Président du Conseil Général des Vosges (1871-1872).
Chevalier de la Légion d’Honneur.
Notices documentaires
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
MOUGEOT (Joseph Antoine).- Fils du précédent (Jean-Baptiste MOUGEOT) ; le docteur Antoine Mougeot naquit à Bruyères le 8 mai 1815. Docteur en médecine, en 1837, il s’associa aux travaux de son père et lui succéda comme médecin de l’hôpital de Bruyères et comme savant. Il est auteur de différentes études géologiques et botaniques sur les Vosges, et correspondant de plusieurs sociétés savantes ; il est, en outre, secrétaire de la Société mycologique de France et membre de la Société d’Émulation des Vosges depuis 1838.
Ses principaux travaux sont :
- Monographie des plantes fossiles du grès bigarré des Vosges, en collaboration avec le professeur Schimper en 1844, avec 40 planches imprimées en couleur ;
- Note sur les végétaux fossiles du grès rouge, suivie de leur comparaison avec ceux du grès bigarré ;
- Essai d’une flore du grès rouge des Vosges et description des végétaux qui s’y rencontrent, en 1852.
M. le docteur A. Mougeot a bien voulu écrire pour le présent ouvrage [Le Département des Vosges / Léon LOUIS] : Les Champignons et les Algues des Vosges qui occupent le tome II de la publication.
Chevalier de la Légion d’honneur, le 7 août 1869, il a été nommé officier d’académie le 10 janvier 1872.
Maire de Bruyères à trois reprises différentes, du 13 février 1854 à septembre 1855, puis du 16 janvier 1861 à janvier 1868, et du 6 septembre 1871 à mai 1876, M. le docteur Mougeot, pendant son administration, a fondé la Caisse d’épargne, créé la Société de secours mutuels et contribué énergiquement à la construction du chemin de fer avec gare à proximité de la ville.
Conseiller général des Vosges pour le canton de Bruyères, en février 1859, en remplacement de son père, il a siégé à cette assemblée jusqu’en 1880 ; il a été président du Conseil général d’octobre 1871 à 1873.
Candidat à la députation dans les Vosges, le 20 octobre 1872, il a réuni 25 868 voix contre 32 160 à M. Méline sans être élu. Aux élections pour le Sénat du 30 janvier 1876, il a obtenu 288 voix sans pouvoir être élu.
Le docteur Mougeot est mort à Laval, près de Bruyères, le 21 février 1889, aimé et estimé de tous.
[
Félix BOUVIER
, Biographie générale vosgienne ]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
MOUGEOT (Joseph Antoine), médecin, naturaliste
Bruyères, 8 mai 1815 – Laval-sur-Vologne, 21 février 1889
Docteur en médecine en 1837, il succède à son père Jean-Baptiste à l’hôpital de la ville de Bruyères et poursuit ses travaux en matière de géologie et de botanique sur les Vosges. Il publie essentiellement une Monographie des plantes fossiles du grès bigarré des Vosges (1844), et la partie Champignons et Algues du Dictionnaire vosgien de Léon Louis (1889).
Maire de Bruyères à trois reprises (1854-1855, 1861-1868, 1871-1876), il crée la caisse d’épargne, une société de secours mutuels et contribue à l’arrivée du chemin de fer. Il succède à son père comme conseiller général du canton de Bruyères jusqu’en 1880 et préside l’Assemblée départementale de 1871 à 1873. Candidat malheureux à la députation en 1872 contre Méline, il échoue également aux sénatoriales de 1876. Sa découverte de monnaies romaines de Constance Chlore sur le mont Avison à Bruyères permet d’y déceler une occupation ancienne, vite qualifiée de camp romain.
De son mariage avec Marie Emélie Krantz (1822-1898), fille du papetier Antoine Krantz, naissent trois enfants :
- Henri-Louis, ingénieur civil (1840-1893) dont le fils Paul sera directeur de la papeterie de Laval-sur-Vologne ;
- J.-B. Anatole (1842-1868), docteur en médecine, mort célibataire à 26 ans ;
Marie-Berthe (1851-1883) qui épousera Louis Alfred Fonfrède, magistrat.
Antoine Mougeot était chevalier de la Légion d’honneur depuis 1869.
Bibl. : Bouvier.– Biographie générale vosgienne, p. 479.
Généalogie établie par M. Michelon.
[
Pierre HEILI
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
MOUGEOT Joseph (Antoine)
(8 mai 1815, Bruyères - 20 février 1889, Laval-sur-Vologne)
• Maire de Bruyères de 1854 à 1855 puis de 1861 à 1868 et de 1871 à 1876
• Conseiller général du canton de Bruyères de 1859 à 1880
• Président du conseil général des Vosges de 1871 à 1872
• Médecin
• Marié, trois enfants
Une perte cruelle et inattendue est ressentie douloureusement au sein de la Société mycologique de France, lors du décès, après une courte maladie, du docteur Joseph Mougeot, le mercredi 20 février 1889 à l'âge de soixante-quatorze ans. À l'exemple de son illustre père Jean-Baptiste (biographie précédente), Joseph-Antoine Mougeot partage sa vie entre l'étude des plantes et le soin des malades. Il publie de nombreuses études géologiques et botaniques sur les Vosges, dans différents recueils de sociétés et dans l'annuaire, mais ses principaux travaux sont Les champignons et les algues dans les Vosges, études remarquables de 300 pages écrites pour l'ouvrage Le département des Vosges, La monographie des plantes fossiles du grès bigarré des Vosges, etc.
Jouissant de l'estime et de la considération de ses concitoyens, Joseph-Antoine Mougeot est, pendant vingt années, membre du conseil général des Vosges, et préside cette assemblée de 1871 à 1872 où son père le précéda durant une période plus longue encore. Par contre, au contraire de son célèbre parent, il administre la ville de Bruyères. À cette époque, une place est vacante dans la députation des Vosges, par la suite de la démission de l'industriel Gustave Steinhel. La candidature lui est offerte par le groupe de politiciens conservateurs, à la tête duquel sont Buffet, Krantz et Grandjean. Il hésite... ! Possédant les sympathies unanimes du conseil général, ses amis de gauche, Claudot, Kiener… lui font les mêmes offres ; il préfère orienter sa politique à droite. Son choix s'avère malheureux, il est battu le 20 octobre 1872, face à Jules Méline.
Ses amis politiciens du second Empire font de Joseph-Antoine Mougeot le candidat sénatorial du gouvernement du Maréchal. Là encore, il échoue. Dans ses années de praticien, le docteur Mougeot éprouve un bien profond chagrin. Il perd une fille et un fils qui faisaient sa joie et ce malheur ouvre dans son cœur une blessure qui ne se refermera jamais. Pour soutenir le courage chancelant de son épouse, il essaie de surmonter sa propre peine et cherche dans l'étude une sorte de dérivatif à d'incessantes et tristes pensées. Son épouse Marie Krantz est la fille du papetier Antoine Krantz. Ils eurent trois enfants : Henri-Louis, Jean-Baptiste Anatole et Marie-Berthe.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]