1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
HOGARD (Henri Charles).- Fils d’un géomètre-expert et dessinateur, né à Charmes en 1776 et mort à Épinal en 1837, il naquit à Épinal, le 16 mars 1808 ; il fut agent-voyer chef du département des Vosges et y accomplit d’importants travaux, notamment la route du col de la Schlucht, et diverses améliorations à Plombières. Il a fait aussi des études géologiques. Il a été nommé officier de la Légion d’honneur, le 2 février 1865.
Hogard mourut à Gérardmer le 4 décembre 1881.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
HOGARD (Henri-Charles), agent-voyer en chef du département, géologue
Épinal, 16 mars 1808 - Gérardmer, 29 novembre 1880
Il est le fils de Henry-Joseph Hogard, géomètre.
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Membre de la Société d’Émulation, il écrit de nombreux mémoires sur la géologie et la minéralogie du département qui firent longtemps autorité. Il est un des premiers à affirmer l’existence des glaciers dans les montagnes des Vosges aux époques anciennes. Un de ses premiers travaux fut d’établir une Table des hauteurs au dessus du niveau de la mer et des positions géographiques des points principaux du système des Vosges (1835). Il s’intéresse ensuite aux différentes roches constitutives du massif vosgien, il en dresse un Tableau, paru dans les Annales de la Société d’Émulation de 1835 avant de rédiger une monumentale Description minéralogique et géologique des régions granitiques et arénacées du système des Vosges (1837) en deux volumes dont un atlas.
A partir de 1840, il avance prudemment une Observation sur les traces de glaciers qui, à une époque reculée, paraissent avoir recouvert la Chaîne des Vosges, théorie qu’il développe dans d’autres Observations sur les moraines et les dépôts de transport ou de comblement (1842), dans Notes et croquis sur les glaciers (1847) et Coup d’oeil sur les terrains erratiques des Vosges (1848).
Dix ans plus tard, il publie encore des Recherches sur les glaciers et les formations erratiques des Alpes de la Suisse, dont les planches dessinées par lui-même montrent qu’il n’était pas insensible aux beautés de la nature et qu’il avait en outre hérité du don paternel pour le dessin. Ce don, il le met aussi à contribution pour réaliser un grand nombre de cartes dont une Carte géologique des Vosges en 4 feuilles (1845), la première sans doute dans le genre.
D’abord arpenteur-adjoint avec son père, Henri Hogard devient également agent-voyer en chef du département. En tant que tel, il réalise de nombreux et importants travaux dont diverses améliorations à Plombières. On lui doit surtout le tracé et la construction de la route de la Schlucht, côté lorrain. Dès 1842, alors que le côté alsacien ne sera terminé qu’en 1845, il se montre favorable à un tracé empruntant le revers gauche des lacs de Longemer et Retournemer par Belbriette, Balveurche et le Collet suivant des pentes qui ne dépasseraient pas 3 %. Mais les formalités administratives traînèrent en longueur et les travaux du col, côté vosgien, ne commencèrent qu’en... 1858 sous la direction de Hogard après une visite de Napoléon III à la Schlucht, l’empereur se trouvant alors aux eaux de Plombières. Hogard se dévoua corps et âme pour sa tâche, au point de faire construire pour son usage personnel un chalet qui porta son nom au pied de la Roche du Diable, afin de résider plus près du chantier qu’il dirigeait. On le vit lui-même se transformer en ouvrier pour différents travaux de mine. Les travaux, entrepris en septembre 1858, furent menés avec la plus grande rapidité et un passage praticable était terminé en septembre 1859. La route était entièrement terminée en 1861.
Suivant en tout les traces de son père, Hogard fut franc-maçon et fonda avec d’autres Vosgiens dont Lapicque, la loge la Fraternité vosgienne.
Bibl. : Bossu (Jean).- Chroniques des rues d’Épinal, tome 1, p. 130.
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Pierre Heili
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