre en conflit avec le chapitre cathédral à qui il impose de nouveaux statuts en 1831 et 1832, puis modifie les usages diocésains et les circonscriptions archi-diaconales. En 1832, en application d’une ordonnance épiscopale, la Congrégation de la Providence de Portieux perd ses succursales en Bourgogne et en Belgique. De nombreux prêtres élèvent des protestations. La situation à l’intérieur du diocèse est telle qu’il obtient, le 1er mai 1835, d’être transféré à Avignon où il reçoit le titre d’archevêque.

Il entreprend là encore des réformes statutaires qui sont mal reçues par son clergé, de sorte qu’il demande son transfert à Bourges, ce siège étant devenu vacant. Il y est promu le 24 janvier 1842. Il connaît là aussi de nombreuses difficultés tant avec son clergé, auquel il impose le rite romain pour la liturgie, qu’avec la population. Cependant, les bonnes relations qu’il entretient avec le gouvernement incitent le roi à demander pour lui le chapeau de cardinal, ce que le pape accepte avec réticence. Rallié au gouvernement de la République en 1848, il est chargé en 1849 d’une mission officielle auprès du pape. Napoléon III le nomme sénateur en 1852.

Il publie ses Oeuvres pastorales (Avignon, 1837, réédition : Bourges, 1845). En 1876 sont parues ses Méditations en forme de lectures pour tous les jours du mois.


Bibl. : Save (Gaston).- Sigillographie de Saint-Dié, in Bulletin de la Société Philomatique vosgienne, tome XIV, 1888-1889, p. 137.
Martin.- Histoire des diocèses de Nancy, de Toul et de Saint-Dié, tome III.


[Albert Ronsin].

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