BOULAY (Augustin).- Né à Épinal le 26 avril 1815, il a été, pendant de longues années, juge d’instruction puis président du tribunal civil d’Épinal.
Conseiller d’arrondissement du canton d’Épinal, il en fut élu conseiller général en juillet 1870, mais ne siégea pas en cette qualité, le conseil général ayant été dissous quelque temps après. Il a pris sa retraite comme président du tribunal d’Épinal en 1885.
Président de la Société de Secours mutuels d’Épinal (Médaille d’or).
Ancien juge d’instruction et ancien président du tribunal civil de cette ville, M. Boulay prit sa retraite en 1885.
Nommé conseiller d’arrondissement en 1868, il devint conseiller général en 1870.
[
Henri JOUVE
, Dictionnaire biographique des Vosges ]
1904 —
Annuaire des Vosges 1904 / J. François
BOULAY Augustin (1815-1903).- Dernier adieu prononcé sur la tombe de M. Boulay, par M. Gillet, président du Tribunal civil d’Épinal :
Augustin Boulay est né à Épinal, le 6 avril 1815. Après avoir fait ses études classiques au collège, il suivit les cours de l’école de droit de Paris, où il obtint le grade de licencié. Inscrit au barreau d’Épinal, il fut nommé juge suppléant à Saint-Dié, puis successivement substitut à Sarrebourg et à Épinal. En 1854, il fut appelé aux fonctions de procureur à Mirecourt.
Mais l’affection vive qu’il avait pour sa ville natale le pressa de regagner Épinal. Il y occupa bientôt les postes de juge d’instruction, de vice-président du tribunal, et, en dernier lieu, de président.
Dans ces diverses fonctions, M. Boulay se fit justement apprécier par sa science juridique, son bon sens, la droiture de son raisonnement, son esprit de justice et d’équité. Il possédait la qualité essentielle au juge, l’impartialité. Inaccessible à la passion, à l’ambition, ou à la crainte, il ne prenait en considération, ni la personne du pauvre, ni celle du riche ; ni la personne du faible, ni celle du puissant : il n’avait devant lui que des fautes à punir ou des droits à proclamer.
L’indépendance du caractère, la conscience de la vérité étaient telles chez lui que, dans certaine affaire criminelle, qui eut autrefois un grand retentissement dans le département des Vosges, et dont l’écho n’est pas encore éteint, il sut, bravant avec persévérance, près de deux ans, la rumeur publique, faire proclamer, au bénéfice du malheureux suspect, l’innocence dont il n’avait à aucun moment pu douter.
De telles qualités, ne pouvaient manquer d’attirer, sur celui qui les possédait, l’attention des Pouvoirs publics ; aussi, en 1872, M. Boulay fut-il nommé chevalier de la Légion d’honneur.
Les affaires intéressant le département, comme celles intéressant la ville, ne le laissaient pas indifférent. En 1870, les électeurs lui avaient confié le mandat de conseiller général des Vosges et le mandat de conseiller municipal d’Épinal.
Comme homme privé, il ne parait pas téméraire d’avancer que la simplicité, voulue de M. Boulay, dérivait surtout de son ardente sympathie pour les humbles. Il sentait que le luxe, qui souvent recouvre le dénuement de l’esprit et du coeur, pouvait heurter ces humbles, qu’il aimait.
C’est à eux qu’il a voulu consacrer ses années de retraite, ses dernières années, en donnant tous ses instants à l’administration de la société de secours mutuels, dont il était devenu le président.
Sa charité, discrète, ignorée, était bien cette charité qui rapproche dans une douce fraternité celui qui donne et celui qui reçoit et les élève tous deux. Aussi M. Boulay laisse-t-il, en mourant, l’exemple fortifiant du devoir simplement et nettement accompli.
M. Boulay était un vieillard paisible, spirituel, aimable, qui, de ses yeux vifs, regardait, avec une sereine tranquillité, se dérouler les évènements. Depuis plusieurs années, il ne sortait plus guère : il restait dans le cabinet de travail où il a tant lu et où il s’adonnait encore, avec toute l’ardeur d’une jeune intelligence, aux lettres antiques.
Qui ne l’a vu passer gravement dans nos rues, vêtu d’une longue redingote, coiffé d’un chapeau haut de forme recouvrant une large chevelure blanche ?
Avec lui disparaît une des figures les plus sympathiques de la ville d’Épinal.
BOULAY Augustin
(26 avril 1815, Épinal - 26 mars 1903)
• Conseiller général du canton d’Épinal de 1870 à 1871.
• Juge d’instruction.
• Célibataire.
Augustin Boulay est né à Épinal de l’union de Jean-Baptiste Boulay et de Marie-Thérèse Buffet. Après avoir fait des études classiques au collège, il suit les cours de l’École de droit de Paris où il obtient le grade de licencié. Inscrit au barreau d’Épinal, il est nommé juge suppléant à Saint-Dié, puis successivement substitut à Sarrebourg et à Épinal. En 1854, il est appelé aux tribunaux de Mirecourt. Mais l’affection vive qu’il a pour sa ville natale le presse de regagner la cité des Images. Il y occupe bientôt les postes de juge d’instruction, de vice-président du tribunal et finalement de président. Inaccessible à la passion, à l’ambition ou à la crainte, il ne prend en considération, ni la personne du pauvre, ni celle du riche, ni la personne du faible, ni celle du puissant : il n’a devant lui que des fautes à punir ou des droits à proclamer. Ses décisions, dans certaine affaire criminelle du département des Vosges ont un écho considérable. Ses diverses qualités ne manquent pas d’attirer l’attention des pouvoirs publics. Aussi, Augustin Boulay est nommé en 1872 chevalier de la Légion d’honneur. Les affaires du département, comme celles de la ville, ne le laissent pas indifférent.
En 1870, les électeurs spinaliens lui confient le mandat de conseiller municipal et le mandat de conseiller général. Un fauteuil qu’il obtient les 16 et 17 juillet au second tour de scrutin, après le décès d’Augustin Chambry. En revanche, son passage au conseil général des Vosges est éphémère. Au renouvellement intégral de 1871, il est remplacé par l’avocat et parlementaire de la région, Émile George.
Retiré de la vie publique, Augustin Boulay est un vieillard paisible, spirituel, aimable, et qui regarde avec une sereine tranquillité se dérouler les événements. Les dernières années de son existence, il ne sort plus guère, reste dans son cabinet de travail et s’adonne aux lettres antiques. Les Spinaliens le remarquent occasionnellement, vêtu d’une longue redingote, coiffé d’un haut-de-forme recouvrant une large chevelure blanche. Il s’éteint à Épinal en 1903.