1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
SUMPT (Louis Joseph).- Le général Sumpt, bien que né hors des Vosges, est vosgien d’origine et de cœur. Un Sumpt figure parmi les électeurs de Bruyères en 1789 (on orthographiait alors son nom Sompf) ; le père du général, sous-lieutenant au 20e léger (ancienne légion des Vosges) en 1822, qui prit sa retraite comme capitaine d’infanterie, était né à Bruyères et mourut à Grandvillers, dans un âge très avancé.
Le général, lui, est né à Nancy, le 13 novembre 1816. Après avoir fait ses études au collège d’Épinal, il partit, le 23 novembre 1834, comme engagé volontaire à 18 ans ; mais il continuait à travailler et, trois ans après, il quittait ses galons de sergent qu’il avait obtenus le 7 juin 1836, pour entrer comme élève à l’École de Saint-Cyr ; il y eut vite reconquis le grade de caporal le 12 septembre 1838, puis celui de sergent et le 1er octobre 1839, il sortait de l’École avec les épaulettes de sous-lieutenant.
Classé un des premiers, il choisit le corps d’état-major, où il eut, comme camarades de promotion, les futurs généraux Berthaut, Lallemand, Appert, Ferry-Pisani, Folloppe, Beaudoin, le colonel Ch. Martin et deux autres vosgiens, Laurent-Chirlonchon et Paulon. Lieutenant d’état-major, le 14 janvier 1842, et capitaine le 30 août 1844, il accomplit le stage réglementaire au 39e de ligne, au 10e léger, au 36e de ligne, au 2e chasseurs d’Afrique. Il devint aide de camp du général Etienne Cuny, puis du général d’Hautpoul.
Le 10 décembre 1851 il était nommé chevalier de la Légion d’honneur ; il fit la campagne de Crimée à l’état-major de la 6e division (général Pâté), puis à celui du général Regnault de Saint-Jean d’Angély, et le 27 mars 1856, il était promu au grade de chef d’escadron d’état-major. Il fut envoyé à la division d’occupation en Italie, à Rome, et y fut nommé, le 13 août 1859, officier de la Légion d’honneur ; lieutenant-colonel le 26 décembre 1864, il fut maintenu au corps d’armée d’occupation dans les États romains, mais cette fois comme chef d’état-major. Peu avant la guerre, il rentra en France comme chef d’état-major de la 22e division militaire, à Grenoble.
En juillet 1870, il partait avec cette division, commandée par le général Conseil-Dumesnil, qui devint la 1ère du 7e corps d’armée (général Félix Douay) et alla s’organiser à Belfort. Dès le début des hostilités, la division Conseil-Dumesnil fut aux prises avec l’ennemi. Elle accourut, seule du 7e corps, au secours du maréchal de Mac-Mahon, et prit part à la sanglante bataille de Froeschwiller où elle perdit un général de brigade et deux lieutenants-colonels tués. En récompense de sa conduite à cette affaire, Sumpt fut nommé colonel d’état-major, le 20 août 1870. Il suivit sa division au camp de Châlons, d’où elle partit pour Sedan.
Le 7e corps, dont faisait partie la division Conseil-Dumesnil, fut écrasé dès le début de la bataille de Sedan, le 1er septembre 1870, par la formidable artillerie allemande. C’est vers midi, au moment où le colonel Sumpt donnait l’ordre au 3e bataillon du 47e de ligne de se porter en avant sur le plateau d’Illy, qu’un obus lui emporta les deux poignets. Il tomba grièvement blessé et longtemps l’on craignit pour sa vie. Aujourd’hui, des mains articulées remplacent tant bien que mal les membres absents.
Aussi M. Thiers, vivement ému de cette cruelle blessure, voulut-il, autant qu’il était en son pouvoir, l’adoucir pour le glorieux mutilé, et, par un décret daté du 20 avril 1871, il nomma général de brigade le colonel Sumpt, avec rang du 27 octobre 1870. La Commission de révision des grades, nommée par l’Assemblée nationale, maintint la décision de Thiers et confirma dans son grade le général Sumpt, mais en reculant la date de sa nomination au 16 septembre 1871. Le général Sumpt fut en outre investi des fonctions de commandant de l’Hôtel des Invalides, dont, plus que tout autre, il était digne, et le 3 août 1875, il était nommé commandeur de la Légion d’honneur. Placé avant l’âge, au cadre de réserve, en décembre 1875, en raison de sa blessure, le général Sumpt a été admis à la pension de retraite, le 3 décembre 1878.
A la mort du général de Martimprey, gouverneur des Invalides, en 1883, qui ne fut pas remplacé, le général Sumpt fut maintenu à la tête des vieux soldats auxquels la Patrie offre un abri ; il y est encore aujourd’hui.
Le général Sumpt est, en outre, commandeur de l’ordre de Pie IX que lui a valu son long séjour à Rome ; officier de l’ordre de François 1er des Deux-Siciles ; officier du Medjidié et décoré de la médaille de la valeur militaire de Sardaigne. Il est aussi l’un des vice-présidents de l’Association vosgienne de Paris.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
SUMPT (Louis-Joseph) , général de brigade
Nancy, 13 novembre 1816 – Paris, 6 juin 1891
Issu d’une famille qui vivait à Bruyères au XVIIIe siècle, Louis Joseph Sumpt est le fils d’un capitaine d’infanterie né à Bruyères et mort à Grandvillers.
Bien que né à Nancy, c’est au collège d’Épinal qu’il effectue ses études secondaires avant de s’engager volontairement dans l’armée, à l’âge de 18 ans, le 23 novembre 1834. Sergent le 7 juin 1836, il entre à l’école de Saint-Cyr et en sort sous-lieutenant le 1er octobre 1839. Sorti dans les premiers, il choisit le service de l’état-major.
Lieutenant en 1842, capitaine en 1844, il sert dans diverses unités d’infanterie. Il est ensuite aide de camp de généraux, notamment durant la campagne de Crimée. Il est promu chef d’escadron le 27 mars 1856. Il est dans la division d’occupation à Rome en 1859 et il est nommé lieutenant-colonel le 26 décembre 1864, chef d’état-major du corps d’armée d’occupation dans les états romains.
En 1870, chef d’état-major de la 22e division, qui se porte au secours de Mac Mahon et prend part à la bataille de Frœschwiller, Sumpt est nommé colonel d’état-major en raison de sa conduite. Le 7ème corps, auquel appartient sa division, est écrasé au cours de la bataille de Sedan le 1er septembre 1870.
Un obus emporte les deux mains du colonel Sumpt. Mutilé, il portera désormais des mains articulées. Il est promu général de brigade le 16 septembre 1871 et nommé commandant de l’hôtel des Invalides. Mis en retraite le 3 décembre 1878, il est maintenu à la tête de l’hôtel des Invalides.
Titulaire de plusieurs décorations étrangères, le général Sumpt, chevalier de la Légion d’honneur en 1851, officier depuis 1859, était commandeur depuis le 3 août 1875.
Bibl. : Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 515-516.
S.H.A.T., dossier Sumpt.
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Albert Ronsin
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