2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
CURIEN Hubert
(30 octobre 1924, Cornimont)
• Ministre de la Recherche et de la Technologie de 1984 à 1986 et de 1988 à 1992.
• Ministre délégué auprès du ministre d’État à l’Éducation nationale, à la Recherche et aux Sports, chargé de la Recherche, du 12 mai au 27 juin 1988.
• Ministre de la Recherche et de l’Espace de 1992 à 1993.
• Marié, trois enfants.
Ce grand commis de la recherche, spécialiste de la cristallographie et de la physique des corps solides, met en valeur à son ministère, dès sa nomination en 1984, ses qualités de négociateur infatigable et de fin stratège. Accentuant les actions en faveur de la recherche dans le secteur industriel, Hubert Curien contribue à la création de l’Europe technologique à travers les projets communautaires Eurêka et Esprit. Dans le domaine de la collaboration européenne spatiale, il tente en vain de convaincre ses partenaires de la nécessité de concrétiser le projet de la navette Hermès, mais parvient à réaliser le développement du lanceur Ariane 5.
Il est nommé président du conseil scientifique de défense par le ministre de la Défense André Giraud, après mars 1986, ce qui ne l’empêche pas de diriger le comité de soutien à François Mitterrand dans la campagne présidentielle. En mai 1988, il redevient ministre de la Recherche et de la Technologie (gouvernement Rocard) et de 1992 à 1993, ministre de la Recherche et de l’Espace. Ainsi prend fin, lors de la seconde cohabitation, la carrière élyséenne du ministre Curien, originaire de Cornimont dans les Vosges. En effet, ce Counehet bon teint voit le jour le 30 octobre 1924, de l’union de Robert Curien et de Berthe Girot. Ses études le mènent tour à tour, au collège romarimontain Jules-Méline, au lycée d’Épinal, puis au lycée parisien Saint-Louis et à l’École normale supérieure.
La carrière d’Hubert Curien commence dès son entrée au sein de cette prestigieuse école, où l’influence d’enseignants de valeur lui donne le goût des sciences. Mais la forte personnalité du directeur du laboratoire de physique d’Ulm, Yves Rocard, père du futur Premier ministre, oriente le jeune Hubert vers la cristallographie. Toutefois, la Seconde Guerre mondiale va faire de nombreux ravages. Profondément humain, ayant le sens du devoir, Hubert Curien revient dans les Vosges en 1944, et s’engage dans la Résistance au maquis de la Piquante-Pierre.
Devenu agrégé des sciences, docteur ès sciences, Hubert Curien officie au titre de maître de conférences, puis professeur à la faculté des sciences de Paris. Dès lors, rien n'arrêtera la marche tranquille mais obstinée du jeune agrégé de physique vers les sommets. Son long parcours professionnel le conduit à de nombreuses présidences et directions, dont celles du Centre national de la Recherche scientifique (CNRS), du Centre national d'Etudes spatiales (CNES), de l'Ecole Chimie, Physique, Electronique (CPE) de Lyon, de l'Académie des Sciences , de la Fondation de France.
Membre émérite de l'Académie des Technologies, grand officier de la Légion d'honneur,commandeur de l'Ordre national du Mérite, commandeur des Palmes académiques, le ministre vosgien est marié depuis le 20 décembre 1949 à Anne-Perrine Dumézil, fille de l’académicien Georges Dumézil, et père de trois enfants, Nicolas, Christophe et Pierre-Louis. Il est également le frère de Gilles Curien, de deux ans son aîné, ambassadeur de France et ancien directeur adjoint du cabinet de Maurice Couve de Murville et chef du cabinet de Yvon Bourges.
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Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]